Inde-Afrique : New Delhi se tourne vers les producteurs africains d’engrais
Les perturbations autour du détroit d’Ormuz poussent l’Inde à revoir en profondeur ses circuits d’approvisionnement en engrais. Pour limiter sa dépendance aux fournisseurs du Golfe, New Delhi élargit désormais ses partenariats vers les producteurs africains, qui voient ainsi s’ouvrir de nouvelles perspectives sur le marché indien.
Des importations chinoises en net recul
Cette réorientation s’explique aussi par la chute des exportations chinoises de phosphate diammonique (DAP) vers l’Inde, tombées d’environ 2,2 millions de tonnes en 2023-2024 à moins de 900.000 tonnes l’année suivante. Pour compenser ce manque, le gouvernement indien a multiplié les accords avec d’autres fournisseurs internationaux, notamment le Maroc, dont le groupe OCP s’est engagé à livrer 2,5 millions de tonnes d’engrais phosphatés.
Une facture budgétaire en forte hausse
Face à la flambée des prix mondiaux, le ministère indien des Engrais propose de porter les subventions publiques à plus de 37 milliards de dollars, contre environ 18,6 milliards initialement prévus. Dans le même temps, les prévisions de consommation ont été révisées à la baisse, en raison d’anticipations de précipitations moins favorables pour la prochaine saison agricole.
Pour les producteurs africains, l’enjeu dépasse la simple opportunité conjoncturelle liée aux tensions géopolitiques : il s’agit désormais de transformer ces échanges ponctuels en relations commerciales durables. Le prix, les volumes disponibles et la fiabilité des liaisons maritimes seront déterminants dans cette perspective.
Le marché africain des produits agrochimiques, estimé à environ 12,2 milliards de dollars en 2025, pourrait atteindre plus de 15 milliards de dollars d’ici 2031, les engrais représentant déjà plus de la moitié de cette valeur.