Croissance africaine : l’horizon se voile

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BAD : le changement climatique coûte à l’Afrique 15% de son PIB par habitantImage d'illustartion © Neil Palmer/CIAT/Flickr
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La conjoncture économique et géopolitique volatile et incertaine compromet la reprise économique dans plusieurs pays et anéantit les efforts des gouvernements pour juguler les chocs. En Afrique subsaharienne, la croissance se limitera à 3,3% avec des performances variées selon les régions en fonction du degré d’exposition aux chocs.

7 ans de perdu ! La multiplication des chocs depuis 2020 a ramené la pauvreté et la vulnérabilité au Maroc au niveau de 2014. La crise du covid et l’inflation ont fait basculer 3,2 millions personnes supplémentaires dans la précarité. Pourtant, les dispositifs anti-covid et de protection du pouvoir d’achat sont assez exceptionnels sur le continent.

De son côté, le Maroc va mobiliser 32 milliards de DH pour la subvention des prix des produits de base en 2022 et prévoit une enveloppe de 26 milliards de DH en 2023. S’y ajoutent près de 12 milliards de DH de dépenses fiscales (2022) pour préserver le pouvoir d’achat ou encore les hausses du salaire minimum dans la fonction publique ainsi que du SMIG. Le 20 octobre, Nadia Fettah, la ministre des Finances a présenté un projet de budget qui se focalise sur la justice sociale et spatiale, le soutien à l’investissement et le rétablissement des marges budgétaires. L’exécutif cible une croissance de 4% et un déficit budgétaire de 4,5%. Mais, la tâche reste ardue.

 

Une conjoncture compliquée en Afrique

La conjoncture économique et géopolitique, volatile et incertaine, contribue aussi au creusement des inégalités en Afrique subsaharienne. La croissance dans la région se limitera à 3,3% en 2022 selon les nouvelles prévisions de la Banque mondiale contre 3,6% anticipée en avril 2022. En outre, elle perdra 0,8 point par rapport au niveau enregistré en 2021. «Inflation élevée, resserrement des conditions financières à l’échelle internationale, perturbations sur les chaînes d’approvisionnement (exacerbées par la politique du zéro-Covid en Chine) et réchauffement climatique freinent la convergence économique de l’Afrique subsaharienne avec l’économie mondiale», notent les économistes du groupe Crédit Agricole. Le niveau de performance des économies varie par ailleurs en fonction du degré d’exposition à ces chocs. Les pays de l’Afrique de l’Ouest, plus particulièrement ceux de la zone Uemoa, se montrent plus résilients avec une production qui devrait augmenter de 4,9% en 2022 avant d’accélérer à 6,4% en 2023 puis 7% en 2024. Les pays de la Cemac sont crédités d’une croissance de 3,3% en 2022 et 3,1% en 2023.

Lire aussi : Hausse des taux d’intérêt : la triple menace pour les pays en développement

 

La forte dépendance envers le reste du monde

Les risques entourant ces prévisions sont à un niveau élevé. L’Afrique subsaharienne reste tributaire de la demande du reste du monde pour ses exportations. La probabilité croissante d’une récession dans la zone euro et aux États-Unis réduira les exportations de matières premières et supprimera la croissance. «Un tel choc pourrait également agir à travers ses effets sur les prix des matières premières. Environ 50% des fluctuations du cycle économique des pays africains peuvent s’expliquer par les termes de l’échange. Des termes de l’échange défavorables affecteront directement la croissance, l’inflation, la dette publique et, dans une certaine mesure, l’accès aux marchés financiers», relève la Banque mondiale.

Les menaces pour les économies africaines sont aussi d’ordre interne. Les dernières crises ont significativement réduit l’espace budgétaire. Et, la situation pourrait s’aggraver, notamment pour les pays qui ont perdu l’accès au marché du crédit et qui sont surendettés ou risquent de l’être. Par ailleurs, les périodes d’insécurité alimentaire dans la région deviennent plus fréquentes et plus profondes. Selon les estimations, un quart de la population pourrait se trouver en situation de sous-alimentation d’ici à 2030. En 2021, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère s’élevait à 294 millions, contre 243 millions en 2019.

Lire aussi : Financement : les obstacles de l’épargne domestique

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