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Modèle de développement : de (très) grandes ambitions autour de l’éducation

L’un des points relevés par la Commission spéciale du nouveau modèle de développement (CSMD) est l’importance que représente l’Éducation nationale dans l’évolution de la société. L’objectif à l’horizon 2035 est que 90% des élèves marocains sachent lire, écrire et calculer au terme du cycle primaire. Pour ce faire, la CSMD recommande une transformation de fond du secteur et sur plusieurs fronts.

Par Mohamed Laabi, Publié le 31/05/2021 à 17:17, mis à jour le 31/05/2021 à 18:14          Temps de lecture 3 min.
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L'éducation nationale, un secteur qui fait défaut au Maroc © DR

Avec la Santé, l’Éducation nationale est le secteur qui concentre le plus d’attentes de la part des citoyens marocains. Le Royaume se fixe pour ambition d’évoluer grandement sur ce plan. L’objectif est que 90% des élèves sachent lire, écrire et calculer à la fin du cycle primaire en 2035. Ce pourcentage est à peine de 30% en 2020.

«C’est une ambition historique. Dans l’histoire des réformes éducatives, c’est l’ambition la plus forte qu’aucun pays n’ait jamais fixée. On est convaincu et on doit penser que c’est réalisable. C’est un devoir», souligne Youssef Saâdani, membre de la CSMD, lors d’une émission télévisée. Un objectif très ambitieux, et le Maroc devra relever bien des défis pour le réaliser. Les derniers rapports internationaux à ce sujet sont pour le moins "décevants".

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En 2018, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) avait effectué, sur la demande du Royaume, un test en lecture, en sciences et en mathématiques auprès des élèves de 15 ans provenant de 79 pays. Le Maroc était représenté avec plus de 6.800 élèves de 179 institutions. Le résultat était affligeant. Les apprenants marocains ont été classés parmi ceux des cinq derniers pays de ce classement (75e sur 79 pays). Seuls les Philippines, la République dominicaine, le Liban et le Kosovo ont fait pire que le Maroc.

L’année suivante, la Banque mondiale (BM) a estimé dans un rapport que 66% des élèves âgés de moins de 10 ans n’étaient pas capables de lire et comprendre un texte simple. La BM avait recommandé dans ce sens d’opérer une refonte du système éducatif pour permettre à ces élèves d’acquérir des compétences fondamentales au cours des trois premières années de leur cursus scolaire.

 

Un constat appuyé par la CSMD

Afin d’évoluer dans ce domaine, le rapport de la CSMD insiste sur la réhabilitation de l’école publique. Elle souligne également l’importance de rehausser les compétences pédagogiques des enseignants, et de s’ouvrir davantage aux langues étrangères.

En d’autres termes, la CSMD appelle à une transformation dans le fond et sur la forme du secteur. «Sans une transformation profonde du système éducatif, aucun des objectifs de développement du Maroc ne pourra être atteint en termes d’épanouissement des citoyens, de cohésion sociale, de croissance économique et d’inclusion territoriale», peut-on lire dans le rapport de plus de 170 pages présenté la semaine dernière par la Commission au roi Mohammed VI.

Lire aussi : Éducation nationale : le plan d’action de 2021

La CSMD estime que l’école marocaine doit se fixer des ambitions élevées pour chaque enfant et «n’en abandonner aucun malgré les difficultés qu’il peut rencontrer». Elle préconise une évaluation au préalable des acquis et des compétences des élèves et la mise en place d’un système pour remédier aux difficultés éprouvées par l’élève (cours de soutien). La CSMD appelle également à investir dans la sélection, la formation et la motivation des enseignants, un pilier de la réussite de cette mission.

Pour cela, le Commission estime qu’un effort budgétaire supplémentaire est nécessaire. «Bien que le Maroc aujourd’hui mobilise des ressources très importantes pour son éducation, soit plus de 6% du PIB, un budget supplémentaire est nécessaire», souligne Youssef Saâdani. «Compte tenu du retard accumulé, on ne pourra pas réparer les dégâts de ces dernières décennies avec les mêmes ressources financières», ajoute-t-il. Et de préciser que cet effort devra être chiffré à deux points du PIB. Le Maroc est-il prêt et capable (dans ce contexte économique difficile) à mettre les moyens financiers nécessaires afin d’atteindre son objectif en 2035 ? Affaire à suivre.

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