Sénégal : les boulangers exigent une hausse du prix baguette
Au Sénégal, les boulangers menacent de suspendre leur activité si l’Etat ne relève pas rapidement le prix baguette, fixé depuis 2024 à 150 francs CFA, soit environ 0,25 dollar. Leur principale organisation professionnelle réclame un nouveau tarif à 200 francs CFA, près de 0,33 dollar, en invoquant une hausse continue des coûts de production et l’absence des mesures d’accompagnement promises par les autorités.
Le différend intervient deux ans après la baisse décidée par le nouveau pouvoir sur plusieurs produits de première nécessité, dont le pain. Cette réduction, présentée à l’époque comme un signal fort en faveur du pouvoir d’achat, avait fait passer le prix de la baguette de 175 à 150 francs CFA. Mais les représentants du secteur estiment désormais que ce niveau n’est plus viable pour une partie des 2.500 boulangeries du pays.
Pourquoi le prix baguette est devenu un point de tension au Sénégal
Les boulangers expliquent que l’équilibre économique de leurs entreprises s’est dégradé avec l’augmentation du prix de la levure et celle du diesel, utilisé notamment pour alimenter les fours. Ils affirment aussi que les engagements pris en 2024 pour compenser la baisse imposée n’ont pas été suivis d’effet. Parmi ces engagements figuraient un meilleur encadrement de l’ouverture de nouvelles boulangeries afin d’éviter une concentration excessive de points de vente, ainsi qu’un contrôle plus strict de la commercialisation du pain en dehors des circuits agréés.
Selon la fédération du secteur, de nombreux professionnels vendent désormais à perte, ce qui fragilise un maillon essentiel de l’alimentation urbaine et périurbaine. Le pain occupe une place centrale dans la consommation quotidienne au Sénégal, notamment dans les grandes villes où il constitue un produit de base pour de nombreux ménages. Toute perturbation de la filière pourrait donc avoir des répercussions immédiates sur les habitudes alimentaires et sur les dépenses des familles, dans un contexte où la question du coût de la vie reste politiquement sensible.
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