RDC : l’épidémie d’Ebola reste très active
La République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une épidémie d’Ebola particulièrement préoccupante. Près de deux mois après sa déclaration officielle, la maladie poursuit sa propagation dans l’est du pays, où les autorités sanitaires font état de 1.792 cas confirmés et de 625 décès. Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a averti que le pays se trouvait toujours dans une phase « très active » de l’épidémie, sans qu’il soit encore possible de déterminer le moment où celle-ci atteindra son pic.
Une épidémie toujours en forte progression
Lors d’un point de presse organisé jeudi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a souligné que la situation sanitaire demeurait préoccupante. « Nous sommes encore en phase active, très active même de la maladie », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une évolution encore difficile à anticiper.
Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires congolaises, 1.792 cas confirmés ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie. Le bilan humain s’élève désormais à 625 décès.
Parallèlement, 764 patients sont actuellement hospitalisés ou placés en isolement afin de limiter la propagation du virus, tandis que 295 personnes ont pu être déclarées guéries.
L’Ituri, principal foyer de l’épidémie
Déclarée le 15 mai dernier, l’épidémie touche désormais 36 zones sanitaires réparties dans trois provinces de l’est de la RDC : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. La province de l’Ituri demeure de loin la plus affectée. D’après les autorités congolaises, elle concentre plus de 91% des cas confirmés et près de 84% des décès recensés depuis le début de la flambée.
Lire aussi : L’Ouganda affirme avoir contenu l’épidémie d’Ebola et attend la fin officielle de la crise
La transmission communautaire continue d’y être particulièrement active, compliquant les efforts des équipes sanitaires déployées sur le terrain. Les autorités sanitaires estiment qu’il est encore trop tôt pour prévoir le moment où l’épidémie atteindra son niveau maximal.
Roger Kamba a expliqué que plusieurs facteurs rendent les projections particulièrement difficiles. La forte densité de population dans certaines zones, l’importante mobilité des habitants ainsi que les difficultés rencontrées dans les actions de sensibilisation et d’engagement communautaire freinent les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission. « Nous ne pouvons pas encore déterminer aujourd’hui le moment où l’épidémie atteindra son pic », a indiqué le ministre.
Une surveillance renforcée
Face à cette situation, les opérations de surveillance épidémiologique se poursuivent dans les provinces concernées. Selon les données relayées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la souche Bundibugyo du virus Ebola continue d’évoluer rapidement, avec une transmission soutenue.
Au 1er juillet, au moins 10.821 personnes ayant été en contact avec des cas confirmés avaient été identifiées et faisaient l’objet d’un suivi sanitaire en Ituri et au Nord-Kivu.
Le suivi des contacts constitue l’un des principaux leviers de la riposte afin d’identifier rapidement les nouveaux cas, de limiter les contaminations et d’interrompre les chaînes de transmission.