Au Maghreb, la fécondité en baisse redessine la démographie

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Fécondité au Maroc : entre reprise légère et influences socio-économiquesImage d'illustration © HCP
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Au Maghreb, la fécondité recule à des niveaux historiquement bas, selon une étude publiée en mai par des chercheuses de l’Institut national d’études démographiques. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont concernés par cette évolution, qui modifie déjà la structure de leur population et interroge leurs besoins futurs en emploi, protection sociale et services publics.

Dans les années 1970, les femmes de ces trois pays avaient en moyenne entre sept et huit enfants. Aujourd’hui, la Tunisie enregistre la baisse la plus marquée avec 1,53 enfant par femme, tandis que le Maroc se situe à 1,97, soit sous ou proche du seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1 enfants par femme. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large : à l’échelle mondiale, près des deux tiers de la population vivent désormais dans des pays sous ce seuil.

Une fécondité en baisse aux effets durables sur le Maghreb

Plusieurs facteurs expliquent ce changement. Les mariages interviennent plus tard, les études se prolongent davantage pour les femmes et les couples arbitrent plus strictement leurs projets familiaux face à la hausse du coût de la vie. Le logement, l’alimentation, la santé et l’éducation pèsent davantage dans les budgets, ce qui pousse de nombreux ménages à privilégier des familles plus petites.

Au Maroc, le recours accru à la contraception participe aussi à cette transformation, après un rebond temporaire observé dans les années précédentes. En Algérie comme en Tunisie, les mêmes ressorts économiques et sociaux semblent à l’œuvre, avec une attention plus forte portée à la stabilité professionnelle avant la naissance d’enfants. Cette évolution traduit aussi une mutation des normes familiales et du rapport à la parentalité dans des sociétés urbaines en recomposition.

Les conséquences dépassent le cadre national. A moyen terme, la baisse de la natalité pourrait accélérer le vieillissement de la population, réduire la part des actifs et accroître la pression sur les systèmes de retraite et de santé.

En Tunisie, des spécialistes estiment déjà qu’un recours plus important à une main-d’œuvre étrangère pourrait devenir nécessaire dans les prochaines années. Pour l’ensemble du continent, cette trajectoire distingue de plus en plus l’Afrique du Nord d’autres régions africaines où la croissance démographique reste soutenue.

Elle pose aussi un enjeu de coordination avec les institutions régionales et continentales, notamment l’Union africaine et la Banque africaine de développement, sur l’emploi, la mobilité de la main-d’œuvre et l’adaptation des politiques sociales. Dans cet espace maghrébin, la transition démographique n’est donc plus une perspective lointaine, mais une réalité qui oblige les Etats à revoir leur planification économique, éducative et sanitaire.

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