Comment EMPOWER Kenya veut changer la donne pour la santé des femmes

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WhatsApp Image 2026 03 05 at 18.15.05Visite de l’hôpital de Mbagathi à Nairobi, au cœur du programme EMPOWER, où cliniques numériques et partenariats locaux améliorent l’accès au dépistage et au suivi des cancers du sein et du col de l’utérus pour des milliers de femmes au Kenya © DNES à Nairobi LeBrief
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Dans les couloirs de l’hôpital de Mbagathi, à Nairobi, se joue le programme EMPOWER. Celui-ci tente de changer la manière dont les femmes accèdent au dépistage et au traitement des cancers du sein et du col de l’utérus au Kenya.
Tout d’abord, un message simple : aucune patiente ne devrait se perdre dans le système de santé. Et dans un pays où les distances, les coûts et le manque d’information freinent encore l’accès aux soins, cette idée n’a rien d’évident.

Une idée venue d’ailleurs… mais adaptée au Kenya

L’histoire commence loin d’ici, en Colombie. Jacqueline Wambua, aujourd’hui directrice générale pour l’Afrique de l’Est chez Roche, y découvre les Pink Clinics, des centres spécialement conçus pour dépister le cancer du sein chez les femmes les plus vulnérables.

Le principe est simple : rapprocher les soins de celles qui en ont le plus besoin.

Alors, certes, le Kenya fait face aux mêmes obstacles (manque d’infrastructures, longues distances à parcourir, coûts médicaux élevés) mais la solution ne peut pas être copiée telle quelle. « Nous devions créer quelque chose de kenyan, pour les Kenyanes », explique-t-elle.

Le programme EMPOWER voit alors le jour en 2019. Autour de la table, plusieurs partenaires : la County First Ladies Association, AMREF, l’International Cancer Institute et le ministère de la Santé.

Lire aussi : Santé africaine : where is the money ?

Vingt cliniques physiques sont progressivement mises en place. Et les résultats arrivent avec plus de 235.000 femmes dépistées en quelques années.

Mais très vite, un problème apparaît. Le dépistage fonctionne. Le suivi, beaucoup moins.

Dans de nombreux établissements, les dossiers restent encore sur papier. Ils se perdent, arrivent en retard ou ne suivent pas les patientes d’un établissement à l’autre. Des femmes dépistées positives mettent parfois des mois à accéder à un diagnostic complet ou à un traitement.

C’est à ce moment-là que l’idée d’un système numérique intégré commence à s’imposer.

EMPOWER 2.0 : la technologie pour relier tout le système

En 2023, une nouvelle phase du programme est lancée : EMPOWER 2.0, afin de connecter les cliniques locales, souvent rurales, avec les centres hospitaliers spécialisés.

Pour cela, plusieurs partenaires technologiques sont mobilisés, dont Savannah Informatics et le National Cancer Institute. Ensemble, ils développent une plateforme permettant de centraliser les données médicales.
Chaque patiente reçoit désormais un identifiant unique. Ses informations médicales peuvent être consultées en temps réel, quel que soit l’établissement où elle se rend.

Concrètement, une femme dépistée dans une clinique rurale peut voir ses résultats transmis immédiatement à un spécialiste à Nairobi. Le temps d’attente pour un diagnostic, qui pouvait autrefois atteindre près de 200 jours, est désormais réduit à environ 60 jours.

Aujourd’hui, plus de 12.000 femmes sont déjà intégrées dans ce réseau numérique. Et surtout, le risque de perdre des patientes en route diminue fortement.

En 2025, le National Cancer Institute of Kenya décide alors d’intégrer la plateforme EMPOWER dans l’organisation nationale de la prise en charge du cancer. Autrement dit, le système ne reste plus un projet pilote porté par des partenaires privés. Il devient une infrastructure publique, reliée au registre national du cancer.

Les femmes atteintes de cancers du sein spécifiques, notamment les formes HER2 positives, peuvent désormais bénéficier de soins gratuits conformes aux standards internationaux.

DNES à Nairobi : Sabrina El Faiz

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