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Futur gouvernement : les attentes des opérateurs économiques

La majorité des composantes du tissu économique marocain se sont réjouis des résultats des élections du 8 septembre ainsi que de la victoire du Rassemblement national des indépendants (RNI). Elles estiment que le prochain exécutif sera plus apte à cerner leurs attentes et à assurer le développement des différents opérateurs. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la Confédération des TPE-PME ainsi que les professionnels du tourisme ont souligné les défis que doit relever le futur gouvernement de Aziz Akhannouch ainsi que leurs doléances.

Par Nora Jaafar, Publié le 16/09/2021 à 15:25, mis à jour le 16/09/2021 à 15:58
         Temps de lecture 6 min.
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Futur gouvernement : les attentes des opérateurs économiques

La victoire du Rassemblement national des indépendants (RNI) aux élections du 8 septembre 2021 a été très bien accueillie par les composantes du tissu économique marocain. Elles estiment que le parti en question compte parmi ses membres des compétences qui ont prouvé leurs expertises au sein des précédents gouvernements, notamment Mohamed Benchaâboun, ministre sortant de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, ministre sortante du Tourisme, ainsi que Mohamed Boussaid, qui a géré par le passé les deux départements précités. Ainsi, les opérateurs économiques du pays espèrent que le futur gouvernement de Aziz Akhannouch soit à la hauteur de ses attentes, et qu’il réussisse enfin à améliorer la situation des différents secteurs, dont la crise s’est aggravée pendant la pandémie de la Covid-19.

 

La CGEM exige des solutions concrètes et durables

Pour la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le nouvel exécutif aura pour mission d’établir une série de mesures concrètes qui profiteront aux professionnels du secteur privé. Chakib Alj, président de la CGEM, a présenté une liste d’approches et de solutions à étudier et à réaliser, dont : la restauration de la confiance, l’amélioration du climat des affaires ou l’activation de la commande publique à des mesures plus ciblées, d’ordre administratif, financier ou plus particulièrement fiscal. Il s’agit dans ce sens de réduire dans un premier temps l’impôt sur les sociétés (IS) de 25%, avant de le baisser à 20% à horizon de cinq ans. Selon Alj, ces actions serviront à restaurer la confiance dont les entrepreneurs ont besoin pour investir. Il explique que le nouvel exécutif devra proposer et mener des actions à la fois claires, cohérentes et durables, notant que les patrons resteront attentifs à ces démarches qui feront l’objet d’une évaluation critique et permanente.

Le président de la CGEM a aussi tenu à rappeler que certains problèmes nécessitent une attention urgente. Il évoque ainsi l’importance de la simplification des procédures administratives, de l’intégration d’un informel structuré, de l’amélioration des secteurs du foncier, de l’énergie et de la logistique, de l’amélioration du coût du travail et la réforme du Code du travail, du développement du capital humain et de l’amélioration des mécanismes de la formation professionnelle, entre autres. D’après le patron des patrons, ces priorités se conforment avec les recommandations du Nouveau modèle de développement (NMD). Et d'ajouter que la CGEM prépare déjà son "Livre blanc" pour identifier les pistes de mise en œuvre de ces différents chantiers.

 

Les attentes de la Confédération marocaine des TPE-PME

La Confédération marocaine des toutes petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) a pour sa part publié un communiqué de presse pour exprimer sa satisfaction quant aux résultats des dernières élections et a adressé ses félicitations au RNI et au nouveau Chef du gouvernement. Elle a indiqué que depuis 2017, elle a entretenu un dialogue soutenu avec Saad Dine El Otmani, Chef de l’exécutif sortant, afin de «défendre les intérêts des TPE-PME et auto-entrepreneurs». L’organisme a précisé que ces échanges ont permis «l’augmentation du plafond du microcrédit de 50.000 DH à 150.000 DH, la classification des entreprises du bâtiment dans les régions au lieu de Rabat, l’unification des classements des entreprises relevant de divers ministères et l’amnistie fiscale de 2018 et 2019», entre autres.

Cependant, malgré ces avancées importantes, beaucoup de projets restent en stand-by. La Confédération se dit optimiste quant à l’ouverture d’un processus de dialogue permanent avec le gouvernement Akhannouch, et ce, afin de trouver des solutions aux contraintes dont souffrent les TPE-PME. Il s’agit notamment de faciliter à ces structures l’accès au financement, aux commandes publiques et au foncier, ainsi que de leur assurer une protection juridique et l’accès à l’information..., etc. Ainsi, à travers son communiqué, l’organisme a exhorté le nouveau Chef du gouvernement ainsi que sa future équipe à soutenir lesdites entreprises «menacées de faillites en série» en raison des effets de la crise de la Covid-19. Il a appelé aussi à la mise en place d’un plan d’urgence spécifique destiné à sauver les TPE-PME, et offre de travailler avec les composantes du nouvel exécutif dans le cadre du NMD.

 

L’optimisme et les attentes des opérateurs touristiques

«La victoire du RNI a suscité un énorme espoir de changement dans la profession». Tels étaient les propos d’un professionnel du tourisme après la réussite du parti de la colombe lors du scrutin de la semaine dernière. Pour les opérateurs de ce secteur clé, contrairement au Parti de la justice et du développement (PJD), les trois partis qui ont remporté les dernières élections, à savoir le RNI, le Parti authenticité et de modernité (PAM) et l’Istiqlal (PI), sont plus conscients et sensibles aux problèmes du tourisme. Ils estiment que les expertises cumulées de Benchaâboun, qui est aussi président du Comité de veille économique (CVE), de Boussaid et de Fettah Alaoui permettront de relancer le secteur et de le sortir de crise.

Selon ces opérateurs, la reconduction de Nadia Fettah Aloui à la tête du département touristique et celle de Mohamed Benchaaboun à la tête du département de l’Économie et des finances sont certaines, vu que ces deux responsables connaissent en profondeur les problématiques actuelles de l’industrie touristique. S’ils arrivent à garder les postes respectifs, ces derniers auront cette fois «les mains libres pour agir sans aucune intervention extérieure comme cela aurait été le cas avec le chef du gouvernement sortant», explique un professionnel du secteur.

Par ailleurs, pour les travailleurs touristiques, il est désormais urgent de rétablir les aides publiques, dont l’allocation mensuelle de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) de 2.000 DH a été suspendue depuis juin dernier. Ils réclament aussi l’entrée en vigueur des mesures signées le 6 août dernier avec le CVE, notamment l’arrêt des saisies bancaires, le report des échéances de crédit et le paiement de certains impôts, entre autres. L’objectif étant d’éviter de nombreuses faillites, de limiter le chômage et de survivre à la crise de la Covid-19.

De son côté, Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du Tourisme (CNT), juge que le nouvel exécutif dispose des outils nécessaires pour doubler la taille du secteur, et ce, en dépit des répercussions économiques de la pandémie du nouveau coronavirus. Et d’ajouter que si la prochaine formation gouvernementale réussit à mettre en place les écosystèmes manquants autour des établissements hôteliers, le secteur pourra facilement atteindre 1 million d’emplois contre les 500.000 d’aujourd’hui. Pour ce faire, il faudra principalement développer et multiplier les liaisons aériennes du pays, car avec la seule capacité actuelle d’hébergement du Maroc, on peut doubler le nombre de touristes.

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