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Covid-19 : frappé par la troisième vague, le Maroc mise tout sur la vaccination

La crise de la Covid-19 devient critique dans le Royaume. Le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est de plus en plus alarmant. Pourtant, des scientifiques rappellent que le pic de la troisième vague n’a pas encore été atteint. Vacciner à grande échelle demeure actuellement la seule voie pour tourner la page du coronavirus.

Par Khansaa Bahra, Publié le 17/08/2021 à 12:18, mis à jour le 17/08/2021 à 14:14
         Temps de lecture 7 min.
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Une infirmière scanne un code avant d'administrer un vaccin contre la Covid-19 à une femme le 9 août 2021 à Errahma, près de Casablanca © AFP

Le Royaume connait depuis quelques semaines une hausse inédite des cas de contamination à la Covid-19. Toutefois, selon le dernier bulletin officiel du ministère de la Santé, ce lundi 16 août, seules 3.897 nouvelles infections ont été détectées, ce qui amène le ratio total des infectés par la Covid-19 depuis le début de la pandémie à 2.092 personnes par 100.000 habitants au Maroc. Il s’agit d’une baisse importante des contaminations, mais qui doit être relativisée puisqu’elle intervient après un week-end.

Malgré cette baisse, la situation demeure préoccupante dans la région du Nord. Azeddine Ibrahimi, membre du comité scientifique et technique, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire dans cette région qui connait un afflux important de touristes locaux, rapport Al-Massae. Ceci a causé une augmentation importante des infections à la Covid-19 et des cas critiques. D’après l’expert, plusieurs médecins ont demandé au ministère de la Santé de renforcer l’offre sanitaire dans cette région, notamment en ce qui concerne les lits d’hospitalisation d’urgence.

Sur les 3.897 nouveaux cas, 1.120 sont résidents dans la région Rabat-Salé-Kénitra. 102 nouveaux décès ont été déplorés, portant le taux de létalité à 1,5%. 5.886 guérisons ont été recensées et le nombre de cas actifs a baissé à 79.118 cas.

De ce fait, le bilan des personnes ayant contracté la Covid-19 depuis le début de la pandémie fait état de 763.353 individus, dont 11.119 ont perdu la vie, tandis que 673.116 autres se sont rétablies. Par ailleurs, le nombre total des tests sérologiques de diagnostic du coronavirus réalisés depuis l’apparition de la pandémie au Maroc s’élève à 7.601.630 tests, dont 17.250 ont été réalisés durant les dernières 24 heures.

S’agissant des cas sévères ou critiques, ils ont augmenté à 2.356, dont 244 nouveaux cas admis ces dernières 24 heures, tandis que le taux d’occupation des lits de réanimation dédiés à la Covid-19 est de 50,4%. Au total, 81 personnes sont sous intubation et 1.344 sont sous ventilation non invasive.

 

Pourquoi faut-il rester prudent ?

Le nombre des contaminations a baissé. À première vue, cette bonne nouvelle irait dans le sens du franchissement du pic épidémique au niveau national : le taux d’incidence (soit le nombre de cas positifs sur les derniers jours pour 100.000 habitants) a connu une baisse, d’après les chiffres communiqués ce lundi. Mais cette diminution brutale est trompeuse. En cause : l’effet week-end qui perturbe tous les indicateurs, aussi bien l’incidence que la positivité (pourcentage de cas positifs sur le nombre de personnes testées). De plus, seuls 17.250 tests ont été réalisés durant les dernières 24 heures. 

Il n’est donc pas surprenant que malgré la baisse recensée ce lundi, des experts estiment que le pic de cette troisième vague ne serait pas encore atteint. En effet, durant la semaine du 10 au 16 août 2021, 62.028 nouveaux cas d’infection ont été recensés au Maroc, soit 8,1% du bilan total des cas positifs à la Covid-19. Les décès enregistrés durant les derniers sept jours représentent, quant à eux, 6,4% du nombre total de mortalités enregistrées depuis le début de la pandémie.

