Le café mondial se dirige vers une récolte record en 2026/2027
Le café mondial devrait atteindre un niveau inédit lors de la campagne 2026/2027, avec une production estimée à 189,6 millions de sacs de 60 kg à partir d’octobre prochain. Cette projection, publiée le 21 juillet, confirme une forte progression de l’offre internationale après 178,8 millions de sacs un an plus tôt, dans un marché dominé par le Brésil, la Colombie, l’Ethiopie et le Vietnam.
Pour l’Afrique, cette dynamique concerne directement plusieurs producteurs majeurs, en particulier l’Ethiopie, premier exportateur du continent, ainsi que l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la Tanzanie. Dans un contexte où les chaînes agricoles restent sensibles aux aléas climatiques, aux coûts logistiques et à la volatilité des prix, cette récolte record pourrait peser sur les revenus des paysans tout en consolidant la place du continent dans les échanges mondiaux.
Une offre abondante pour le café mondial, avec l’Afrique dans l’équation
La hausse attendue de la production repose d’abord sur l’arabica, qui devrait atteindre 105,86 millions de sacs, soit plus de 10 millions supplémentaires sur un an. Le Brésil, qui représente à lui seul près de 45 % de la production mondiale, resterait le principal moteur de cette progression. Des améliorations sont également signalées en Colombie, en Éthiopie et au Honduras. A l’inverse, le robusta reculerait légèrement à 83,8 millions de sacs. La progression du Vietnam ne suffirait pas à compenser les replis annoncés au Brésil et en Indonésie.
Ethiopie : les exportations de café ont atteint 1,87 milliard de dollars
La consommation suivrait néanmoins la même tendance, avec un record attendu à 179,7 millions de sacs. La reprise de la demande dans l’Union européenne et aux Etats-Unis, qui concentrent ensemble une large part des achats mondiaux, soutiendrait ce niveau. L’écart entre production et consommation laisserait toutefois persister une offre abondante sur le marché. Pour les pays africains exportateurs, cette situation peut favoriser les volumes vendus, mais elle risque aussi d’accentuer la pression sur les cours internationaux si l’excédent se confirme au fil de la campagne.
A l’échelle panafricaine, l’enjeu dépasse la seule performance agricole. Le café reste une source essentielle de devises, d’emplois ruraux et de revenus pour des millions de ménages, notamment en Afrique de l’Est et en Afrique centrale. Dans plusieurs pays membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe ou de la Communauté d’Afrique de l’Est, la filière est au cœur des stratégies de diversification des exportations.
La Banque africaine de développement soutient d’ailleurs, dans plusieurs régions, des programmes visant à améliorer les rendements, la transformation locale et l’accès aux marchés. Si le café mondial entre dans une phase de surabondance, la compétitivité africaine dépendra donc autant de la qualité des récoltes que de la capacité des pays producteurs à mieux valoriser leur production sur place.