Il y a des matchs qu’on gagne sur la pelouse. Et d’autres qu’on gagne dans les tribunes. Je l’ai vu au Wydad, lors des finales de la Ligue des champions africaine. Le bruit était tel qu’on n’entendait plus rien. Les joueurs n’entendaient plus l’entraîneur. Les consignes disparaissaient dans la clameur. Et c’est précisément là que quelque chose basculait. Le douzième homme poussait les joueurs au-delà de ce qu’ils pensaient pouvoir donner.
Je l’ai revu au Qatar, quand le Maroc a atteint les demi-finales de la Coupe du monde. Ce n’était pas seulement une équipe qui jouait. C’était un peuple qui portait. Le bruit, la ferveur, la tension permanente. Les joueurs n’étaient jamais seuls. Même épuisés, ils étaient soutenus, tirés vers l’avant, presque obligés de continuer.
Dimanche, au match d’ouverture de la CAN, l’ambiance était différente. Le stade était plein, mais le bruit absent. Des spectateurs, plus que des supporters. Des gens venus assister à un événement, pas forcément à un combat. On regardait le match. On le consommait. On l’observait. Mais on ne le vivait pas.
La veille, le sélectionneur avait été clair. Il ne voulait pas d’un public venu pour les selfies, ni pour les petits fours. Il voulait du bruit. Du vrai. À tel point que ses joueurs ne devraient plus entendre ses consignes. Ce n’était pas une provocation. C’était un rappel. Le football, à ce niveau, ne se joue pas seulement avec des jambes. Il se joue avec une atmosphère.
Jouer une CAN à domicile n’est pas un avantage automatique. C’est une responsabilité collective. Les joueurs font leur part. Le staff aussi. Mais sans le douzième homme, le match reste incomplet. Le stade devient un décor, pas une arme. Or, dans ce genre de compétition, le détail compte. Et le détail, parfois, c’est le bruit.
Le Maroc a les joueurs. Il a l’organisation. Il a l’expérience. Ce qu’il doit encore retrouver, c’est cette communion brute, celle qui dépasse le confort, celle qui fatigue les cordes vocales, pas les batteries de téléphone. Celle qui transforme un match ordinaire en épreuve mentale pour l’adversaire.
On ne gagne pas une CAN chez soi parce qu’on est chez soi. On la gagne quand le public cesse d’être témoin et redevient acteur. Quand le stade n’est plus un lieu où l’on regarde, mais un lieu où l’on pousse. Quand le silence devient impossible.
Le douzième homme n’est pas un slogan. C’est une condition. Et sans lui, même à domicile, rien n’est acquis.
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