Selon Dr Moulay Saïd Afif, membre du Comité scientifique et technique de la vaccination anti-Covid et président de la Fédération nationale de la santé, en se basant sur les statistiques relatives aux décès et aux admissions dans les unités de réanimation et de soins intensifs, la situation épidémiologique est préoccupante. «Les services de réanimation sont saturés dans plusieurs villes, comme à Casablanca et à Marrakech, et le nombre de décès enregistrés quotidiennement est considérable», indique-t-il. Toutefois, malgré cette aggravation sans précédent des différents indicateurs, il est impossible actuellement de juger de la question au vu des données disponibles. «Il faut attendre et voir si le nombre de contaminations, de décès et d’admission dans les services de réanimation va baisser pour pouvoir tirer des conclusions à ce sujet», explique l’expert.

En revanche, plusieurs autres experts estiment que la situation épidémique semble se situer sur une sorte de plateau, tout en espérant qu’elle entamera bientôt sa descente. Cité par le quotidien arabophone Al-Alam, Abdallah Badou, professeur d’immunologie à la Faculté de médecine et de pharmacie à l’université Hassan II de Casablanca, reconnaît que la situation sanitaire au Maroc est très inquiétante, mais demeure maîtrisée pour le moment. Il a ajouté que le Maroc a connu le pic des contaminations de la troisième vague et va enregistrer une baisse progressive des chiffres liés à la Covid-19 dans les prochains jours.

 

Vacciner, la seule voie de sortie de crise

En l’absence de traitements efficaces contre la Covid-19, la seule issue pour sortir de la crise sanitaire pandémique passe forcément par la vaccination, a affirmé Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé. «On espérait mettre fin à cette pandémie par le biais de l’immunité collective, mais l’émergence de nouveaux variants plus transmissibles les uns que les autres, en a décidé autrement», a-t-il souligné, expliquant que l’immunité collective correspond au niveau de la protection immunitaire d’une population vis-à-vis d’un agent infectieux, qui permet d’arrêter une épidémie en empêchant la transmission de l’agent infectieux à de nouvelles personnes immunisées ou non.

Grâce à l’approche anticipative et proactive de la stratégie de vaccination sous l’impulsion du roi Mohammed VI, le Royaume peut envisager de viser cette immunité collective à terme, a souligné Dr Hamdi. D'ici une à deux années, le retour à une vie presque normale et la reprise de la croissance économique dépendront largement de cette approche, a-t-il conclu.

Heureusement, le Maroc a su et réussi à vacciner une bonne partie de la population et continue de le faire. Rien que sur les dernières 24 heures, 231.521 personnes supplémentaires ont reçu la première dose du vaccin. Le cumul depuis le démarrage de la campagne atteint 16.493.799 personnes. En parallèle, 238.375 personnes ont reçu leur deuxième dose du vaccin, portant le total des personnes entièrement vaccinées à 11.640.441.

 

Un vaccinodrome high-tech contre le virus

Afin d’accélérer la campagne en cours dans le Royaume, les autorités ont mis en place un premier centre de vaccination numérisé dans la périphérie de Casablanca. Ouvert il y a deux semaines, ce vaccinodrome connecté permet de numériser le parcours d’un patient depuis l’enregistrement jusqu’à la vaccination, en passant par un dépistage de la Covid, et ce, grâce à un QR code à scanner à chaque étape. Selon Mohamed Benchekroun, un représentant du ministère de la Santé, cela permettra d’«accélérer la cadence de vaccination» avec la possibilité de vacciner jusqu’à 4.000 personnes par jour.

Le Royaume compte développer ces centres de vaccination connectés à travers le pays pour juguler la pandémie. Leur déploiement est «en cours de discussions», a précisé à l’AFP Amer Benouda, vice-président de la société Mediot qui a conçu le vaccinodrome.

 

Alors que le seuil de vaccination des Marocains ne permet pas encore d’atteindre la fameuse immunité collective tant espérée, les chiffres des hospitalisations laissaient penser que la situation n’était pas si dramatique. Mais la vague du variant delta nous a prouvé le contraire. On a eu une fausse impression de sérénité, car les courbes avaient chuté, à cause de la diminution des contaminations. Une fois que le variant delta a repris la main avec notamment l'ouverture des frontières, les chiffres ont connu une remontée. Ainsi, alors que ce variant se multiplie de manière exponentielle, il est impératif de continuer à prendre des mesures de protection et de restriction. Maintenant que même les jeunes occupent les salles de réanimation, et face au relâchement des citoyens vis-à-vis du protocole sanitaire, le gouvernement se retrouvera obligé de renforcer les mesures restrictives, notamment les restrictions de déplacement qui contribuent grandement à lutter contre la propagation du virus. Encore un peu de patience...

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