Afrique du Sud : Ramaphosa anticipe une rupture commerciale avec Washington
Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, appelle son pays à se préparer à une éventuelle interruption de la coopération commerciale avec les États-Unis. En cause, la dégradation des relations bilatérales sous Donald Trump et les incertitudes entourant le maintien de Pretoria dans le programme commercial américain AGOA.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé à anticiper une possible rupture des échanges commerciaux avec les États-Unis, dans un contexte de tensions croissantes entre Pretoria et Washington. S’adressant à la presse, le chef de l’État a souligné la nécessité de se préparer à cette éventualité, alors que l’administration de Donald Trump multiplie les critiques à l’égard des autorités sud-africaines.
Au cœur des inquiétudes figure la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA), un dispositif américain qui accorde aux pays d’Afrique subsaharienne éligibles un accès préférentiel au marché des États-Unis. Selon Africanews, citant l’Agence France-Presse (AFP), le Congrès américain a approuvé une prolongation du programme jusqu’à fin 2028. Le texte doit toutefois encore être signé par Donald Trump, une étape dont l’issue demeure incertaine.
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L’AGOA au centre des tensions
L’éligibilité de l’Afrique du Sud à ce mécanisme fait l’objet d’un examen attentif dans un climat marqué par les différends politiques entre les deux pays. Donald Trump a notamment relayé des accusations de persécutions raciales visant les Afrikaners blancs, que le gouvernement sud-africain a rejetées. Washington reproche également à Pretoria des pratiques discriminatoires envers cette communauté, des accusations contestées par les autorités sud-africaines.
Une éventuelle exclusion de l’AGOA pourrait avoir des répercussions importantes sur l’économie du pays. L’Afrique du Sud figure parmi les principaux bénéficiaires de ce dispositif, qui facilite l’accès de ses exportations au marché américain en réduisant, voire en supprimant, certains droits de douane pour les produits admissibles.
Le secteur automobile est particulièrement concerné. Les exportations de véhicules sud-africains vers les États-Unis bénéficient de ces avantages tarifaires, et le marché américain constitue, selon les éléments rapportés par Africanews, la deuxième source de recettes d’exportation du pays vers cette destination.
Face à ce risque, Cyril Ramaphosa affirme envisager une diversification des débouchés commerciaux afin de limiter les conséquences d’une éventuelle exclusion du programme. Cette orientation ne signifie pas qu’une rupture est actée, mais traduit la volonté de Pretoria de se préparer à une dégradation supplémentaire des relations économiques avec Washington.
À ce stade, l’issue dépend notamment de la décision de Donald Trump concernant la prolongation de l’AGOA et de l’évolution des tensions diplomatiques entre les deux pays.