Startup : 13 pays africains dans le Top 100 mondial
L’Afrique sait affirmer progressivement ses ambitions entrepreneuriales. Et le dernier classement publié par StartupBlink vient confirmer cette tendance avec 13 pays africains qui figurent désormais parmi les 100 écosystèmes de startup les plus performants au monde en 2026.
Certes, ça peut sembler modeste face aux mastodontes nord-américains, européens ou asiatiques. Pourtant, c’est là et ça compte bien s’installer durablement. Depuis plusieurs années, les incubateurs se multiplient, les fonds d’investissement spécialisés s’intéressent davantage au continent et les jeunes pousses africaines gagnent en visibilité internationale.
Pour établir son « Global Startup Ecosystem Index 2026 », StartupBlink s’est appuyé sur 27 indicateurs répartis en trois grandes catégories : la quantité, la qualité et l’environnement des affaires. Le cabinet prend ainsi en compte aussi bien le nombre de startup, d’investisseurs ou d’espaces de coworking que les montants levés, la présence de licornes, les infrastructures numériques ou encore la facilité de faire des affaires.
Sans surprise, l’Afrique du Sud conserve toujours sa place de leader continental. Classé 52e au niveau mondial, le pays reste l’écosystème le plus développé du continent, un statut qu’il occupe depuis la création de l’indice en 2017. Porté par une économie plus industrialisée, un marché financier structuré et des hubs technologiques bien installés comme Johannesburg ou Le Cap, le pays affiche même une croissance de 31,3% sur un an.
Derrière Pretoria, le Kenya maintient sa deuxième place africaine malgré un léger recul au classement mondial. Nairobi continue de profiter de son image de Silicon Savannah, construite autour du succès historique de solutions comme M-Pesa et d’un environnement assez favorable à l’innovation numérique.
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Les meilleures progressions de startup
Le Nigeria, lui, confirme son statut de puissance montante. Le pays gagne quatre places au classement mondial pour atteindre le 62e rang et complète le podium africain. Lagos reste aujourd’hui l’un des principaux centres technologiques du continent, capable de faire émerger des startup valorisées à plusieurs centaines de millions de dollars. Fintech, e-commerce, logistique ou encore services numériques : l’écosystème nigérian bénéficie d’un immense marché domestique et d’une jeunesse particulièrement connectée.
Au-delà du trio de tête, le classement nous montre aussi plusieurs évolutions intéressantes. Le Cap-Vert poursuit sa progression et grimpe à la 74e place mondiale. La Tunisie se distingue surtout par son dynamisme avec une croissance de 36,6% sur un an, elle affiche tout simplement la meilleure progression africaine ! Ces dernières années, le pays a fourni beaucoup d’efforts pour structurer l’écosystème local, soutenir les entrepreneurs et attirer davantage d’investissements technologiques.
Même constat pour l’Ouganda, dont l’écosystème progresse de 32,5%. De nouveaux pôles commencent à émerger, souvent portés par des politiques publiques plus volontaristes et par une meilleure intégration du numérique dans l’économie locale.
Quelques reculs à noter…
Tout n’est cependant pas positif. Sur les 13 pays africains présents dans le Top 100, seuls deux améliorent réellement leur position mondiale cette année : le Nigeria et le Cap-Vert. 8 pays reculent, parfois énormément. La Namibie perd 9 places, le Ghana 6 et le Sénégal 5.
Ces baisses ne signifient pas forcément un effondrement des écosystèmes concernés. C’est surtout l’intensification de la concurrence mondiale. Les hubs technologiques se développent partout, notamment en Asie et en Amérique latine, obligeant les pays africains à accélérer encore davantage pour conserver leur visibilité internationale.
A titre d’exemple, Dakar reste un écosystème dynamique, soutenu par une scène entrepreneuriale active et plusieurs programmes d’accompagnement. Mais face à des marchés plus vastes ou mieux financés, la compétition devient de plus en plus rude.
Autre point intéressant à noter, Maurice réintègre le Top 100 après l’avoir quitté, tandis que la Somalie, qui occupait la 100e place l’an dernier, disparaît du classement. Les écosystèmes technologiques restent sensibles aux investissements, à la stabilité économique ou encore aux infrastructures numériques.
Côté villes, seules Lagos et Le Caire parviennent à intégrer le Top 100 mondial des hubs urbains de startup. Lagos se classe 70e et Le Caire 99e. Deux métropoles qui concentrent aujourd’hui l’essentiel des financements, des accélérateurs et des talents technologiques de leurs pays respectifs.
Le Maroc, de son côté, apparaît à la 90e place mondiale. Le Royaume continue de renforcer progressivement son positionnement régional grâce à Casablanca, Rabat et Marrakech, notamment avec le GITEX Africa, où les initiatives liées à l’innovation se multiplient. Le pays profite notamment d’infrastructures solides, d’une stabilité appréciée des investisseurs et d’une volonté croissante de développer l’économie numérique.
Une chose est sûre, l’Afrique ne regarde plus la révolution des startup depuis la périphérie. Elle commence à y prendre sa place.
Le classement des startup par pays 1-Afrique du Sud (52e rang mondial) 2-Kenya (61e) 3-Nigeria (62e) 4-Egypte (65e) 5-Cap-Vert (74e) 6-Tunisie (84e) 7-Maurice (85e) 8-Ghana (87e) 9-Maroc (90e) 10-Namibie (94e) 11-Ouganda (96e) 12-Sénégal (97e) 13-Rwanda (100e)