Liberté de la presse : le Maroc à la 120e place dans le classement 2025
Photo d'illustration © DR
A
A
A
A
Chaque année, Reporters sans frontières (RSF) publie son classement mondial de la liberté de la presse, un baromètre de référence qui évalue les conditions d’exercice du journalisme dans 180 pays et territoires. L’édition 2025 confirme une tendance préoccupante : la liberté d’informer recule dans une majorité de pays, fragilisée par les tensions politiques, les conflits armés et des contraintes économiques de plus en plus lourdes. L’étude repose sur un score global sur 100, construit à partir de cinq indicateurs clés : le contexte politique, économique, législatif, social et sécuritaire.
Un noyau européen toujours en tête
Sans surprise, les premières places du classement restent dominées par les pays d’Europe du Nord et de la région baltique. Ces États partagent des caractéristiques communes : une forte tradition démocratique, des institutions solides et une protection juridique efficace des journalistes.
La Norvège conserve sa première position, confirmant son statut de modèle mondial. Le pays se distingue par une transparence institutionnelle poussée, une indépendance éditoriale bien ancrée et une sécurité élevée pour les professionnels des médias. Derrière elle, l’Estonie s’impose comme une puissance montante, portée par un environnement numérique dynamique et une grande capacité à contrer les tentatives d’ingérence extérieure.
Lire aussi : Réforme du CNP : nouvelle régulation et modèle de soutien repensé
Les Pays-Bas, la Suède et la Finlande complètent ce groupe de tête, illustrant la stabilité des démocraties nordiques en matière de liberté d’expression. Le Danemark, malgré un léger recul, reste solidement installé parmi les meilleurs élèves. L’Irlande se démarque par un cadre politique particulièrement favorable, tandis que le Portugal consolide sa position grâce à des réformes récentes. La Suisse et la Tchéquie ferment ce top 10, cette dernière enregistrant une progression notable grâce à un climat plus apaisé pour les journalistes.
Les derniers du classement : des zones d’ombre persistantes
À l’opposé, le bas du classement concentre les situations les plus alarmantes. Dans ces pays, le journalisme indépendant est soit inexistant, soit exercé dans des conditions extrêmement périlleuses.
La Russie continue de chuter, conséquence directe de la guerre en Ukraine et du durcissement des lois répressives. Les médias critiques y sont réduits au silence, contraints à l’exil ou à la clandestinité. Le Nicaragua et le Vietnam illustrent également des systèmes où l’information est strictement contrôlée par l’État, toute voix dissidente étant rapidement étouffée.
Dans des contextes encore plus extrêmes, comme au Turkménistan, en Afghanistan ou en Iran, les journalistes opèrent sous une menace constante. Arrestations arbitraires, censures systématiques et absence totale de protections juridiques caractérisent ces environnements hostiles.
La Syrie et la Chine verrouillent presque totalement l’accès à une information indépendante, combinant surveillance accrue et propagande. Enfin, la Corée du Nord et l’Érythrée occupent les deux dernières places du classement. Dans ces pays, la presse libre n’existe tout simplement pas, et toute tentative d’information indépendante expose à de lourdes sanctions.
Ce que propose le CNDH pour garantir la liberté et l’indépendance de la presse
Le Maroc : avancées limitées et blocages structurels
Classé 120ᵉ en 2025, le Maroc se situe dans la catégorie des pays où la liberté de la presse est jugée « difficile ». Avec un score de 48,04 sur 100, le Royaume affiche une évolution contrastée. S’il a enregistré des progrès sur le moyen terme, sa position reste instable, marquée par des fluctuations d’une année à l’autre.
Dans le détail, plusieurs fragilités persistent. Sur le plan politique, la concentration de certains médias et les poursuites judiciaires visant des journalistes pèsent sur l’indépendance éditoriale. Le cadre légal, jugé parfois imprécis, alimente un climat d’incertitude pour les professionnels de l’information.
Le volet sécuritaire reste également sensible. Bien que la situation soit moins critique que dans d’autres régions, des formes d’intimidation et des pressions subsistent, notamment lors de la couverture de sujets sensibles. Sur le plan économique, les difficultés sont encore plus marquées : les médias indépendants peinent à assurer leur viabilité financière, dans un paysage dominé par des acteurs puissants et souvent proches de centres d’influence.
