Paiements au Maroc : ce que révèle le bilan de BAM pour 2025

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Paiements au Maroc : ce que révèle le bilan de Bank Al-Maghrib pour 2025Bank Al Maghrib © DR

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Les paiements par carte, les virements instantanés et les transactions par mobile progressent au Maroc. Pourtant, les retraits d’argent liquide continuent d’augmenter. Le rapport annuel de Bank Al Maghrib (BAM) sur les infrastructures des marchés financiers et les moyens de paiement pour l’exercice 2025 met en lumière cette évolution, ainsi que les montants importants traités par les systèmes de paiement du Royaume.

En 2025, le nombre de paiements par carte bancaire, y compris les opérations réalisées en ligne et sur les guichets automatiques bancaires (GAB), a atteint 230,1 millions, pour un montant total de 70,8 milliards de dirhams (MMDH). Cela représente une hausse de 20% en nombre et de 12% en valeur par rapport à 2024. Les opérations effectuées sur les GAB ont également progressé, avec une augmentation de 9% en nombre et de 30% en montant.

Les paiements réalisés sur les terminaux de paiement électronique (TPE) sont eux aussi en hausse. Leur nombre est passé de 153,3 millions à 184,5 millions en un an, tandis que leur montant a atteint 58,6 MMDH, contre 52,2 MMDH en 2024. Le commerce en ligne poursuit également sa progression. Les paiements électroniques liés au e-commerce ont atteint 44,8 millions d’opérations, soit une hausse de 16%. Leur valeur s’est élevée à 12,1 MMDH, en progression de 10%.

Les virements instantanés ont connu une évolution encore plus marquée. Leur nombre est passé de 16,3 millions en 2024 à près de 29 millions en 2025, soit une hausse de 77,9%. Le montant total transféré a atteint 107,5 MMDH, contre 61,7 MMDH un an auparavant, en augmentation de 74,2%. Ces opérations sont traitées par la Plateforme de compensation des virements instantanés (PCVI).

Le paiement mobile poursuit également son développement. Le nombre de transactions réalisées à travers les portefeuilles électroniques, ou M-Wallets, est passé de 19,7 millions à 28 millions. Leur valeur a progressé de 3,9 à 7,3 MMDH. Cette hausse s’explique en grande partie par le versement direct des aides sociales sur des comptes de paiement. Près de 93% des transactions effectuées par M-Wallet passent par des portefeuilles émis par des établissements de paiement. Cette évolution s’accompagne d’une augmentation du nombre de comptes de paiement, qui a atteint 16,221 millions en 2025, contre 13,822 millions en 2024. Au total, 20 offres de portefeuilles électroniques étaient disponibles, dont 13 proposées par des établissements de paiement.

Le cash reste très présent

Malgré la progression des paiements électroniques, les retraits d’argent liquide par carte bancaire continuent d’augmenter. Leur nombre est passé de 401 millions en 2024 à 450 millions en 2025. En valeur, les montants retirés ont atteint 460 MMDH, contre 403 MMDH un an auparavant, soit une hausse de 14%.

Les retraits représentent ainsi 66% des opérations par carte en nombre, contre 68% en 2024. La part des paiements est, à l’inverse, passée de 32% à 34%. En valeur, les retraits représentent 87% des opérations, contre 86% en 2024. À l’inverse, la part des paiements est passée de 14% à 13%.

Ces chiffres illustrent la place toujours importante de l’argent liquide dans les habitudes de paiement, alors que les usages numériques gagnent du terrain. Pour encourager le recours aux paiements électroniques dans les achats du quotidien, notamment chez les petits commerçants, BAM s’appuie sur la Stratégie de développement des paiements 2024-2028.

Dans ce cadre, des travaux sont menés sur le Schéma national de paiement et sur le plafonnement des commissions d’interchange, tandis que le marché de l’acquisition des paiements fait l’objet d’une ouverture. Un fonds dédié a également été mis en place au début de 2026.

En coulisses, les systèmes de paiement traitent des montants considérables

Au-delà des paiements réalisés directement par les particuliers, les infrastructures financières assurent le traitement de volumes importants entre banques, entreprises et clients.

