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Climat : les vagues de chaleur meurtrières se multiplient, le cauchemar devient réalité

Au Maroc comme dans le reste du monde, plusieurs régions du monde connaissent de plus en plus souvent des épisodes de chaleur extrême. Cela interroge la croissance de la fréquence et de l’intensité de ces évènements climatiques, mais également la mobilisation internationale face à l’injustice climatique ainsi qu’à l’urgence d’agir pour limiter la dégradation du climat.

Par Khansaa Bahra, Publié le 09/07/2021 à 17:30, mis à jour le 09/07/2021 à 17:50
         Temps de lecture 6 min.
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Dans de nombreux pays, la mobilisation citoyenne contre l'inaction des États face au réchauffement climatique ne faiblit pas © Timothy Fadek / Bloomberg via Getty Images

Alors que le Maroc s’apprête à connaître «une hausse sensible [des températures] qui dépassera la normale mensuelle de 5 à 10 degrés», des records de chaleur ont aussi été enregistrés partout dans le monde. Depuis quelques semaines, les températures frisent des records absolus, faisant écho à la vague de chaleur sans précédent qui frappe actuellement le Canada. Selon un rapport publié en mai, l’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la planète, une poussée du thermomètre plus rapide que prévu. L’Organisation météorologique mondiale vient tout juste d’officialiser un nouveau record de chaleur enregistré en Antarctique en février 2020.

Ainsi, dans l’extrême nord du Vieux Continent, des températures exceptionnellement chaudes ont été récemment enregistrées. En Norvège, l’institut météorologique a enregistré dimanche 34°C à Saltdal, dans un comté proche du cercle polaire, la température la plus élevée enregistrée dans tout le pays cette année. De plus, le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en Finlande et dans plusieurs régions en Suède. Alors qu’à l’autre bout du globe l’ouest du Canada est frappé par une canicule historique ayant atteint 49,6 degrés, l’Inde connaît des températures caniculaires. New Delhi enregistre ses températures les plus élevées depuis 2012. Ailleurs dans le monde, des records de chaleur ont aussi été enregistrés. Saint-Pétersbourg en Russie a ainsi connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré.

Parfois, ce phénomène a des allures d’apocalypse. Les incendies ont fait rage en Californie et la Colombie-Britannique, avec son record à 49,6 °C. Et quelques heures après que Lytton ait établi un nouveau record de température pour le Canada, la ville a été réduite en cendres. Un ordre d’évacuation avait été donné peu avant.

Voir aussi : Canada : un millier d'habitants fuient la canicule et les incendies

 

Des canicules de plus en plus meurtrières

Une vague de chaleur se produit lorsque de hautes pressions dominent sur une zone pendant plusieurs jours ou semaines. Sous haute pression, l’air descend à la surface et le sol devient chaud et sec. Cet air plus sec, en descendant, crée un effet de dôme. On sait aujourd’hui que ces phénomènes sont directement liés au changement climatique par le fait que les intensités des vagues de chaleur, qui étaient bien moins importantes au vingtième siècle, augmentent d’une façon très inquiétante.

Lire aussi : GIEC : un rapport apocalyptique sur le changement climatique

Récemment, les vagues de chaleur sont plus longues, plus fortes et, de fait, plus dangereuses. À l’échelle mondiale, les conséquences de la chaleur sont considérables. Lors des vagues de chaleur historiques, des milliers de personnes sont mortes et ont souffert de problèmes de santé graves. En effet, selon une étude nommée 27 ways a heat wave can kill you: Deadly heat in the era of climate change (Vingt-sept manières dont un vague de chaleur peut vous tuer : l’époque meurtrière du changement climatique.), «ces évènements peuvent engendrer des conséquences sur le long terme, allant des insuffisances rénales aux lésions cérébrales en passant par des affections cardiaques».

Les scientifiques redoutent que ce phénomène ne s’intensifie en raison du changement climatique. Ces vagues de chaleur tuent. Alors que les températures dans des endroits comme l’Arabie Saoudite dépassent régulièrement les 40 °C avec peu d’effets négatifs sur la population, lorsque la Russie a été soumise à la même température, on estime que 56.000 personnes sont mortes en 2010.

D’ailleurs, le bilan humain de la vague de chaleur ayant touché l’Amérique du Nord ces dernières semaines est déjà très lourd. Au moins 80 personnes ont perdu la vie aux États-Unis et des centaines au Canada. En Inde, depuis 2010, les intenses vagues de chaleur que connaît le deuxième pays le plus peuplé du monde ont fait plus de 6.500 morts. Alors que les températures dans des endroits comme l’Arabie Saoudite dépassent régulièrement les 40 °C avec peu d’effets négatifs sur la population, lorsque la Russie a été soumise à la même température, on estime que 56.000 personnes sont mortes en 2010.
Ces nombres sont susceptibles d’augmenter, ont prouvé de nombreux scientifiques. Une récente étude publiée dans la revue Nature Climate Change vient apporter de nouvelles précisions quant au coût humain de l’augmentation des températures. Selon ce rapport, qui comprend des données de 732 sites dans 43 pays entre 1991 et 2018, en moyenne, 37% des décès liés à la chaleur peuvent déjà être attribués au changement climatique anthropique. Le pourcentage le plus élevé se trouve en Amérique centrale et du Sud (76%) et en Asie du Sud-Est (entre 48 et 61%).

Pour Ana Vicedo Cabrera, auteure principale et épidémiologiste spécialisée dans le changement climatique à l’université de Berne, cette étude confirme l’urgence de lutter contre le changement climatique induit par l’Homme. «Le changement climatique n’est pas une question future. C’est une question actuelle et qui affecte d’ores et déjà notre santé de façon spectaculaire», a-t-elle déclaré. Ainsi, les épisodes de chaleur extrêmes et meurtriers ne sont qu’un aperçu de ce qui nous attend.

 

L’injustice fondamentale des changements climatiques

Selon plusieurs études, les répercussions des vagues de chaleur ne sont pas réparties équitablement. En effet, la vulnérabilité face aux hautes températures est plus importantes dans les pays pauvres. Pour Tarik Benmarhnia, expert en santé environnementale à l’université de Californie à San Diego, ces schémas de vulnérabilité révèlent une profonde inégalité. 

Par exemple, alors que le Guatemala n’est responsable que de 0,0002% des émissions mondiales relâchées dans l’atmosphère, plus de 75% des décès enregistrés dans ce pays peuvent être directement liés au changement climatique. «À l’échelle mondiale, les conséquences sont inégales. Aux niveaux régional, municipal et local, les conséquences sont inégales», ajoute Benmarhnia. 

«Réfléchissez à qui a contribué au changement climatique au cours du siècle dernier et à qui en subit le plus les conséquences aujourd’hui, et vous verrez que ce n’est pas juste. Il existe une grande injustice environnementale concernant les victimes de la mortalité liée à la chaleur, [elle-même] induite par le changement climatique anthropique», lance-t-il. 

Il y a des signes qui ne trompent pas. Le changement climatique n’aura pas seulement des effets dévastateurs à l’avenir. Nous subissons déjà les conséquences des activités humaines sur notre planète, comme l’avaient indiqué les scientifiques. Toutefois, l’humanité peut encore s’orienter vers un avenir meilleur. Ceci ne peut être atteint qu’en adoptant des mesures immédiates et drastiques.

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