Inde-Afrique : New Delhi se tourne vers les producteurs africains d’engrais

Temps de lecture :
WhatsApp Image 2026 08 13 at 12.08.27Image d’illustration © DR
A A A A A

Les perturbations autour du détroit d’Ormuz poussent l’Inde à revoir en profondeur ses circuits d’approvisionnement en engrais. Pour limiter sa dépendance aux fournisseurs du Golfe, New Delhi élargit désormais ses partenariats vers les producteurs africains, qui voient ainsi s’ouvrir de nouvelles perspectives sur le marché indien.

Des importations chinoises en net recul

Cette réorientation s’explique aussi par la chute des exportations chinoises de phosphate diammonique (DAP) vers l’Inde, tombées d’environ 2,2 millions de tonnes en 2023-2024 à moins de 900.000 tonnes l’année suivante. Pour compenser ce manque, le gouvernement indien a multiplié les accords avec d’autres fournisseurs internationaux, notamment le Maroc, dont le groupe OCP s’est engagé à livrer 2,5 millions de tonnes d’engrais phosphatés.

Une facture budgétaire en forte hausse

Face à la flambée des prix mondiaux, le ministère indien des Engrais propose de porter les subventions publiques à plus de 37 milliards de dollars, contre environ 18,6 milliards initialement prévus. Dans le même temps, les prévisions de consommation ont été révisées à la baisse, en raison d’anticipations de précipitations moins favorables pour la prochaine saison agricole.

Pour les producteurs africains, l’enjeu dépasse la simple opportunité conjoncturelle liée aux tensions géopolitiques : il s’agit désormais de transformer ces échanges ponctuels en relations commerciales durables. Le prix, les volumes disponibles et la fiabilité des liaisons maritimes seront déterminants dans cette perspective.

Le marché africain des produits agrochimiques, estimé à environ 12,2 milliards de dollars en 2025, pourrait atteindre plus de 15 milliards de dollars d’ici 2031, les engrais représentant déjà plus de la moitié de cette valeur.

Recommandé pour vous

BAD : un plan de 5,1 milliards USD pour l’Afrique

La BAD mobilise 5,1 milliards de dollars pour aider les pays africains à faire face aux tensions sur l’énergie, les engrais et les denrées alimentaires.

Corde commune

Trois missions du FMI en quelques jours au Congo, au Gabon et au Cameroun. Le Fonds ne se déplace jamais pour le tourisme. Il vient compter.

Sénégal : le gouvernement veut renouer avec le secteur privé

Au Sénégal, le gouvernement veut apurer une partie de ses dettes envers les entreprises privées et renouer le dialogue avec un secteur confronté à un climat des affaires tendu.

Afrique-Chine : le déficit commercial atteint 80 milliards de dollars

Le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine atteint 80,07 milliards de dollars sur huit mois, malgré la hausse des échanges et des exportations.

Burkina Faso : 184 millions de dollars pour accélérer l’électrification

Le Burkina Faso prévoit 184 millions de dollars pour renforcer ses réseaux électriques et porter le taux d’électrification à 70% d’ici 2030, tout en réduisant les importations.

Illusion californienne

Uber quitte le Nigeria et l’Ouganda sans un mot et sans regret, laissant de nombreux chauffeurs sur le carreau, des dettes sur les bras.
pub