Le système de règlements bruts du Maroc (SRBM), qui permet notamment le règlement des opérations entre établissements financiers, a traité 449.975 ordres de paiement de participants directs en 2025, contre 381.039 en 2024, soit une hausse de 18%. Leur montant total a atteint 6.968 MMDH, en progression de 17%.

Sur ce montant, 3.792 MMDH correspondent aux virements interbancaires et 3.176 MMDH aux virements de clientèle. Le nombre d’ordres de virement de clientèle a augmenté de 23%, contribuant principalement à la hausse globale du nombre d’opérations.

Le volume global traité, qui comprend les opérations des banques, de la Banque centrale et des systèmes exogènes, s’est élevé à 28.181 MMDH, en hausse de 11,6%. Le rapport indique que cette somme équivaut au produit intérieur brut annuel du Maroc en 14 jours de fonctionnement.

À la fin de 2025, le système comptait 26 participants directs et 59 sous-participants, avec trois nouveaux sous-participants enregistrés au cours de l’année. Une nouvelle version du SRBM a été mise en service en novembre 2025, avec l’adoption de la norme ISO 20022. Le système a affiché un taux de disponibilité de 99,73%, sans incident technique majeur.

De son côté, le Groupement pour un système interbancaire marocain de télécompensation (GSIMT) gère le système de compensation des paiements de masse (SCPM). En 2025, celui-ci a traité 137,1 millions d’opérations, pour un montant de 2.717,1 MMDH. Si la valeur des opérations a progressé de 7,6%, leur nombre n’a augmenté que de 0,6%, soit la plus faible progression enregistrée depuis 2021.

Le mois de décembre a connu un pic de 14,27 millions d’opérations, contre des volumes mensuels compris entre 9,74 et 12,18 millions de janvier à novembre. Le rapport relie notamment cette hausse aux paiements d’impôts. Le système a enregistré un ratio moyen de compensation de 10,1% et une disponibilité de 99,9%, sans incident majeur.

Les autorisations de paiement et le mobile prennent de l’ampleur

Les demandes d’autorisation de paiement par carte ont également progressé. Le système SWAM en a traité près de 360 millions en 2025, soit une hausse de 24,4%. Leur montant total a atteint 224 MMDH, en augmentation de 7,9%.

Le taux d’approbation s’est établi à 86,8%. Le nombre de transactions autorisées est passé de 251,9 millions à 312,4 millions, tandis que leur montant a atteint 129,4 MMDH, en hausse de 17%.

Pour les porteurs de cartes marocaines effectuant des opérations au Maroc, le ratio de paiement a progressé en nombre, de 32,43% à 33,85%, mais reculé en valeur, de 13,59% à 13,35%. Cet indicateur doit être distingué de la répartition générale des opérations par carte présentée plus haut.

Les autorisations de paiement mobile ont, pour leur part, fortement augmenté. Leur nombre est passé de 235.603 en 2024 à plus de 1,82 million en 2025, soit une progression de 675%. Le taux d’approbation a atteint 94,1%, correspondant à 1,7 million de transactions interopérables autorisées, pour une valeur totale de 457,4 millions de dirhams.

Lire aussi : Le Roi félicite l’équipe nationale de futsal sacrée championne de la CAN-2026

Sécurité et paiements internationaux : les autres chantiers

Le rapport met également l’accent sur la sécurité et la continuité des infrastructures de paiement. BAM poursuit ses travaux en matière de résilience opérationnelle, de cybersécurité, de gestion des risques et de prévention de la fraude.

Parmi les autres chantiers figurent le Marché à terme et la Chambre de compensation de contrepartie centrale, qui font l’objet de travaux sur les volets réglementaire, prudentiel et opérationnel. BAM mène également des études sur la monnaie numérique de banque centrale et les crypto-actifs.

Sur le plan international, la Banque centrale a rejoint la plateforme BUNA en 2023, puis le système panafricain de paiement et de règlement PAPSS en juin 2025. Ces plateformes visent à faciliter les paiements entre les pays participants.

Au terme de l’année 2025, le bilan de BAM fait ainsi ressortir deux tendances parallèles : la progression des paiements électroniques et mobiles, mais aussi le maintien d’un recours important aux retraits d’argent liquide. En parallèle, les infrastructures qui assurent le traitement des opérations poursuivent leur évolution, avec des enjeux de fiabilité, de sécurité et d’interconnexion des systèmes de paiement.

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