Incertitudes à Tunis

Temps de lecture :
Panneau publicitaire élections législative
A A A A A

Les élections législatives qui viennent de se dérouler en Tunisie ajoutent encore plus d’incertitudes sur ce pays que même les analystes les plus pessimistes n’auraient imaginé. Avec seulement 8,8% de participation, soit moins d’un électeur sur dix, les Tunisiens ont clairement exprimé leur désapprobation de la direction dans laquelle les conduit Kaïs Saïed.

À ce niveau d’abstention, ces législatives n’ont aucune légitimité. Il s’agit surtout d’un désaveu cinglant de la stratégie de la table rase choisie par ce président qui prétendait «agir au nom du peuple et des intérêts supérieurs de la Nation» lorsqu’il décida de neutraliser les institutions issues de la Révolution de 2011. Or, c’est ce même peuple qui vient de lui signifier qu’il a fait fausse route. Il faut juste espérer que Kaïs Saïed reconnaisse qu’il file le mauvais coton. Vu l’arrogance du personnage et le mépris qu’il exprime à l’égard de forces politiques et de tous ceux qui ne pensent pas comme lui, rien n’est moins sûr. Et c’est cela, le plus grand danger car le statu quo ne peut que mener à la déstabilisation de ce pays.

Finalement, le seul « acquis » du scrutin du samedi 17 décembre aura été la transparence dont a fait preuve l’Instance supérieure indépendante pour les élections et la non-ingérence du pouvoir dans le processus. C’est très rare pour être souligné. Car dans la majorité des États africains, aucun régime en place n’aurait affiché un tel niveau d’abstention. Les «ingénieurs» électoraux du pouvoir auraient tout fait pour fabriquer des taux de participation frôlant les 90%. Maigre consolation.

Recommandé pour vous

Gabon : l’audit ramène le taux d’endettement sous le seuil de 70%

Le Gabon ramène son taux d’endettement à 68,91% après un audit, contre 84% auparavant, grâce à une révision de la dette et du PIB.

Afrique du Sud : Pretoria préoccupée par les restrictions américaines sur les visas

Pretoria dénonce les restrictions américaines sur les visas visant des responsables sud-africains et appelle Washington à privilégier le dialogue diplomatique.

Mauritanie : l’ambassadeur iranien convoqué à Nouakchott

La Mauritanie a convoqué l’ambassadeur iranien après des « déplacements » jugés contraires aux usages diplomatiques, sur fond de controverse autour d’une visite à Bousdeïra.

18 candidats retenus pour la présidentielle de 2027 au Nigéria

Parmi les principales figures en lice figurent le président sortant Bola Ahmed Tinubu (APC), candidat à sa réélection, et l'ancien vice-président Atiku Abubakar (ADC).

L’Afrique, les Etats-Unis et la bataille des cartes

Une carte peut-elle fausser notre vision de l’Afrique ? En changeant de projection, l’ONU veut remettre les continents à leur vraie taille. Une décision scientifique… en apparence.

Gabon : le gouvernement suspend les nouvelles exonérations fiscales et douanières

Le Gabon suspend les exonérations fiscales et douanières, après un manque à gagner de plus de 393 millions d’euros au 31 juillet 2026.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire