Ramadan : comment bien rompre le jeûne sans brusquer son organisme ?

Avatar de Ilyasse Rhamir

Temps de lecture :

Ramadan : comment bien rompre le jeûne sans brusquer son organisme ?Une table de ftour ramadanesque © DR

A
A
A
A
A

Après une longue journée sans manger ni boire, l’organisme n’a pas besoin d’un excès, mais d’une transition. Le ftour, souvent copieux, devrait avant tout être progressif et équilibré.

Faire abstraction des coutumes ne signifie pas les rejeter, mais les adapter aux besoins physiologiques. Pour Valérie, nutritionniste, « il n’y a pas, à mon sens, un modèle unique ». Tout dépend « des besoins, du métabolisme ou encore de la digestion de chacun ».

Certaines personnes organisent leur soirée autour de deux repas. Dans ce cas, elle préconise « un ftour très simple ». Concrètement : « un petit verre d’eau tempérée, un petit bol de harira, un œuf dur, un yaourt et une datte ». L’idée est claire : relancer le système digestif sans le surcharger.

Elle insiste également sur un point souvent négligé : « Évitez le très froid et le très chaud ». Après des heures de repos, l’estomac peut être plus sensible aux écarts thermiques.

Lire aussi : Opération Ramadan 1447 : 150.000 ftours distribués

Une autre option peut s’apparenter à un petit-déjeuner. « On pourrait imaginer un modèle semblable à un petit déjeuner : un verre d’eau, une tartine de pain avec du fromage et une datte ». Un choix simple, mais structuré.

Le dîner, pris plus tard, devra rester léger : légumes crus ou cuits, une source protéique (viande ou poisson), un produit laitier et un fruit frais. « L’essentiel est de manger équilibré, lentement, bien mastiquer et dans des proportions raisonnables », rappelle-t-elle.

Pour ceux qui préfèrent un seul repas dans la soirée, la logique reste similaire : « une soupe plus légère, une viande ou un poisson accompagnés de légumes, du pain, du fromage ou un yaourt et une salade de fruits ». Là encore, tout dépend « du goût et des habitudes de chacun ».

Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Dattes et eau : tradition ou nécessité ?

Rompre le jeûne avec des dattes et de l’eau est un geste largement répandu. Mais d’un point de vue nutritionnel, Valérie nuance : « Selon moi, il s’agit plus d’une coutume que d’un conseil nutritionnel ».

Les dattes sont des fruits séchés, donc riches en glucides. Leur index glycémique est « plutôt élevé, d’autant plus élevé que la datte est plus sèche ». Consommées à jeun, elles peuvent provoquer une élévation rapide de la glycémie.

Elle précise néanmoins que ceux qui souhaitent respecter cette tradition peuvent le faire, à condition d’intégrer ensuite « un repas équilibré comme proposé ». Autrement dit, la datte ne doit pas être l’élément central du ftour, mais une composante parmi d’autres.

L’eau, en revanche, est indispensable. Mais là aussi, la progressivité prime sur la quantité avalée d’un seul coup.

Ramadan et inflation : ce que l’on paie sans le savoir

Attention aux pics de glycémie

Après une journée de jeûne, l’organisme absorbe le sucre plus rapidement. Les produits sucrés représentent donc un piège fréquent.

Valérie met en garde contre « tous les produits alimentaires contenant du sucre raffiné ou non, ou du miel : gâteaux, viennoiseries, crêpes sucrées ». Elle inclut également « les jus, même naturels pressés à la maison et sans sucre ajouté ».

Ces aliments provoquent des pics glycémiques rapides, suivis souvent d’un coup de fatigue. À long terme, cette succession de hausses et de chutes peut favoriser une prise de poids pendant le mois de Ramadan.

Légèreté et digestion

Au-delà des sucres, les fritures et les sauces grasses constituent un autre écueil. « Évitez les fritures, les sauces très grasses, difficiles à digérer », conseille-t-elle. Après plusieurs heures sans alimentation, le système digestif a besoin de douceur.

Des repas plus légers « facilitent la digestion et le transit ». Manger lentement, bien mastiquer et respecter des portions raisonnables permet aussi d’éviter les inconforts nocturnes.

La sensation de satiété met du temps à apparaître. En se précipitant sur les plats, on dépasse facilement ses besoins réels.

Ramadan 2.0 : quand les appli’ font la loi

La qualité avant la quantité

Au fond, bien rompre le jeûne ne consiste pas à compenser la privation de la journée. Il s’agit d’accompagner le corps vers une reprise alimentaire progressive.

« Tout dépend du goût et des habitudes de chacun », rappelle Valérie, mais le principe reste le même : équilibre, modération et écoute de ses sensations.

Le ftour peut rester un moment convivial et généreux, à condition que la qualité des aliments prime sur leur accumulation. Parce qu’après douze heures de jeûne, le corps ne demande pas l’excès — il demande de la mesure.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Surdité : une urgence mondiale de santé publique

Société - L'OMS prévoit que d'ici 2050, 2,5 milliards de personnes seront atteintes de surdité. Une situation alarmante à prendre en compte.

Mouna Aghlal - 3 mars 2026
Ksar El Kébir : inwi annule les factures ADSL de février

Société - Selon nos informations, Inwi a supprimé les factures ADSL Xtra de février pour tous ses abonnés à Ksar El Kébir, dans un contexte de reconstruction après des inondations historiques ayant provoqué évacuations massives et lourds dégâts économiques.

Ilyasse Rhamir - 3 mars 2026
Libéralisation des pharmacies : une réforme qui déclenche la fronde syndicale

Société - Les syndicats des pharmaciens d’officine annoncent une série de grèves nationales pour protester contre la recommandation de libéralisation du capital des pharmacies émise par le Conseil de la concurrence.

El Mehdi El Azhary - 3 mars 2026
Casablanca : arrestation de 42 migrants pour trouble à l’ordre public

Société - La police de Casablanca a interpellé 42 migrants en situation irrégulière après la diffusion d’une vidéo montrant des jets de pierres mettant en danger la voie publique.

Mouna Aghlal - 3 mars 2026
Service militaire 2026 : lancement du recensement

Société - L’opération de recensement pour le service militaire 2026 est lancée du 2 mars au 30 avril. Les jeunes de 19 à 25 ans, au Maroc et à l’étranger, sont appelés à s’inscrire en ligne via la plateforme officielle dédiée.

Ilyasse Rhamir - 2 mars 2026
Casablanca-Settat : 116.336 interventions de la protection civile en 2025

Société - Les services de la Protection civile dans la région de Casablanca-Settat ont réalisé 116.336 interventions.

Ilyasse Rhamir - 2 mars 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
L’Union européenne envisage des visas Schengen à entrées multiples valables jusqu’à 10 ans

Société - L'Union européenne envisage des visas valables jusqu'à 10 ans, transformant la politique de circulation en Europe.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire