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Ramadan 2021 : la menace du confinement préoccupe le pays

Le gouvernement reste encore très vague quant aux mesures restrictives qu’il compte mettre en place lors du mois de ramadan pour contrer la Covid-19, provoquant ainsi l’ire de l’opposition qui exige plus de transparence et une meilleure communication avec l’opinion publique. Le tableau présenté par Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, lors du Conseil du gouvernement de ce jeudi ne présage rien de bon, surtout qu’il souligne que le nombre d’infections au nouveau variant britannique a atteint 73 cas au Maroc. Une situation qui préoccupe de plus en plus les professionnels du secteur des cafés et des restaurants, qui craignent une nouvelle suspension de leur activité pendant le mois sacré.

Par Nora Jaafar, Publié le 02/04/2021 à 14:16, mis à jour le 02/04/2021 à 20:12          Temps de lecture 5 min.
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Ramadan 2021 : la menace du confinement préoccupe le pays

À l’approche du mois de ramadan, la situation épidémiologique du Maroc ne présage rien de bon. En effet, l’évolution de la pandémie de la Covid-19 a été ce jeudi 1er avril au cœur de la réunion du Conseil de gouvernement, et ce, après la recrudescence qu’a connue le Royaume des cas d'infection au nouveau variant britannique et celle des cas grave en réanimation. Intervenant lors de cette rencontre, Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, a indiqué aux membres du gouvernement que la région de Casablanca-Settat fait face à une accélération vertigineuse des contaminations au nouveau coronavirus, et totalise 50% des cas recensés dans le pays. Le ministre précise que désormais le taux de positivité est de 12% dans cette région, contre une moyenne de 4,2% au niveau national. Concernant les infections à la nouvelle souche britannique de la Covid-19, elles sont aujourd’hui au nombre de 73 au Maroc, avance Aït Taleb.

Lire aussi : Comment va se dérouler le mois de ramadan cette année ?

De son côté, Saad Dine El Otmani, Chef du gouvernement, a souligné que des consultations sont actuellement menées avec le Comité scientifique national et avec les opérateurs de plusieurs secteurs afin de mettre en place les mesures nécessaires à même d’éviter une troisième vague de la pandémie, notamment pendant le mois sacré. Il a affirmé que lesdites dispositions de sécurité sanitaire seront annoncées en temps opportun, notant «que toutes les informations qui circulent actuellement ne sont pas fondées». Cette indication très vague d’El Otmani a été très mal accueillie par les partis de l’opposition, dont le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Le bureau de ce dernier a évoqué le recours de plusieurs pays européens au confinement et à des restrictions plus sévères pour pallier la nouvelle vague de Covid-19 qui se profile, et a exigé que le gouvernement fasse preuve de plus de transparence vis-à-vis des citoyens quant aux démarches qu’il compte adopter. Le Parti du livre a ainsi appelé l’exécutif à «essayer, le plus possible, de concilier entre les exigences de la situation sanitaire et celles socioéconomiques de la population», et ce, en adoptant une approche de communication plus fluide avec l’opinion publique en matière de gestion de la pandémie. Une approche qui, selon le quotidien Al Massae, privilégiera l’explication et la persuasion des citoyens pour assurer une adhésion nationale plus efficace aux mesures de restriction.


La grogne des cafetiers et restaurateurs du Maroc

Le silence du gouvernement au sujet des dispositifs de sécurité sanitaire qu’il envisage mettre en place pendant le ramadan intensifie la détresse des cafetiers et restaurateurs du Royaume. À moins de deux semaines du début du mois sacré, les professionnels de ce secteur tentent en vain d’ouvrir un dialogue sérieux avec l’exécutif et exigent l’adoption de mesures urgentes pour sauver leur activité et leur business. Mohamed El Fane, président de la Fédération marocaine de la franchise et commerce (FMF), dénonce : «les autorités n’ont pas encore statué si on devrait ouvrir ou fermer pendant le mois de ramadan et cela nous inquiète. Si on nous oblige à fermer, il faudrait alors mettre en place un dispositif d’accompagnement pour le secteur de la restauration et des cafés au bord de la faillite aujourd’hui». Il explique à la presse nationale que 50% des opérateurs de ce secteur réalisent 40% à 50% de leur chiffre d’affaires pendant le mois sacré grâce notamment au ftour. Cependant, en raison des restrictions contre la Covid-19, les cafés et restaurants du pays ont essuyé depuis le début de la pandémie de graves pertes économiques et sociales, et ont dû licencier et réduire leurs effectifs.

Lire aussi : Covid-19 : le Maroc, comme le reste du monde, se prépare au pire

Noureddine Harrak, président de l’Association nationale des propriétaires de cafés et restaurants (ANPCR), déplore pour sa part que jusqu’à présent «25% des cafés ont été contraints de cesser définitivement leur activité», notant que 10% des acteurs de ce secteur risqueraient aussi de faire de même s’ils sont obligés de fermer boutique pendant ramadan. Selon lui, le couvre-feu nocturne, l’interdiction de la diffusion des matchs, la baisse du pouvoir d’achat des citoyens, etc., a entraîné une baisse du chiffre d’affaires des cafés et des restaurants estimé à plus de 60%. Il avance que 80% des cafetiers et restaurateurs fonctionnent aujourd’hui à perte et font face à une augmentation vertigineuse de leur taux d’endettement, de mobilisation de fonds propres et d’hypothèques de biens, entre autres.

Tout porte à croire que le Maroc se dirige vers la mise en place de restrictions encore plus sévères, le silence du gouvernement ne faisant qu’attiser la panique et la détresse des citoyens et des secteurs les plus impactés par la crise sanitaire, alors que les Marocains espéraient retrouver un semblant de vie normale au cours du mois sacré, surtout après le succès du début de la campagne de vaccination.

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