Ce n’est pas une Coupe d’Afrique des Nations comme les autres qui s’est ouverte dimanche soir au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Derrière le cérémonial, les hymnes et les premiers coups de sifflet, la CAN 2025 ressemble davantage à un manifeste. Celui d’un Maroc qui a fait du football bien plus qu’un sport : un levier stratégique de développement, de rayonnement et d’affirmation nationale.
Depuis une décennie, le Royaume avance ballon au pied, avec méthode. Le secteur sportif est désormais une composante essentielle des stratégies de développement global du pays. Les investissements consentis ne relèvent plus du symbole mais d’une politique structurée : stades ultramodernes, centres de formation performants, montée en compétence de l’encadrement technique. Longtemps cantonné au rang de simple divertissement, le sport a changé de statut. Il est aujourd’hui pensé comme un droit fondamental du citoyen et un levier du développement humain et durable.
Cette transformation profonde commence à produire ses effets. L’épopée historique des Lions de l’Atlas jusqu’en demi-finales de la Coupe du monde 2022 a marqué un basculement, sportif mais aussi psychologique. Elle a repositionné le Maroc sur l’échiquier footballistique mondial et redonné au continent africain une ambition longtemps contenue. Le sacre, en octobre dernier, au Mondial des moins de 20 ans est venue confirmer que ce succès n’était ni un accident ni un feu de paille, mais le fruit d’une vision de long terme.
La CAN 2025 dépasse toutefois largement l’enjeu des résultats. Elle est pensée comme une répétition générale avant la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. À travers cet enchaînement inédit de compétitions majeures, le Royaume veut démontrer sa capacité à organiser des événements d’envergure mondiale, à gérer des flux massifs de supporters et à se conformer aux standards internationaux les plus exigeants.
Les chiffres donnent la mesure de cette ambition. Près de 21 milliards de dirhams ont été investis pour la seule Coupe d’Afrique des Nations. À plus long terme, les projets liés à la CAN et au Mondial 2030 représentent une enveloppe globale représentant l’équivalent du PIB annuel moyen du Maroc sur les cinq dernières années. Derrière ces montants, un cap assumé : accélérer l’aménagement du territoire. Lignes à grande vitesse, réseaux autoroutiers, transports urbains, infrastructures touristiques, hôpitaux… Le football agit ici comme un accélérateur de transformation économique et spatiale.
Cette stratégie est aussi diplomatique. En accueillant ces compétitions, le Maroc cherche à renforcer son influence sur le continent africain. À l’international, le Royaume cultive son image de passerelle entre l’Afrique, l’Europe et le monde, utilisant le sport comme un instrument de soft power efficace et lisible.
Au Maroc, le coup d’envoi de la CAN 2025 résonne ainsi bien au-delà des tribunes. Chaque match, chaque organisation réussie, chaque image diffusée s’inscrit dans un récit plus large : celui d’un pays qui a fait du sport un pilier de son développement et un marqueur de sa modernité. Ici, le football ne se contente plus de faire vibrer. Il structure une ambition nationale sans pour autant reléguer au second plan les priorités du développement humain.
…les agriculteurs espèrent la distribution d’engrais pour sauver la saison avec les cultures printanières. Les éleveurs, eux, attendent des fourrages pour le bétail. Mais jusqu’à présent, aucune enveloppe budgétaire d’urgence…
Après des années de sécheresse, la voici enfin, la pluie ! Et elle ne fait pas les choses à moitié. Quitte à venir, autant laisser une trace de son passage. Le pays s’étant habitué à…
C’est devenu une habitude ! On a tous tendance à aider celui qui boîte et à laisser celui qui avance se débrouiller seul. On subventionne des entreprises dont le modèle ne fonctionne plus depuis des…
C’est une nouvelle alerte, presque un ultimatum, que Mario Draghi a adressé aux dirigeants européens. Lundi 2 février, à l’université catholique de Louvain, où il recevait un doctorat honoris causa, l’ancien président de la Banque…
La réunion de travail présidée mercredi par le Roi et consacrée au complexe portuaire et industriel Nador West Med relève moins de l’actualité économique stricto sensu que de la sémiologie du pouvoir. Car si l’objet…
15 ans c’est quoi ? Pour s’en rendre bien compte, il suffit de vous souvenir où vous étiez il y a 15 ans… C’est bon ? Eh bien, c’est cette année là que 300 familles…
Les grands événements ne se jouent jamais uniquement sur le terrain. Ils se jouent aussi après, dans ce qui reste, ce qui circule, ce qui s’impose comme lecture dominante. Le récit n’est pas un vrai…
Dix jours après l’accord avec le Mercosur, l’Union européenne et l’Inde ont signé un accord de libre-échange d’une ampleur inédite. Après des décennies de pourparlers, les grandes puissances commerciales accélèrent, réorganisent et redessinent leurs partenariats…
Le 22 janvier 2026, à Davos, le président américain a une nouvelle fois pris le monde de court. Dans le décor policé du Forum économique mondial, il a annoncé la création de son « Conseil de…