Le climat social reflète, quant à lui, une certaine défiance envers les médias, amplifiée par les réseaux sociaux où les journalistes peuvent être la cible de campagnes de dénigrement. Malgré cela, des signaux positifs émergent. Le développement de médias numériques, la diversification des formats et une couverture plus audacieuse de certaines thématiques témoignent d’une volonté d’évolution.
Cependant, plusieurs affaires impliquant des journalistes ou des acteurs de la société civile continuent de susciter des inquiétudes. Elles illustrent les limites d’un système où les marges de liberté existent, mais restent encadrées par des contraintes politiques et économiques importantes.
Une dégradation globale préoccupante
Au-delà des situations nationales, le classement 2025 met en évidence des tendances mondiales inquiétantes. Près de 60% des pays enregistrent un recul de la liberté de la presse, un niveau rarement atteint selon RSF.
L’un des indicateurs les plus dégradés est celui de la sécurité. Dans de nombreuses régions en conflit, comme en Ukraine, à Gaza ou au Soudan, les journalistes subissent un prix élevé. Les violences, les arrestations et les assassinats se multiplient, souvent dans un climat d’impunité.
Par ailleurs, la dimension économique devient un facteur déterminant. La concentration des médias entre les mains de quelques groupes, la fragilisation des modèles économiques traditionnels et l’usage croissant de procédures judiciaires abusives pour faire taire les critiques constituent autant de menaces pour l’indépendance de l’information.
Les nouvelles technologies jouent également un rôle ambivalent. Si elles offrent de nouveaux espaces d’expression, elles sont aussi utilisées pour surveiller, manipuler et diffuser de la désinformation à grande échelle. La frontière entre liberté et contrôle devient ainsi de plus en plus floue.
Un indicateur de la santé démocratique
Le classement de RSF rappelle une réalité essentielle : la liberté de la presse demeure un pilier fondamental des sociétés démocratiques. Là où elle est garantie, le débat public prospère et les institutions sont davantage redevables. À l’inverse, son recul s’accompagne souvent d’une érosion des droits et des libertés.
Dans un contexte international marqué par la polarisation et les crises multiples, la protection du journalisme apparaît plus que jamais comme un enjeu central. L’édition 2025 du classement agit ainsi comme un signal d’alerte : sans garanties solides pour informer librement, c’est l’ensemble du fonctionnement démocratique qui vacille.
Société - À Salé, une violente altercation impliquant trois personnes, dont un mineur, a éclaté après un vol de téléphone. Filmée et diffusée en ligne, la scène a conduit à une intervention rapide de la police et à l’arrestation de deux suspects.
Ilyasse Rhamir - 25 mars 2026Société - À El Kelâa des Sraghna, l’exécution d’un jugement ordonnant l’ouverture d’une route vers une carrière a dégénéré en affrontements entre habitants et forces publiques.
El Mehdi El Azhary - 25 mars 2026Société - Des pluies orageuses parfois intenses, accompagnées de grêle, toucheront plusieurs provinces du Maroc entre mercredi et jeudi. La météorologie place ces régions en vigilance orange face à des cumuls pouvant atteindre 35 mm.
Ilyasse Rhamir - 25 mars 2026Société - L’enquête TALIS 2024 révèle un corps enseignant marocain jeune et engagé, mais confronté à des défis liés à la formation, aux ressources et aux pratiques pédagogiques innovantes.
Mouna Aghlal - 25 mars 2026Société - Le HCP a présenté les grandes mutations démographiques à travers une urbanisation en hausse et un vieillissement accéléré.
Mouna Aghlal - 25 mars 2026Société - Selon l’OCDE, le Maroc enregistre des avancées notables en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption.
El Mehdi El Azhary - 25 mars 2026Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.
Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.
Hajar Toufik - 8 octobre 2025Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.
Sabrina El Faiz - 12 avril 2025Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.
Mouna Aghlal - 17 février 2026Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.
Sabrina El Faiz - 8 mars 2026Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.
Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025