Tunisie : la victoire de Kaïs Saïed

Temps de lecture : 3 minutes

Tunisie : la victoire de Kaïs Saïed

Temps de lecture : 3 minutes

Temps de lecture : 3 minutes

Les résultats définitifs d’un référendum controversé accordant des pouvoirs illimités au bureau du président tunisien, Kaïs Saïed, révèlent que 94,6% des votes sont favorables à l’adoption de la nouvelle Constitution.

Selon l’Instance tunisienne supérieure indépendante pour les élections (ISIE), le texte proposé par le dirigeant a été approuvé par un peu plus de 2,6 millions d’électeurs. Le président du Conseil de l’ISIE, Farouk Bouasker, a toutefois noté que le taux de participation à ce vote était très faible (30,5 %).

Notons que le référendum a eu lieu un an après que Kaïs Saïed a limogé le gouvernement et suspendu le Parlement. Des démarches que l’opposition a qualifiées de coups d’État.

Mais malgré le faible taux de participation, l’initiative du président contre le système, qui a vu le jour après le renversement de Zine El Abidine Ben Ali en 2011, a été saluée par de nombreux Tunisiens. Ces derniers étaient frustrés et en colère contre l’inflation et l’exacerbation du chômage, et ont longtemps dénoncé l’instabilité politique du pays qui n’a guère amélioré leur vie.

De leur côté, les politiciens de l’opposition et les groupes de défense des droits de l’Homme ont mis en garde contre un retour à la dictature sous cette nouvelle Constitution.

En outre, Bouasker a précisé que «la constitution entre en vigueur avec l’annonce des résultats définitifs, sa promulgation par le président et sa publication au journal officiel». Il a ajouté que le rejet des recours contre le processus référendaire «confirme l’intégrité et la transparence de l’ISIE». Et de dénoncer que ‘ISIE avait fait l’objet «d’une vague d’allégations sans précédent de la part de certains partis politiques et groupes de la société civile».

Pour rappel, le nouveau texte place le président à la tête de l’armée, lui permet de nommer un gouvernement sans l’approbation du Parlement et rend pratiquement impossible sa destitution. Le dirigeant peut également présenter des projets de loi au Parlement, qui sera obligé de leur donner la priorité. Il s’agit aussi de la création d’une seconde Chambre parlementaire pour représenter les régions et faire contrepoids à l’assemblée elle-même.

Cette nouvelle Constitution vise, par ailleurs, à sortir la Tunisie de crise. Le pays connaît une croissance de seulement 3%, alors que près de 40% des jeunes sont sans emploi et que quatre millions de personnes sur une population de près de 12 millions souffrent de pauvreté.

Depuis plusieurs semaines, le pays lourdement endetté négocie un nouveau prêt avec le Fonds monétaire international, dans l’espoir d’obtenir quatre milliards de dollars, mais aussi la possibilité d’ouvrir d’autres voies d’aide étrangère, principalement européenne.

Recommandé pour vous


Politique monétaire : l’équilibre subtil

Le suspense a duré jusqu’au dernier moment. Bank Al-Maghrib a fini par r…

Burkina Faso : le lieutenant-colonel Damiba renversé par un nouveau coup d’État

Pour la seconde fois en huit mois, le Burkina Faso a connu, vendredi 30 …

La CAN 2025 retirée à la Guinée

Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Mo…

Nigeria : la Banque mondiale débloque un crédit de 750 millions de dollars

La Banque mondiale a approuvé une ligne de crédit de 750 millions de dol…

Éducation : les gouvernements d’Afrique de l’Ouest appelés à augmenter le financement

Les organisations de la société civile en Afrique de l'Ouest appellent l…

Afrique de l’Ouest et Centrale : 80% de la population est favorable à l’adoption d’une monnaie unique

Le dernier sondage réalisé par le réseau panafricain de recherche Afroba…