Les mangues ivoiriennes face à l’arrêt des exportations vers l’UE
L'Europe était le débouché principal des mangues ivoiriennes qui sont vendues hors du continent © CC0 Pixabay/Contributeur En Côte d’Ivoire, la filière des mangues ivoiriennes se réorganise après l’interdiction d’exporter des fruits frais vers l’Union européenne, appliquée en pleine campagne 2026. Cette mesure frappe l’un des débouchés les plus rémunérateurs du secteur et oblige producteurs, exportateurs et autorités à revoir rapidement leurs circuits de commercialisation.
Le blocage concerne un produit agricole important pour le nord du pays, notamment autour de Korhogo, Ferkessédougou et Boundiali, où la mangue fait vivre des milliers de ménages. A court terme, Abidjan cherche à limiter les pertes, à écouler les volumes vers d’autres marchés et à renforcer les contrôles phytosanitaires, c’est-à-dire les vérifications sanitaires destinées à empêcher la propagation de ravageurs.
Pourquoi les mangues ivoiriennes sont au cœur d’un défi commercial et sanitaire ?
La décision européenne intervient dans un contexte de vigilance accrue sur la qualité sanitaire des produits agricoles importés. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu dépasse la seule campagne en cours : il s’agit de préserver la crédibilité de toute une chaîne exportatrice, depuis les vergers jusqu’aux stations de conditionnement, en passant par le transport et l’inspection avant expédition.
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La filière mango représente habituellement plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an, avec une part orientée vers l’Europe pour sa valeur ajoutée plus élevée. Une fermeture de ce marché entraîne mécaniquement une pression sur les prix payés aux producteurs, un risque d’invendus et des pertes post-récolte accrues, faute de capacités suffisantes de transformation et de conservation. Dans ce type de crise, les unités produisant des jus, des purées ou des mangues séchées deviennent un levier essentiel, mais elles ne peuvent pas absorber immédiatement tous les volumes destinés au frais.
Les autorités ivoiriennes devraient donc combiner plusieurs réponses : intensifier la lutte contre les parasites dans les zones de production, améliorer le tri et la traçabilité, et diversifier les débouchés vers les marchés régionaux ou moyen-orientaux.