Les faillites s’enchaînent, les annonces aussi. Plus de 4.000 entreprises ont fermé depuis le début de l’année, presque toutes des TPE. Et pourtant, le discours reste le même : confiance, appui, relance. On veut croire que les dispositifs suffiront à inverser la tendance.
Le 6 novembre, 4 arrêtés ont été publiés au Bulletin officiel. Ils précisent les conditions d’accès aux aides prévues par la Charte de l’investissement : 1 million de dirhams minimum, conformité fiscale, comptabilité certifiée, suivi administratif par les CRI. Une vraie avancée… sur papier. Dans les faits, c’est une barrière. La majorité des petites structures n’atteignent ni les montants exigés, ni le niveau de formalisation demandé.
5 jours plus tard, le 11 novembre, le chef du gouvernement s’est rendu à Errachidia. Le ton était politique, la promesse ambitieuse : « un plan de soutien renforcé aux TPME ». Ce lancement, présenté comme une nouvelle étape, n’était pourtant que la mise en scène d’un cadre déjà défini. Les textes étaient prêts, les seuils inchangés. Et la plupart de ceux qu’on veut aider restaient hors du champ.
On parle de proximité, mais tout se décide à distance. On parle d’ouverture, mais le seuil reste haut. L’inclusion est devenue un mot, plus qu’une réalité. Les dispositifs se succèdent, les formulaires changent, mais la mécanique reste la même : pour être soutenu, il faut déjà tenir debout.
L’État a réduit ses délais de paiement à 37 jours et c’est un progrès. Mais ce n’est pas la vitesse du virement qui étouffe les TPE, c’est la lenteur de tout le reste : le crédit qui n’arrive pas, la TVA qui s’accumule, les validations qui s’étirent. Et au bout du compte, les entreprises ne meurent pas de manque de clients, elles meurent d’un manque d’air.
La faillite, ici, n’est pas qu’économique, elle est administrative… et parfois morale. Quand un entrepreneur passe plus de temps à prouver qu’il existe qu’à produire, la chute n’est plus une question de performance, mais de survie.
Les programmes se succèdent, les logos changent, les conférences aussi. Mais la logique reste inchangée, le soutien public filtre plus qu’il n’ouvre. On aide ceux qui savent déjà demander de l’aide et on perd ceux qui n’ont plus la force d’essayer.
Ce n’est pas un manque de volonté politique, c’est un manque de cohérence. À force de vouloir tout contrôler, on finit par empêcher de respirer.
Le Maroc a besoin d’un véritable modèle de soutien, pas d’une succession de dispositifs. Un modèle qui parte du bas, qui comprenne le quotidien de ceux qui créent, pas seulement leurs bilans. Parce qu’une politique économique n’a de valeur que si elle touche ceux qu’elle prétend défendre.
Aider, ce n’est pas filtrer. C’est ouvrir. Soutenir sans ouvrir, c’est prolonger la survie sans permettre la vie.
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