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Covid-19 : la pénurie imminente de vaccins fait trembler le monde

Face à la pénurie imminente des vaccins contre la Covid-19 qui menace le monde, le Maroc tente de sauver sa campagne de vaccination. Ainsi, le Parlement a convoqué les ministres de la Santé, de l’Industrie et du Commerce, et des Affaires étrangères, pour s’enquérir des raisons du retard de la livraison des doses promises par la Chine. De plus, Khalid Aït Taleb a avancé que le vaccin Sputnik V a été approuvé par le comité scientifique marocain et qu’il va ainsi être déployé dans le Royaume aux côtés de ceux d’AstraZeneca et de Sinopharm. Au niveau mondial, les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni bloquent la proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud de renoncer temporairement aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins afin d’accélérer leur production, alors que plusieurs pays suspendent l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca.

Par Nora Jaafar, Publié le 12/03/2021, mis à jour le 12/03/2021          Temps de lecture 5 min.
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Le Maroc frôle les 6,5 millions de doses administrées à sa population © DR

En plus des nouvelles variantes de la Covid-19 et de la poursuite de la propagation du virus dans plusieurs pays, un nouveau problème de taille menace le monde : la pénurie imminente de vaccin. Le Maroc, tout aussi menacé que le reste du monde, cherche à comprendre et à trouver des solutions à cette pénurie. Ainsi, le Parlement a convoqué plusieurs ministres pour s’enquérir des raisons pour lesquelles la Chine n’a pas honoré ses engagements vis-à-vis du Royaume en termes de livraison du vaccin développé par son laboratoire Sinopharm. Les deux pays ont signé plusieurs accords en août 2020, dont un qui concerne la participation du Maroc aux essais cliniques dudit vaccin et un autre qui porte sur l’ouverture d’une unité de fabrication de vaccins dans le Royaume. Sur la base de cette collaboration, Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, avait avancé que le pays serait probablement en mesure de produire ses propres doses, et même d’en exporter en Afrique, dans le cadre de l’échange d’expertise entre Rabat et Pékin.

Cependant, près de sept mois plus tard, il n’y a eu aucun signe ni aucune discussion concernant la mise en place d’une unité de production du vaccin chinois au Maroc, dont la construction devait commencer en mars, à Tanger. Le Parlement a donc appelé Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, Khalid Aït Taleb et Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du Commerce, pour expliquer ce qui bloque avec la Chine. D’après le quotidien arabophone Assabah, les trois chefs de départements seront également interrogés sur les raisons pour lesquelles le pays n’a reçu que 1,5 million de doses du vaccin de Sinopharm, contre les 45 millions de doses convenues dans l’accord avec Pékin. Pour le moment, la date de cette audition n’a pas encore été annoncée par le Parlement.

 

De nouveaux vaccins autorisés d’urgence au Maroc

En outre, pour pallier le risque d’épuisement de ses réserves de vaccins et le ralentissement de sa campagne de vaccination, le Royaume a commandé un million de doses du vaccin russe Sputnik V. Dans une interview accordée à l’agence de presse espagnole EFE, Aït Taleb a souligné qu’une «première livraison est prévue en mars et une deuxième en avril», précisant que les dates de livraison dépendront des engagements de la Russie envers d’autres pays. Avec plus de quatre millions de personnes vaccinées contre la Covid-19, «le Maroc vient d’ajouter le vaccin russe Spoutnik V à ceux d’AstraZeneca et de Sinopharm, qu’il administre déjà, et s’est engagé à acquérir prochainement le vaccin américain Johnson & Johnson», a affirmé le ministre. Sans compter les frais d’approche, d’intermédiation, de distribution aux centrales, etc., le lot russe couterait près de 20 millions de dollars au Maroc, à raison de 10 dollars la dose et 20 dollars par personne vaccinée.

 

Les pays riches refusent de céder les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins

Comme la rareté des vaccins commence à se faire de plus en plus sentir dans le monde, l’Inde et l’Afrique du Sud ont proposé, lors de la dernière réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), que les producteurs renoncent temporairement aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins et les traitements liés à la Covid-19. Cette solution, qui aurait permis d’accélérer la production des doses vaccinales et de soutenir les pays en développement dans leur lutte contre la pandémie a cependant été rejetée, entre autres, par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Ces derniers ont insisté sur l’importance du respect des dispositions de l’accord ADPIC, qui régit les droits de propriété internationaux, et ce au moins jusqu’à ce que la vaccination et l’immunité soient généralisées dans le monde.

L’Afrique du Sud a exprimé ses inquiétudes quant à l’intention réelle derrière la décision du «monde développé» de bloquer cette proposition, tout en notant qu’il «est décevant qu’en dépit du fait que la majorité du monde soit du côté de la dérogation de l’ADPIC, une poignée de pays aient réussi une fois de plus à l’écarter». De son côté, Oxfam, une confédération internationale de 20 ONG travaillant avec des partenaires dans plus de 90 pays pour mettre fin aux injustices à l’origine de la pauvreté, a déclaré dans un communiqué : «Il s’agit d’une importante opportunité manquée pour accélérer et pour augmenter la production de vaccins vitaux dans le monde entier en levant les barrières de propriété intellectuelle qui empêchent davantage de fabricants qualifiés de participer à l’effort international de lutte contre le nouveau coronavirus». Et de dénoncer : «Il est impardonnable qu’alors que les gens se battent littéralement pour respirer, les gouvernements des pays riches continuent de bloquer ce qui pourrait être une avancée vitale pour mettre fin à cette pandémie, dans les pays riches comme dans les pays pauvres».

 

Les malheurs d’AstraZeneca

Malgré la pénurie des vaccins dans le monde, plusieurs pays ont décidé de suspendre le déploiement des doses développées par le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca/Oxford, suspectés d’être à l’origine de la formation de caillots sanguins chez certaines personnes vaccinées. Ainsi, ce vendredi 12 mars, la Thaïlande est devenue le premier pays asiatique à arrêter les injections de ce vaccin, peu de temps après que le Danemark ait annoncé la suspension de son utilisation pendant deux semaines. Huit autres pays ont également suspendu l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca/Oxford, notamment la Norvège, l’Islande, la Bulgarie, le Luxembourg, l’Estonie, la Lituanie, la Roumanie et la Lettonie. L’Autriche et l’Italie, quant à elles, ont déclaré qu’elles cesseront de déployer certains lots du vaccin par mesure de précaution.

Par contre, l’Agence européenne des médicaments a souligné jeudi que rien n’indiquait que le vaccin provoque des caillots sanguins, ajoutant que ses bienfaits «restent supérieurs à ses risques». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part déclaré ce vendredi qu’il n’y a aucune raison de cesser d’utiliser le vaccin d’AstraZeneca. Margaret Harris, une porte-parole de l’OMS, a indiqué dans ce sens qu’un comité consultatif d’experts a ouvert une enquête sur les cas de décès et de détection de caillots sanguins après la vaccination, mais qu’aucun lien de cause à effet n’a encore été établi.

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