Mbaye Gueye Publié le 16/07/25 à 10:42
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Pathétique

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La rencontre entre le président américain Donald Trump et ses homologues africains a défrayé la chronique. Pour plusieurs raisons d’ailleurs, tant sur le fond que sur la forme. Epargnons-nous les scènes où chaque président tentait de prouver que son sous-sol regorgeait davantage de matières premières et de minerais. Un spectacle pathétique qui n’honore pas l’Afrique.

Certains sont même allés jusqu’à proposer à Donald Trump d’investir dans un parcours de golf. Pendant que d’autres cherchaient leurs mots, submergés par l’émotion et l’ampleur des enjeux, il a fallu l’intervention de l’hôte pour les inviter à aller à l’essentiel. La scène la plus hilarante fut celle où cinq présidents africains, à tour de rôle, ont plébiscité Donald Trump comme futur prix Nobel de la paix. Que ne ferait-on pas, ou ne dirait-on pas, pour plaire quand l’argent est en jeu ?

Le summum de cette rencontre fut atteint lorsque Trump complimenta le président libérien, Joseph Boakai, pour son bon anglais, allant jusqu’à lui demander où il avait fait ses études. Il fallait oser !

Ces compliments maladroits ont suffi à révéler le niveau de culture générale du président américain. J’imagine qu’Abraham Lincoln et James Monroe ont dû se retourner dans leurs tombes.

Pour la petite histoire, le Libéria a été fondé en 1822 par des esclaves affranchis qui quittèrent l’Amérique pour s’installer dans cette partie de l’Afrique. En 1862, le président Abraham Lincoln reconnut officiellement l’indépendance du Libéria. Par ailleurs, la capitale du pays, Monrovia, porte le nom de James Monroe, cinquième président des États-Unis et membre de l’American Colonization Society (ACS), chargée de la réinstallation des affranchis.

Conduire le destin d’un pays ne se résume pas à signer des décrets : il faut aussi en connaître l’histoire.