Aïd Al-Mawlid : entre tradition et spiritualité

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Aïd Al-Mawlid : entre tradition et spiritualitéLa procession des Cierges de Salé, organisée à Salé, en commémoration de la fête de Aïd Al Mawlid Annabaoui © DR

A
A
A
A
A

Aïd Al Mawlid, marquant la naissance du prophète Mohammed, est l’un des événements religieux les plus célébrés dans le monde musulman. Cette fête spirituelle, enracinée dans la tradition et la dévotion, vise à honorer le prophète et à fortifier les liens communautaires. Au Maroc, cet événement précieux est célébré avec ferveur, perpétuant des traditions ancestrales qui découlent d’une vénération profonde pour le prophète d’un attachement solide aux valeurs authentiques et aux idéaux supérieurs de l’Islam.

À l’instar de plusieurs pays musulmans, le peuple marocain célèbre, ce jeudi, Aïd Al-Mawlid Annabaoui. Une occasion pour exprimer, de forte et belle manière, son amour envers le dernier des prophètes et ses descendants, ainsi que son attachement aux principes de l’Islam. Les Marocains tiennent à célébrer cette occasion dans une ambiance empreinte de spiritualité et de pure dévotion, notamment par l’organisation de rencontres dédiées à la lecture du Saint-Coran, à l’étude de ses versets, au Madih, à la déclamation et à la récitation de la tradition du prophète. Seront organisées également des processions religieuses, des soirées de Dikr (évocations) dans les mosquées et des Moussems dans les Zaouias, à travers toutes les régions du Royaume.

Comment les Marocains célèbrent Aïd Al-Mawlid ?

Au Maroc, la célébration de Aïd Al-Mawlid est un voyage à travers des traditions et coutumes diversifiées. Cette festivité prend des couleurs locales particulières, avec des mets traditionnels spécifiques préparés et dégustés en famille.

Si les manifestations organisées à cette occasion diffèrent d’une ville à l’autre, il y a cependant des facteurs et des aspects communs à toutes les célébrations, à savoir l’utilisation des cierges et flambeaux, ainsi que les costumes traditionnels portés par tous pour aller dans les mosquées et lors des visites aux parents et amis. Des veillées religieuses sont également organisées, de même que les sorties et promenades avec famille et enfants et les échanges de visites entre les membres de familles.

Dans les villes du nord, par exemple, la « calienté » est un plat traditionnellement associé à cet évènement, tandis qu’à Fès, le poulet garni de citrouille caramélisée est un incontournable. Les Casablancais et les Rbatis, eux, partagent presque les mêmes habitudes culinaires durant ce jour sacré. Les familles se réunissent pour le « ftour », avec un menu composé de crêpes marocaines, de « msemen », de « baghrir » et de « krachel ». Le déjeuner est souvent composé de couscous ou de tajine de viande aux prunes et amandes.

Au-delà de l’aspect culinaire, Aïd Al-Mawlid est également une période de célébrations culturelles et spirituelles. Au nord-est du Maroc, dans la Zaouia de Madagh, une grande veillée spirituelle s’organise chaque année, animée par des Oulémas et des professeurs qui rappellent l’importance de suivre l’exemple du prophète.

À Meknès, les adeptes des « Aïssaoua » se rassemblent pour des rites traditionnels au mausolée du Cheikh Al Kamel Sidi M’Hamed Ben Aissa, avec des nuits de musique et de danse de procession. Les traditions sont transmises de génération en génération, illustrant ainsi la profondeur des racines culturelles et religieuses de la célébration de Aïd Al-Mawlid au Maroc.

En somme, Aïd Al-Mawlid Annabaoui au Maroc est une célébration qui va bien au-delà de la simple observance religieuse. C’est une fête qui reflète la diversité et la richesse de la tradition marocaine, tissant des liens entre le passé et le présent, et entre les différentes cultures et communautés du pays.

La procession des cierges, cette ancienne tradition slaouie

C’est une tradition très ancienne et symbolique qui reflète le riche héritage culturel et spirituel de la ville de Salé. Cette tradition remonte au XVIe siècle à l’époque des Saadiens, plus précisément sous l’égide du Sultan Ahmed El Mansour Addahbi.

La procession, qui a lieu chaque année, débute traditionnellement la veille de Aïd Al-Mawlid, juste après la prière d’Al Asr. Ce moment sacré de la journée est choisi avec soin, marquant un début solennel pour la procession. Le cortège est habituellement mené par les dignitaires religieux et les notables influents de la ville. Quant aux participants, ils portent des cierges allumés et traversent les principales artères de la ville. Ensemble, ils traversent les principales artères de la ville et récitent avec ferveur des prières et entonnent des chants religieux en l’honneur du prophète Mohammed.

La symbolique de cette procession est riche. Elle représente la lumière de la connaissance et de la spiritualité qui émane du prophète Mohammed, éclairant le chemin des croyants vers la vérité et la compréhension. Elle symbolise également l’unité et la cohésion de la communauté. Le cortège est également une réaffirmation puissante de l’attachement des habitants de Salé aux traditions ancestrales et aux valeurs islamiques, qui forment le tissu même de leur identité culturelle et spirituelle.

Au fil des siècles, cette tradition a été préservée avec amour et perpétuée avec fidélité par les habitants de Salé. Aujourd’hui, elle est devenue bien plus qu’une simple tradition, puisqu’elle est considérée comme un élément vital et précieux du patrimoine culturel et religieux de la ville.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Intempéries : un dispositif structuré pour le retour des habitants à Sidi Slimane

Société - Les autorités locales mettent en œuvre un dispositif structuré pour faciliter le retour des habitants à Sidi Slimane après les intempéries.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
L’agence Bayt Mal Al-Qods Acharif lance sa campagne sociale à l’approche du Ramadan

À l'approche du Ramadan, l'Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif lance une campagne de 5 000 paniers alimentaires, 20.000 repas d’Iftar quotidiens.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Le CHU Mohammed VI d’Agadir clarifie les circonstances de décès d’un patient

Société - Le CHU Mohammed VI d'Agadir explique les circonstances du décès d'un patient survenu le 14 octobre. Détails à découvrir.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Intempéries : un plan intégré pour organiser le retour des habitants à Ksar El Kébir

Société - Les autorités de Larache annoncent un plan pour faciliter le retour des habitants à Ksar El Kébir après les intempéries.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Maroc ou le grand paradoxe hydrique ?

Dossier - Après des années de sécheresse, le Maroc a brutalement changé de décor hydrique en quelques semaines. Comment le pays gère-t-il ses ressources en eau ?

Sabrina El Faiz - 14 février 2026
Bulletin d’alerte météo : fortes intempéries attendues de vendredi à samedi

Société - La DGM annonce des intempéries majeures affectant plusieurs provinces ce week-end. Restez informés et préparez-vous.

Mouna Aghlal - 13 février 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
Le Maroc des voisins qu’on n’a pas choisis

Dossier - Les voisins ont bien changé. Les balcons étaient les réseaux sociaux d’antan. On y partageait les breaking news du quartier et les hommes étaient aussi bien surveillés que les enfants !

Sabrina El Faiz - 12 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire