Réforme des finances publiques : cap sur une gouvernance plus moderne et plus inclusive

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Adoption du cadre stratégique de réforme de la gestion des finances publiques 2026-2032 : Une vision unifiée pour une gouvernance moderne et inclusiveLe ministère de l’Économie et des Finances © DR

A
A
A
A
A

Le ministère de l’Économie et des Finances a officiellement annoncé, mercredi, l’adoption du Cadre stratégique de réforme de la gestion des finances publiques (CSR-GFP) pour la période 2026-2032. Ce cadre ambitieux marque une étape décisive dans la modernisation du système marocain de gestion des finances publiques. Il vise à consolider les acquis tout en répondant aux défis futurs, dans une perspective de transparence, de performance et de soutenabilité.

Le CSR-GFP 2026-2032 s’inscrit dans la continuité des réformes engagées sous les orientations du roi Mohammed VI. Il s’appuie sur les conclusions de l’évaluation PEFA Agile Maroc 2024, réalisée en partenariat avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne et l’Agence française de développement.

Cette évaluation a confirmé la solidité du système marocain de gestion des finances publiques, tout en identifiant des axes d’amélioration, notamment en matière de coordination des réformes, de gestion des risques budgétaires et d’intégration des dimensions genre et climat.

Le ministère souligne que ce cadre stratégique est le fruit d’un processus de concertation approfondi, associant les directions du ministère, la Cour des comptes, le Parlement, ainsi que les ministères et institutions concernés. L’objectif est de garantir une vision unifiée et cohérente, alignée sur les priorités du Nouveau modèle de développement (NMD).

Cinq axes stratégiques pour une gestion publique moderne

Le CSR-GFP 2026-2032 s’articule autour de cinq axes stratégiques, déclinés en seize orientations prioritaires :

Performance : vers une budgétisation informée et efficace

  • Affiner la budgétisation informée par la performance, en intégrant des indicateurs d’impact et de coûts.
  • Élargir le périmètre de la gestion des finances publiques pour inclure les établissements et entreprises publics (EEP).
  • Aligner la gestion des finances publiques sur la convergence des politiques publiques, notamment en matière d’investissement.

Soutenabilité : mobilisation des ressources et gestion des risques

  • Renforcer la mobilisation des ressources fiscales et non fiscales, avec une gestion holistique des risques budgétaires.
  • Optimiser la gestion de la dette publique et des actifs de l’État.

Lire aussi : Les recettes fiscales en forte progression à l’horizon 2026

Transparence : gouvernance numérique et qualité de l’information

  • Capitaliser sur le plan d’actions en transparence budgétaire (PATB) pour améliorer la disponibilité et la qualité des informations financières.
  • Mettre en place une gouvernance numérique avec une interopérabilité renforcée des systèmes d’information.

Inclusivité : genre, climat et territorialité

  • Systématiser l’analyse d’impact genre et climat dans la programmation budgétaire.
  • Décliner les enjeux d’inclusion au niveau local, en renforçant l’autonomie financière des collectivités territoriales.

Coordination des réformes et conduite du changement

  • Poursuivre une approche participative et structurée pour assurer l’adhésion des acteurs.
  • Utiliser la gestion axée sur les résultats (GAR) pour un suivi rigoureux et une évaluation continue.

Un dispositif de pilotage et de suivi rigoureux

La mise en œuvre du CSR-GFP sera assurée par un dispositif de pilotage coordonné, incluant un comité interministériel de pilotage, présidé par le ministre délégué auprès du MEF, un comité technique de suivi, chargé de l’analyse et des recommandations, une cellule PMO de suivi technique, pour le suivi opérationnel et l’ajustement des actions, et un groupe conseil en GFP, associant les partenaires techniques et financiers (Banque mondiale, BAD, UE, AFD).

Lire aussi : PLF 2026 : quelle stratégie pour les dépenses ?

Un plan d’action triennal à horizon flexible sera élaboré, permettant d’adapter les mesures en fonction des résultats et de l’évolution du contexte national et international. Un système d’alerte sera également mis en place pour anticiper les risques et ajuster la stratégie si nécessaire.

En adoptant ce cadre stratégique, le Maroc réaffirme son engagement en faveur d’une gouvernance financière publique renforcée, au service du développement économique et social. Le CSR-GFP 2026-2032 vise à améliorer l’efficacité des politiques publiques en alignant les dépenses sur les résultats attendus, à garantir la soutenabilité des finances publiques dans un contexte de contraintes budgétaires et de rareté des ressources, à renforcer la transparence et la redevabilité pour une meilleure implication des citoyens et des institutions, et à intégrer les dimensions de genre, climat et territorialité afin de promouvoir une action publique inclusive et durable.

Perspectives et prochaines étapes

La mise en œuvre du CSR-GFP débutera dès le quatrième trimestre 2026, avec une première phase de trois ans. Une revue à mi-parcours est prévue entre 2029 et 2030, afin d’évaluer les progrès réalisés et d’ajuster les orientations si nécessaire.

Le ministère de l’Économie et des Finances souligne que la réussite de cette stratégie dépendra de l’engagement collectif des acteurs nationaux et internationaux, ainsi que de la rigueur dans le suivi et l’évaluation.

L’adoption du CSR-GFP 2026-2032 marque une avancée majeure dans la modernisation de la gestion des finances publiques au Maroc. En combinant performance, soutenabilité, transparence et inclusivité, ce cadre stratégique positionne le Royaume comme un modèle de gouvernance financière en Afrique et dans la région.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Sardines marocaines : l’alerte sanitaire de Bruxelles ravive la question du lobbying

Économie - Une alerte concernant des sardines marocaines ravive les tensions commerciales, dans un contexte de lobbying agricole européen toujours actif.

El Mehdi El Azhary - 9 avril 2026
SIAM 2026 : l’Espagne renforce sa présence avec 31 entreprises et mise sur l’innovation agricole

Économie - L’Espagne participe au SIAM 2026 avec 31 entreprises, mettant en avant innovations agricoles, génétique et gestion de l’eau.

El Mehdi El Azhary - 9 avril 2026
GITEX Africa 2026 : derrière le networking, des deals qui prennent forme

Économie - À Marrakech, GITEX Africa 2026 s’impose comme un véritable terrain de business. Entre prospects, partenariats et visibilité, exposants africains et internationaux repartent avec des opportunités concrètes à développer après le salon.

Ilyasse Rhamir - 9 avril 2026
GITEX Africa 2026 : et si la diaspora devenait la clé du développement du continent ?

Économie - La diaspora africaine s’impose comme un levier décisif du développement économique du continent. Entre financements, compétences et réseaux, son potentiel reste encore sous-exploité malgré des initiatives visant à structurer son impact.

Ilyasse Rhamir - 9 avril 2026
Tourisme : l’ONMT intensifie sa mobilisation pour valoriser la région de l’Oriental

Entreprise - L’ONMT renforce son action dans l’Oriental en misant sur la connectivité aérienne, le marketing international et l’animation culturelle.

Mouna Aghlal - 9 avril 2026
GITEX Africa 2026 : pourquoi l’Europe mise de plus en plus sur le Maroc et l’Afrique ?

Économie - Attirées par un marché en forte croissance, les entreprises européennes misent sur le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique.

Ilyasse Rhamir - 8 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire