Aller au contenu principal

Espagne-Maroc : quid de la concession du gazoduc Maghreb-Europe ?

Après avoir exclu l’Espagne de l’opération Marhaba 2021, le Maroc aurait interrompu les négociations pour le renouvellement de la concession du gazoduc Maghreb-Europe, en raison de son conflit diplomatique avec Madrid. Selon la presse espagnole, même si Rabat décide de mettre fin à cette concession, l’approvisionnement de l’Espagne en gaz naturel est assuré grâce au nouveau gazoduc Medgaz qui relie directement les installations de Beni Saf en Algérie à Almeria. De plus, la diplomatie ibérique a attisé les tensions avec le Maroc en demandant au gouvernement américain de retirer sa reconnaissance de la marocanité du Sahara.

Par Nora Jaafar, Publié le 14/06/2021 à 13:25, mis à jour le 14/06/2021 à 16:53
         Temps de lecture 5 min.
Teaser Media
Espagne-Maroc : quid de la concession du gazoduc Maghreb-Europe ?

Le Maroc est toujours en froid avec l’Espagne. En effet, selon la presse ibérique, le Royaume aurait interrompu les négociations pour le renouvellement de la concession du gazoduc Maghreb-Europe. Ce gazoduc relie l’Algérie à l’Espagne en passant par le Maroc et transporte plus de 30% du gaz naturel consommé par la péninsule ibérique, selon Europe Maghreb Pipeline limited (EMPL). Ce dernier permet également au Portugal de recevoir son approvisionnement en gaz de l’Algérie via le Royaume.

D’après le journal espagnol El Mundo, c’est le gouvernement marocain qui a décidé de mettre fin aux négociations pour le renouvellement de ladite concession, qui expire en novembre prochain. Pour cause, les tensions croissantes avec le voisin du Nord et sa collusion avec l’Algérie pour aider le chef du Polisario, Brahim Ghali, à se rendre discrètement dans un hôpital espagnol pour y recevoir des soins médicaux post-infection à la Covid-19.

Lire aussi : Affaire Brahim Ghali : quel sort pour les relations Maroc-Espagne ?

La même source a affirmé que bien que le transit du gaz par le Maroc soit important, «il n’est plus décisif» depuis que le gouvernement de José Maria Aznar a promu un nouveau gazoduc qui relie directement l’Algérie et l’Espagne. Ce nouveau gazoduc direct s’appelle Medgaz. Certains experts ont assuré au média espagnol que «même si le Maroc décide de ne pas prolonger la concession et de ne plus faire passer de gaz par le gazoduc Maghreb-Europe, l’approvisionnement de l’Espagne est assuré». Ils soutiennent aussi que Medgaz «transporte déjà plus de gaz que le gazoduc Maghreb-Europe et qu’il est en train de se renforcer».

Notons que Medgaz relie directement les installations de Beni Saf en Algérie à Almeria en Espagne. Ce projet est porté par Sonatrach, la compagnie pétrolière publique algérienne, et Naturgy, une société espagnole de distribution et de commercialisation d’électricité et de gaz. Ledit pipeline est «opérationnel depuis 2011, avec une capacité initiale de huit milliards de mètres cubes par heure», selon News in 24.

 

Le Maroc se désengage de plus en plus de ses relations avec l’Espagne

Si elle est confirmée, la décision du Maroc de mettre fin aux négociations pour le renouvellement du gazoduc Maghreb-Europe serait la deuxième mesure prise par le pays à l’encontre de l’Espagne, dans un contexte de tensions bilatérales de plus en plus vives entre Madrid et Rabat.

La première portait sur l’exclusion des ports espagnols de l’opération Marhaba 2021, qui vise à accompagner des millions de Marocains de la diaspora lors de leur voyage en été vers le Maroc. D’ailleurs, le média ibérique La Razon a récemment rappelé que plus de 3,2 millions de Marocains résidant en Europe traversent traditionnellement les ports espagnols, dont ceux d’Algésiras, de Tarifa et d’Almeria, pour rejoindre le Royaume pendant la saison estivale. Et l’annulation de cette opération massive de transit pourrait coûter à l’Espagne 1,15 milliard d’euros (MM€). Cette suspension aura également de graves répercussions économiques sur toutes les entreprises du Sud de la péninsule ibérique.

