Ebola : l’OMS alerte sur une épidémie détectée tardivement
Le virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) franchit un nouveau seuil critique. Selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la flambée a dépassé les 4400 cas confirmés et les 2000 décès, faisant de cet épisode le deuxième plus meurtrier de l’histoire d’Ebola.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti le 12 août que l’épidémie pourrait dépasser le bilan de la flambée qui avait frappé la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone entre 2014 et 2016. Cette dernière avait causé plus de 28.000 cas et quelque 11.000 décès. L’épidémie actuelle touche cinq provinces et 53 zones de santé, avec une concentration particulièrement forte en Ituri, où sont recensés environ 90% des cas et 80% des décès.
L’OMS estime surtout que le virus circulait depuis plusieurs mois avant son identification officielle. L’organisation a confirmé que la flambée avait probablement commencé en février, alors que la déclaration officielle n’est intervenue que le 15 mai. Une enquête rétrospective a identifié plus de 500 cas suspects entre la mi-janvier et cette date. Certains premiers cas auraient été attribués au paludisme ou à la typhoïde, tandis que les analyses initiales ciblaient principalement la souche Zaïre.
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Fragilisation de la surveillance sanitaire
Ce retard de détection intervient dans un contexte de fragilisation des dispositifs de surveillance sanitaire. L’OMS souligne que les conflits, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux soins compliquent le suivi des chaînes de transmission. Entre 60 et 70% des décès surviendraient dans les communautés, en dehors des centres de traitement et des listes de contacts suivis. Le taux de suivi des contacts atteint actuellement 80%, mais l’objectif fixé pour mieux contrôler la propagation est de 95%.
Sur le front vaccinal, l’OMS recommande d’évaluer l’efficacité d’Ervebo, un vaccin homologué contre la souche Zaïre, dans le cadre d’un essai clinique de phase 3 en RDC. Gavi doit contribuer à hauteur de 40 millions de dollars et fournir des doses. Des recherches sont également menées sur des candidats spécifiquement conçus contre la souche Bundibugyo.
Parallèlement, l’Afrique fait face à d’autres alertes sanitaires. L’UNICEF a lancé un appel de 15 millions de dollars pour renforcer la lutte contre le choléra dans six pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. En Ouganda, deux cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo ont aussi été confirmés dans le district de Yumbe, dont un mortel.