African Digital Summit : l’avenir de la télévision en débat

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African Digital Summit : l’avenir de la télévision en débatAfrican Digital Summit (ADS) © LeBrief

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Ce n’est pas une révélation, mais la tendance s’accélère. Les Marocains regardent de moins en moins la télévision. Smartphone, tablette, ordinateur… les jeunes privilégient de plus en plus les écrans connectés et délaissent la télévision au profit des émissions en replay. De quoi obliger les éditeurs à s’adapter et à revoir leurs offres pour asseoir leur présence sur tout type d’écran.

Tenu à Casablanca, l’African Digital Summit (ADS), organisé par le Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), a réuni pour sa deuxième journée de son édition 2023, un parterre de professionnels du digital et de speakers de haut niveau venus des quatre coins du monde pour partager leurs expériences et connaissances dans le digital.

Annonceurs, professionnels du marketing et du digital, éditeurs, médias et agences africaines et internationales, ont ainsi participé à cette manifestation continentale pour discuter, dans le cadre de masterclass et de panels, des dernières technologies digitales, mais aussi des différents challenges que connaît le secteur.

Lire aussi : African Digital Summit : enjeux et tendances du marketing créatif

 La télévision attire moins les jeunes adultes

Quelles sont les perspectives de la télévision traditionnelle à l’ère du digital ? Telle est la question principale à laquelle a tenté de répondre un panel organisé, ce vendredi 3 mars, en marge de l’ADS.

Modérée par Mostapha Mellouk, co-fondateur et directeur associé de Smart studio, cette rencontre a vu la participation d’une brochette de responsables du secteur médiatique, à savoir Salim Cheikh, directeur général de 2M, Bissane Khairat, directrice Marketing de la SNRT, et Robert Hurt, chercheur à l’Union européenne de radio-télévision.

La discussion a notamment mis l’accent sur les défis majeurs auxquels font face de nombreux médias traditionnels avec l’essor de nouvelles technologies numériques. Elle a aussi insisté sur l’importance de repenser la production, les supports et le modèle énonciatif télévisuel pour être en phase avec les exigences de cette ère numérique. Le panel a relevé, en outre, le fait que les jeunes adultes regardent moins la télévision de nos jours, tout en soulignant les effets de la pandémie sur la consommation de télévision au Maroc.

Dans ce sens, Salim Cheikh a déclaré que la consommation de la télévision dans le pays a connu une hausse notable en 2020, année ayant marqué le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Selon lui, l’audience TV a augmenté de 5% au cours des 10 dernières années. Aussi, le temps de consommation de la TV est passé de 3h22 minutes en 2012 à 3h43 min en 2022. Revenant sur « Lmektoub », diffusé pendant Ramadan 2022, Cheikh a indiqué que «cette série a été très suivie à la télé, mais aussi sur Youtube et autres plateformes digitales, avec 25% de vues uniquement sur les réseaux sociaux. Cela prouve le poids important du numérique».

African Digital Summit : l’avenir de la télévision en débat

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Les programmes doivent être adaptés aux besoins des jeunes

De son côté, Robert Hurt estime que «nous vivons dans un monde de visionnage hybride, où la télévision linéaire et les options de diffusion à la demande, traditionnelles ou nouvelles, comme les abonnements payants, forment un écosystème quelque peu unifié». Et d’appeler à adapter les programmes télévisés aux besoins des jeunes adultes qui s’éloignent de plus en plus des médias traditionnels vers les nouvelles technologies numériques.

De même, Bissane Khairat, a souligné que les jeunes adultes regardent moins la télévision, et a fait savoir que le futur de celle-ci sera celui de la personnalisation. Elle a ainsi expliqué que cette catégorie de la société préfère regarder notamment des programmes en différé ou sur des plateformes en ligne. Les jeunes sont, de plus, attirés par des contenus interactifs et apprécient que ces derniers soient personnalisés avec des programmes qui correspondent à leurs centres d’intérêt et à leurs goûts.

Pour rappel, le GAM a été créé en 1984. Il se présente aujourd’hui comme le représentant unique des annonceurs, des marques et des marketeurs. Il compte actuellement une centaine d’entreprises adhérentes, de toutes tailles et de tous secteurs d’activité (multinationales, grands groupes nationaux, PME) qui représentent plus de 90% des investissements publicitaires au Maroc.

L’action du GAM consiste à développer le professionnalisme dans la pratique de la publicité en renforçant l’expertise de ses adhérents en matière de marketing et de communication d’une part. Il cherche, d’autre part, à promouvoir une publicité responsable et respectueuse du public nécessaire à l’établissement de la confiance entre les consommateurs et les entreprises.

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