Incertitudes à Tunis

Temps de lecture :
Panneau publicitaire élections législative
A A A A A

Les élections législatives qui viennent de se dérouler en Tunisie ajoutent encore plus d’incertitudes sur ce pays que même les analystes les plus pessimistes n’auraient imaginé. Avec seulement 8,8% de participation, soit moins d’un électeur sur dix, les Tunisiens ont clairement exprimé leur désapprobation de la direction dans laquelle les conduit Kaïs Saïed.

À ce niveau d’abstention, ces législatives n’ont aucune légitimité. Il s’agit surtout d’un désaveu cinglant de la stratégie de la table rase choisie par ce président qui prétendait «agir au nom du peuple et des intérêts supérieurs de la Nation» lorsqu’il décida de neutraliser les institutions issues de la Révolution de 2011. Or, c’est ce même peuple qui vient de lui signifier qu’il a fait fausse route. Il faut juste espérer que Kaïs Saïed reconnaisse qu’il file le mauvais coton. Vu l’arrogance du personnage et le mépris qu’il exprime à l’égard de forces politiques et de tous ceux qui ne pensent pas comme lui, rien n’est moins sûr. Et c’est cela, le plus grand danger car le statu quo ne peut que mener à la déstabilisation de ce pays.

Finalement, le seul « acquis » du scrutin du samedi 17 décembre aura été la transparence dont a fait preuve l’Instance supérieure indépendante pour les élections et la non-ingérence du pouvoir dans le processus. C’est très rare pour être souligné. Car dans la majorité des États africains, aucun régime en place n’aurait affiché un tel niveau d’abstention. Les «ingénieurs» électoraux du pouvoir auraient tout fait pour fabriquer des taux de participation frôlant les 90%. Maigre consolation.

Recommandé pour vous

Libye : un accord électoral sans le soutien de Haftar

Les institutions libyennes annoncent une feuille de route électorale pour février 2027, mais le camp Haftar rejette l’accord et privilégie un autre plan politique.

Guinée équatoriale : le gouvernement remet sa démission après une évaluation interne

Le gouvernement de la Guinée équatoriale a démissionné après une évaluation révélant un taux d’exécution de 10% des objectifs fixés, sur fond de difficultés économiques.

RDC : des discussions secrètes engagées entre Kinshasa et la rébellion de Thomas Lubanga

La RDC et la rébellion de Thomas Lubanga ont engagé des discussions secrètes sous médiation ougandaise. Un dialogue initié en avril reste bloqué malgré un cessez-le-feu annoncé.

Mali : l’armée annonce la neutralisation d’un chef terroriste de « premier plan »

L’armée malienne affirme avoir neutralisé, par frappe de drone à Mougnan, un chef terroriste opérant au Mali et au Burkina Faso, lié au MUJAO.

Sénégal : le Conseil constitutionnel saisi sur Ousmane Sonko

Au Sénégal, le Conseil constitutionnel est sollicité sur l’élection d’Ousmane Sonko à l’Assemblée. Les enjeux politiques à comprendre.

Géopolitique de l’Afrique : comment le continent reconquiert son récit stratégique ?

Après dix ans d’existence, le rapport RAGA 2026 montre que l’Afrique cesse d’être un terrain de jeu pour devenir un acteur qui pèse dans les rivalités mondiales. Les détails.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire