Étudiants en médecine : une crise sans issue ?

Avatar de Hajar Toufik
Temps de lecture :

Crise des étudiants en médecine : un nouveau sit-in prévu le 5 octobreLes étudiants en médecine, en pharmacie et en médecine dentaire manifestent. (Image d’archives). © DR

A
A
A
A
A

La crise des étudiants en médecine semble loin de s’apaiser. Les mesures annoncées ne répondent pas aux revendications de fond des étudiants, qui demandent un véritable dialogue avec le ministère. Tant qu’un compromis ne sera pas trouvé, le spectre d’une année blanche plane sur les facultés du Royaume.

C’est un bras de fer qui continue de s’intensifier. Hier, les facultés de médecine et de pharmacie à travers le pays ont lancé les examens de rattrapage du premier semestre. Ceux-ci ont été prévus pour les étudiants des cinq premières années. Mais, sans grande surprise, les étudiants ont largement boycotté ces évaluations. Depuis plus de huit mois, la grève entamée par les étudiants paralyse le secteur et semble loin de trouver une issue, malgré les récentes tentatives des autorités académiques de proposer des mesures conciliatrices.

Lire aussi : Dissolution des bureaux des étudiants en médecine

Des mesures qui n’apaisent pas les tensions

Dans une série de notes publiées les 2 et 3 septembre, les doyens des facultés de médecine et de pharmacie ont réaffirmé leur décision de maintenir les examens de rattrapage à partir du 5 septembre, conformément au calendrier initialement prévu. Parmi les mesures annoncées, il a été proposé aux étudiants de participer à une session exceptionnelle pour le deuxième semestre, avec la possibilité d’annuler la note zéro pour absence. Les facultés assurent également que la validation des modules sera automatiquement intégrée dans le système académique, garantissant ainsi que les résultats apparaîtront sur les relevés de notes.

Une autre mesure importante concerne les étudiants sanctionnés pour des raisons disciplinaires. Ces derniers, ayant fait appel de ces sanctions, se voient offrir la possibilité de participer à toutes les évaluations en cours, conformément aux pratiques en vigueur. Cependant, ces tentatives pour apaiser la situation surviennent après l’échec de la médiation parlementaire. Cette dernière avait notamment recommandé la levée des sanctions infligées aux étudiants et aux représentants de la Commission nationale en médecine, médecine dentaire et pharmacie (CNEMEP).

Cependant, toutes ces propositions n’ont pas réussi à calmer les esprits parmi les grévistes. Les étudiants en médecine, dont la grève est en vigueur depuis décembre 2023, estiment que ces mesures ne répondent pas à leurs véritables revendications.

Pourquoi ce rejet ?

Du côté des étudiants grévistes, la position reste inchangée. Ils accusent le ministère de l’Enseignement supérieur de tenter de fragmenter le mouvement en proposant des mesures jugées inappropriées et éloignées de leurs attentes. Leur principale revendication demeure l’abandon de la réforme visant à réduire la durée des études de sept à six ans, une mesure qu’ils considèrent comme une menace pour la qualité de la formation médicale au Maroc.

Malgré l’introduction de certaines mesures pour les étudiants sanctionnés, beaucoup restent sceptiques quant à leur efficacité. Certains, notamment en sixième année, ne se sentent pas concernés par ces propositions. Ils estiment que la solution réside dans l’ouverture d’un dialogue sincère avec le ministère. Celui-ci doit être accompagné d’annonces claires sur la levée des sanctions et la mise en place de réformes qui préservent leur avenir professionnel.

Ainsi, la crise perdure et les étudiants continuent de réclamer un dialogue approfondi. Ils refusent donc de reprendre les cours ou de participer aux examens tant que leurs revendications ne seront pas pleinement satisfaites.

Lire aussi : Les parents des étudiants en médecine appellent à l’intervention royale

Le médiateur du Royaume entre en scène

Face à l’incapacité des deux ministères concernés, celui de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur, de rétablir le contact avec les grévistes, un nouvel acteur entre en jeu : l’institution du médiateur du Royaume. Ce jeudi, une réunion cruciale est prévue entre le médiateur et les représentants des étudiants en médecine, en médecine dentaire et en pharmacie, qui ont massivement décidé de boycotter la session de rattrapage.

Les bureaux des étudiants en médecine se montrent optimistes quant à cette nouvelle initiative. Ils estiment que ce nouveau processus de médiation va débloquer la situation et trouver ainsi une solution afin d’éviter le scénario d’une année blanche. Reste à voir si cette initiative portera ses fruits, mais pour l’heure, elle semble être la dernière chance de sauver l’année universitaire pour des milliers d’étudiants.

Par ailleurs, les étudiants en médecine et en pharmacie ont décidé de durcir leur mouvement. Ils ont annoncé un sit-in ce samedi à 17H devant la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. Ce rassemblement, qui s’ajoute à plusieurs mois de grèves et de boycotts, est une réponse directe à la politique de la sourde oreille adoptée par les départements concernés. Objectif : rappeler leurs revendications et exiger une réaction rapide.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Chutes de neige mardi et mercredi dans certaines provinces du Royaume

Société - Des chutes de neige sont prévues, mardi et mercredi, dans certaines provinces du Royaume, a annoncé la Direction générale de la météorologie (DGM).

Rédaction LeBrief - 12 janvier 2026
La princesse Lalla Hasnaa préside à Rabat le dîner de gala diplomatique annuel de bienfaisance

La princesse Lalla Hasnaa a présidé dimanche soir à Rabat l’édition 2026 du dîner diplomatique de solidarité, organisé par la Fondation diplomatique en partenariat avec…

Rédaction LeBrief - 11 janvier 2026
Manifeste de l’Indépendance : grâce royale pour 1.386 personnes

Société-A l’occasion de la commémoration du Manifeste de l’Indépendance, le roi Mohammed VI a accordé une grâce royale à 1.386 personnes

Rédaction LeBrief - 10 janvier 2026
Mariage et divorce mixtes : droits, enfants et succession

Dossier - Mariage Vs divorce mixtes : enquêtes, obstacles, héritage… Ce que les couples ignorent souvent avant de sauter le pas.

Sabrina El Faiz - 10 janvier 2026
Adieu l’ami. Adieu l’artiste

Société-On essaye d’écrire sur lui et on se rend compte que rien ne sera à la hauteur de son talent. Un seul de ses traits valait tous nos mots.

Sabrina El Faiz - 9 janvier 2026
Usurpation d’identité à Marrakech : un individu interpellé pour escroquerie

Société - Un homme à Marrakech a été arrêté pour avoir prétendu être Procureur et extorqué 5.000 dirhams. L’enquête a conduit à la saisie de cachets, dossiers et près de 5 millions de dirhams, révélant un réseau organisé d’usurpation d’identité.

Ilyasse Rhamir - 9 janvier 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
Le Maroc des voisins qu’on n’a pas choisis

Dossier - Les voisins ont bien changé. Les balcons étaient les réseaux sociaux d’antan. On y partageait les breaking news du quartier et les hommes étaient aussi bien surveillés que les enfants !

Sabrina El Faiz - 12 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire