Relance du marché de l’emploi : les recommandations des grandes institutions internationales

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On le sait, la crise de la Covid-19 a eu des répercussions dévastatrices sur le marché de l’emploi au Maroc. 432.000 emplois ont été perdus en 2020, rapporte le Haut Commissariat au Plan (HCP). Ce lundi, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation internationale du travail (OIT) ont livré dans une note d’information un bilan tout aussi décevant. Près de 80% des très petites et moyennes entreprises (TPME) ont accusé une baisse de plus de 15% de leur chiffre d’affaires en 2020, 77% d’entre elles ont même révélé avoir besoin d’un accompagnement technique.
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La note d’information souligne tout de même que le soutien public apporté par le Royaume a grandement contribué à amortir le choc. «Les mesures d’indemnisation des travailleurs prises par le gouvernement et les facilités accordées aux TPME ont contribué à préserver 71% des emplois menacés à la suite du premier confinement. Ces efforts ont aussi permis d’éviter une décélération plus importante de la croissance du PIB, avec une baisse supplémentaire d’environ six points de pourcentage», soulignent les experts.
De l’informel et des difficultés d’accès au financement
La note d’information souligne que les TPME se confrontent à une grande difficulté d’accès au financement. Ces derniers ne reçoivent que 15,6% du total des crédits bancaires. Dans le cadre du programme «Intelaka», la note préconise le renforcement, à court terme, des dispositifs d’accompagnement des entrepreneurs. Afin de soutenir la reprise économique, les institutions proposent d’inclure dans chaque plan sectoriel de relance des projets et programmes à fort potentiel d’impact sur la création d’emplois.
Parmi les autres recommandations, l’activation d’un comité de veille du marché du travail au niveau national et la création de comités de veille du marché du travail aux niveaux régional et provincial. Les responsables recommandent également d’identifier avec les Centres régionaux d’investissements (CRI), l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), les départements sectoriels et les collectivités territoriales quelles sont les niches porteuses pour la création d’emplois et d’entreprises par secteur.
La Banque mondiale relève quatre priorités
Dans un nouveau rapport intitulé «Morocco’s Job Landscape», la Banque mondiale (BM) a précisé les raisons qui font que le Maroc n’arrive pas à créer autant d’emplois qu’il souhaite. Parmi les freins identifiés par le rapport : le décalage entre l’essor démographique et la création d’emploi, la pénurie d’emplois de qualité dans les industries à forte productivité et les nombreusesexclusions des femmes et des jeunesdu marché du travail.
La BM relève quatre priorités pour accroître la création d’emplois. La première consiste à améliorer l’insertion des jeunes dans le marché du travail. Près de 30% des 15-24 ans ne sont ni en train de travailler ni d’investir dans leur avenir en suivant des formations. Ces jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation constituent une source d’inquiétude pour la société civile.
La seconde priorité identifiée par la Banque consiste à élargir le champ de participation des femmes. Moins de 30% des femmes seulement font partie de la population active. De plus, une grande partie des Marocaines actives travaillent dans l’informel. Un point qu’il faudra sérieusement étudier, selon le rapport.
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Troisième recommandation de la BM, créer plus d’emplois de qualité. Les experts soulignent que le Maroc a progressé dans la formalisation du marché du travail avec 600.000 salariés de plus en 2019 par rapport à 2010. Cependant, cela reste faible, souligne la BM qui recommande de suivre la voie empruntée par les pays d’Amérique latine. Ces derniers, malgré la souffrance de ses travailleurs et familles, ont été soutenus par les autorités en élargissant l’accès au régime de sécurité sociale (le Maroc est en train de faire de même avec la généralisation de la protection sociale sur l’ensemble des citoyens).
Le quatrième et dernier point évoqué par les experts de la BM est celui d’essayer d’aligner hausse de la productivité et création d’emplois de qualité. La productivité doit se faire parallèlement avec la création d’emplois et non au détriment du capital humain. Pour la Banque mondiale, il est important de miser sur les deux et d’équilibrer entre productivité et ressources humaines.
La BM a rappelé que les réussites économiques réalisées durant ces deux dernières décennies par le Royaume (revenu par habitant multiplié par deux entre 2000 et 2018) et le taux de pauvreté divisé par trois sur cette même période n’ont malheureusement pas été suivis par des créations d’emplois conséquentes. Il faudra maintenant y remédier.
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