En Tunisie, les centres numériques montent en puissance d’ici juin
La Tunisie accélère le déploiement de centres numériques pour rapprocher les services publics des citoyens, en particulier dans les régions où l’accès administratif reste limité. Quatre nouvelles structures ont été inaugurées la semaine dernière dans trois gouvernorats, tandis que les autorités visent l’ouverture de 34 espaces d’ici juin, répartis dans 21 gouvernorats du pays.
Ce dispositif doit bénéficier à près de 900.000 personnes, selon les objectifs présentés par la présidence du gouvernement. Il cible en priorité les usagers peu familiers des outils digitaux, avec l’ambition de faciliter l’accès aux démarches administratives, d’élargir l’usage du paiement électronique et de réduire les écarts entre les zones côtières et les régions intérieures.
Des centres numériques au service de l’inclusion territoriale et sociale
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Afrique, où les administrations publiques multiplient les services en ligne pour moderniser leur fonctionnement. Mais sur le continent, la numérisation ne produit ses effets que si les citoyens peuvent effectivement utiliser ces plateformes, ce qui suppose des points d’accueil physiques, un accompagnement humain et des équipements accessibles. En Tunisie, le choix de créer des espaces dédiés répond précisément à cette contrainte d’usage, encore forte chez une partie de la population.
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Dans une première phase, la Maison des services numériques de Tebourba, située dans le gouvernorat de Manouba, doit proposer 26 prestations relevant de sept organismes publics. Parmi eux figurent notamment les services de l’électricité, de l’eau, de l’assurance maladie, de la sécurité sociale et de la retraite. L’objectif est de permettre aux habitants d’effectuer plusieurs démarches dans un même lieu, sans devoir se déplacer vers les grands centres urbains, où se concentrent encore une large part des guichets administratifs.
Au-delà du cas tunisien, l’enjeu rejoint les priorités défendues à l’échelle continentale par l’Union africaine et la Banque africaine de développement, qui encouragent la transformation numérique comme levier d’inclusion économique et sociale. Dans de nombreux pays africains, la digitalisation des services publics progresse, mais reste freinée par les inégalités d’accès à Internet, le faible niveau d’équipement ou la maîtrise encore incomplète des outils numériques. En renforçant son maillage territorial, la Tunisie cherche ainsi à faire de la modernisation administrative un instrument concret d’égalité d’accès aux droits, plutôt qu’un simple transfert des procédures vers Internet.