Loi de Finances 2023 : zoom sur la fiscalité des particuliers et des auto-entrepreneurs

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Régularisation fiscale : dernier délai en décembreImage d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Publiée vendredi dernier au Bulletin officiel, la loi de Finances pour l’année 2023, telle qu’adoptée par la Chambre des représentants et la Chambre des conseillers, entrera en vigueur dès le 1ᵉʳ janvier prochain. De nouvelles mesures fiscales sont introduites ciblant les particuliers et les auto-entrepreneurs.

Les mesures fiscales de la loi de Finances pour l’année budgétaire 2023 ont apporté de nouvelles dispositions qui touchent pratiquement tous les contribuables, personnes physiques et morales.

Il est à rappeler que le projet de loi de Finances, premier véritable exercice du gouvernement actuel, repose sur quatre axes essentiels, à savoir la consolidation des piliers de l’État social, la redynamisation de l’économie nationale en soutenant l’investissement, la consécration de la justice spatiale ainsi que la restauration des marges financières afin d’assurer la pérennité des réformes.

Lire aussi : PLF 2023 : le verdict est prononcé

TVA, douanes, exonération de l’IR, retenue à la source

En matière de fiscalité des particuliers, le budget de l’année prochaine apportera plusieurs nouveautés, qui concerneront, entre autres, l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt sur le revenu (IR), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la taxe intérieure de consommation (TIC). Le but étant de permettre à l’État de générer des ressources supplémentaires pour financer les autres réformes et les chantiers structurants comme la généralisation de la protection sociale.

Ainsi, la LF 2023 prévoit un IS de 35% pour les sociétés qui réalisent un bénéfice net supérieur ou égal à 100 millions de DH (MDH), à l’exception des sociétés de service ayant acquis le statut CFC (Casablanca Finance City) ou bénéficiant du régime spécifié, et les entreprises exerçant dans les zones d’accélération industrielle. Pour les sociétés installées dans les zones d’accélération industrielle ou ayant acquis le statut CFC, l’IS est plafonné à 20%.

S’agissant des mesures douanières, elles touchent, entre autres, l’augmentation du droit d’importation imposé sur les cigarettes électroniques et les appareils électriques similaires de 2,5% à 40%, l’imposition d’une taxe intérieure de consommation (TIC) sur les accessoires de tabac du narguilé ainsi que sur les produits sucrés ayant une teneur en sucre ajouté de 50g. Une imposition progressive qui s’étend sur trois ans sera adoptée.

Autre mesure phare : le taux de l’impôt retenu à la source a été révisé à la baisse pour les personnes morales de 20% (proposé initialement) à 5%, en limitant cette retenue aux revenus payés par l’État, les établissements et entreprises publics, en plus d’une retenue à la source libératoire pour les rémunérations des enseignants non-salariés des établissements scolaires et les médecins non soumis à la taxe professionnelle. En outre, la baisse de la retenue à la source pour les contrats d’assurance épargne retraite de 30% à 15%.

Concernant l’impôt sur le revenu (IR), la nouvelle loi de Finances prévoit l’exonération de 36 mois de l’IR pour les nouvelles recrues en CDI ayant moins de 35 ans jusqu’au 31 décembre 2026, l’exonération des dons versés directement aux bénéficiaires, sans l’intervention de l’employeur, de l’impôt sur le revenu (IR).

Enfin, les aliments de bétail seront exonérés de la TVA à l’import, et ce, jusqu’au 31 décembre 2023. Une mesure destinée à pallier les difficultés rencontrées par les éleveurs.

Lire aussi : Adoption de l’intégralité du PLF : ce qui va changer en 2023

Ce qui va changer pour les auto-entrepreneurs

L’amendement, présenté par les groupes de la majorité, qui prévoit de relever le chiffre d’affaires annuel au titre des prestations de service réalisées par l’auto-entrepreneur, a été validé.

Dans sa mouture initiale, le PLF 2023 a prévu d’exclure le surplus du chiffre d’affaires annuel dépassant 50.000 DH, réalisé pour des prestations de service avec le même client. Autrement dit, un auto-entrepreneur, dont les services ne pouvaient faire plus de 50.000 DH de CA annuel avec un même client.

Aujourd’hui, la donne a changé, en augmentant le chiffre d’affaires à 80.000 DH. À cet effet, l’impôt sur le revenu, fixé auparavant à 0,5% pour les entreprises industrielles et à 1% pour les sociétés de services, passe à un taux libératoire de 30% sur le chiffre d’affaires annuel réalisé avec un seul client, et dont le montant dépasse les 50.000 DH.

Selon la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, cette mesure intervient suite au recours au statut de l’auto-entrepreneur pour contourner le salariat. Elle vise surtout à protéger le salariat en luttant contre la fraude, sachant que certaines entreprises proposent à leurs employés d’obtenir ce statut pour alléger leurs charges salariales.

Notons que le nombre d’auto-entrepreneurs a plus que quadruplé en quatre ans, pour atteindre 373.663 adhérents à fin 2021.

Dernier articles
Les articles les plus lu
CRI Tanger-Tétouan-Al Hoceima : 80 milliards de dirhams d’investissements validés en 2025

Économie - Le CRI TTA valide ses performances 2025 : 80 MMDH d’investissements et 57.000 emplois prévus.

El Mehdi El Azhary - 10 avril 2026
GITEX Africa 2026 : l’affaire de la CAN 2025 n’arrête pas la vitrine sénégalaise

Économie - Malgré la polémique autour de la finale de la CAN 2025, les exposants sénégalais présents à GITEX Africa 2026 décrivent une ambiance sereine et chaleureuse. Sur le salon, les échanges restent cordiaux, loin des tensions sportives.

Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026
GITEX Africa 2026 : ce que les exposants pointent derrière le succès du salon

Économie - Si GITEX Africa 2026 séduit par son dynamisme, les exposants pointent aussi des axes d’amélioration. Organisation, diversité des visiteurs et présence internationale : les coulisses du salon révèlent les défis d’un événement en pleine croissance.

Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026
GITEX Africa 2026 : avantage local ou puissance globale, qui gagnera le marché africain ?

Économie - À GITEX Africa 2026, startups africaines et entreprises internationales dévoilent deux stratégies pour conquérir le continent.

Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026
DGSN-AMDIE : un partenariat pour sécuriser l’environnement de l’investissement

La DGSN et l’AMDIE signent un accord pour renforcer l’environnement de l’investissement au Maroc. Découvrez les deux axes de ce partenariat.

Rédaction LeBrief - 9 avril 2026
Sardines marocaines : l’alerte sanitaire de Bruxelles ravive la question du lobbying

Économie - Une alerte concernant des sardines marocaines ravive les tensions commerciales, dans un contexte de lobbying agricole européen toujours actif.

El Mehdi El Azhary - 9 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire