Afrique centrale : les réserves en devises en baisse

Temps de lecture :
Les besoins de liquidité des banques atteignent 639 milliards de FCFA dans la CEMACSiège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) © DR
A A A A A

Les réserves en devises chutent dans les pays d’Afrique centrale. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a annoncé une baisse des réserves de change des six pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour l’année 2023. Cette information a été divulguée lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire (CPM) de la banque centrale, qui s’est tenue le 12 décembre 2023 via visioconférence.

Selon la BEAC, les réserves de change garantissant les importations des pays de la CEMAC connaîtraient une diminution significative, passant de 4,95 mois d’importations de biens et services en 2022 à 4,12 mois en 2023. Cette évolution entraînerait également une baisse du taux de couverture extérieure de la monnaie, passant de 73,1% en 2022 à 71,1% en 2023, d’après l’institut d’émission commun aux pays de la CEMAC.

Le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, originaire du Tchad, a pointé du doigt «l’attitude de certains acteurs économiques de la CEMAC qui continuent de chercher à contourner l’obligation de rapatrier les devises issues de leurs activités en dehors de notre zone, comme le prescrit la nouvelle réglementation de change». Néanmoins, il a assuré que «la situation n’est pas critique», soulignant que «le niveau actuel des réserves de la CEMAC reste adéquat pour permettre des importations de biens et services dans des conditions sécurisées».

Pour rappel, une nouvelle réglementation de change, entrée en vigueur depuis janvier 2022, avait permis une hausse significative des réservces de change l’année dernière dans la zone CEMAC. Cette dernière comprend six pays, à savoir le Gabon, le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, la République du Congo et la Guinée équatoriale. Ils partagent tous le franc CFA comme monnaie locale et leurs réserves en devises et en or sont déposées à la BEAC basée à Yaoundé.

Lire aussi : CEMAC : la BEAC relève son taux directeur pour contenir l’inflation

Recommandé pour vous

Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : pourquoi la répression peine à tarir les filières clandestines ?

Malgré 8.500 sites démantelés, l’orpaillage illégal résiste en Côte d’Ivoire. Derrière les mineurs, financeurs, acteurs locaux et réseaux transfrontaliers structurent la filière.

FMI-Sénégal : une mission attendue à Dakar dès le 19 août

Une mission du FMI se rendra au Sénégal du 19 août au 1er septembre pour discuter avec les autorités sénégalaises des finances publiques, de la dette et d’un nouveau programme.

La croissance tunisienne ralentit au deuxième trimestre 2026

En Tunisie, l’agriculture, les services et la construction résistent, mais le recul des mines et des hydrocarbures freine la dynamique. Les détails à retenir.

Dette sans issue

Le Sénégal croule sous une dette de 24.000 milliards FCFA. En 2026, la facture explose. Jusqu’où l’Etat pourra-t-il tenir avant que les citoyens paient l’addition ?

Inde-Afrique : New Delhi se tourne vers les producteurs africains d’engrais

Les perturbations autour du détroit d'Ormuz poussent l'Inde à revoir en profondeur ses circuits d'approvisionnement en engrais en se tournant vers le marché africain, dont le Maroc

Tanzanie : un programme de 231 millions de dollars pour développer le secteur laitier

La Tanzanie a lancé un programme de 231 millions de dollars destiné à développer son secteur laitier au cours des dix prochaines années, selon les données du ministère de l’Élevage
pub