Lire aussi : Exclue de l’opération Marhaba, l’Espagne risque de perdre 1,15 milliard d’euros

La décision d’exclure les ports espagnols de l’opération Marhaba a été considérée comme une réaction à la décision de l’Espagne d’autoriser Brahim Ghali à quitter son territoire. Avant sa sortie de l’hôpital de Logroño, Rabat avait insisté sur le fait que si le chef du Polisario n’est pas tenu responsable par la justice espagnole des nombreuses accusations criminelles que lui imputent des associations et des dissidents du mouvement séparatiste, cela pourrait fortement nuire aux relations maroco-espagnoles.

À la fin de la saga Ghali, après des semaines de protestations et de déclarations marocaines qui n’ont abouti qu’à de vagues réassurances de la part de Madrid, le Maroc a déclaré que la confiance entre les deux pays a été "brisée" et qu’il ne considère plus l’Espagne comme un allié fiable.

Lire aussi : Maroc-Espagne : la crise diplomatique se poursuit

 

La diplomatie espagnole aggrave les tensions avec le Maroc

Par ailleurs, il est fort probable que les tensions entre les deux pays empirent davantage dans les jours à venir, notamment après que la diplomatie ibérique ait demandé aux États-Unis de revenir sur sa reconnaissance de la marocanité du Sahara. C’est lors d’un appel téléphonique remontant au 11 juin que la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, a demandé au secrétaire d’État américain, Antony Blinken, de revenir sur le soutien américain à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud. Elle a également blâmé l’ancien président américain Donald Trump pour la crise diplomatique actuelle que connait son pays avec le Maroc.

Lire aussi : L'affaire Brahim Ghali divise les politiques en Espagne

Pour rappel, le Royaume ainsi que sa diplomatie n’ont toujours pas officiellement réagi à la dernière requête de Laya transmise à Blinken. Toutefois, le Maroc pourrait réduire de plus en plus ses liens avec Madrid, notamment en mettant fin ou en suspendant de nombreux projets de coopération de haut niveau qui ont longtemps caractérisé sa relation avec son voisin européen dont la coopération de lutte contre le terrorisme.

Israël lève l'avertissement sur les voyages au Maroc

Le Conseil national de sécurité israélien a levé son avertissement de voyage sur le Maroc après plus d’une décennie d’application de cette mesure. Le Times of Israel et le Jerusalem Post ont cité un c...

Pass vaccinal : deux députées interdites d'accès au Parlement

Deux membres de la Chambre des représentants se sont vus interdire l’accès à l’hémicycle à cause de la non-présentation du pass vaccinal. Cette décision a fait des vagues lors de la séance des questio...

Aziz Akhannouch fixe les attributions des ministres

Suivant les procédures légales organisant le travail de l'exécutif, le chef du gouvernement vient de fixer par décrets les missions et les attributions de chaque membre de son cabinet ainsi que les st...

Aziz Akhannouch représente le Roi au forum de l’Initiative verte à Ryad

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, s’est rendu en Arabie Saoudite sur hautes instructions du roi Mohammed VI, afin de représenter le Souverain aux travaux du forum de l’Initiative verte saoudie...

Sahara : l'Algérie ne veut pas prendre part aux tables rondes de l'ONU

L'Algérie a informé ce vendredi le Conseil de sécurité de l'ONU de son opposition au format de table ronde pour les négociations sur le règlement du conflit au Sahara, a annoncé un haut responsable al...

Dépenses électorales : le rappel de la Cour des comptes

La Cour des comptes a rappelé, jeudi 21 octobre, aux mandataires des listes de candidature ou candidats qu’il est de leur devoir de lui soumettre les comptes de leurs campagnes électorales, notamment ...