Royal Air Maroc face à la pire crise de son histoire

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Décidément, l’année 2020 n’a pas du tout été clémente pour la Royal Air Maroc (RAM). Selon les propres dires de Abdelhamid Addou, son président directeur général, la compagnie «traverse actuellement la pire crise de son histoire», et ce en raison des effets de la pandémie de la Covid-19. Afin de survivre, le transporteur national a été contraint de revoir sa stratégie et d’implémenter le plan de sauvetage qu’il a mis en place avec le gouvernement. Ledit plan concerne en premier la réduction des effectifs de la RAM. En juillet dernier, 140 employés, âgés plus de 57 ans, ont ainsi pris leurs départs volontaires. Puis, le mois suivant une procédure de licenciement économique a été entamée. Celle-ci a concerné 140 salariés, dont 65 pilotes. In fine, la compagnie, et ses filiales Atlas Multiservices (AMS) et RAM Handling, comptent se séparer d’environ 30% des effectifs, soit près de 900 salariés, dont 150 pilotes.
Bien que l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) ait rejeté la décision de réduire le nombre des effectifs, la direction a maintenu son processus de licenciement. Rappelons que l’AMPL avait proposé de baisser la masse salariale des pilotes de 400 millions de dirhams sur trois ans, en échange de la réintégration des personnes licenciées. Le bras de fer entre l’Association et le RAM a finalement conduit la direction de la compagnie à introduire une plainte devant le tribunal de Casablanca, qui a à son tour ordonné le 25 novembre dernier la dissolution de l’AMPL.
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Réduction de la flotte et des lignes de la RAM
Outre la réduction des effectifs, la RAM compte également réduire sa voilure, qui comprend59 avions, et ce toujours dans le cadre de son plan de restructuration. Un tiers de la flotte (30%), notamment quatre Embraer E190, quatre Dreamliner 787 et douze 737, est désormais destinésà la vente ou à la location.D’ailleurs, selon Le360, qui cite le PDG de RAM, la compagnie «s’apprête à lancer, dans les “jours qui viennent”, un appel d’offres international pour céder 6 avions» Boeing 737-700, qui sont ses plus anciennes machines. Abdelhamid Addoua expliqué à nos confrères que la vente de ces avions était prévue dans deux ans, mais la crise sanitaire «a accéléré cette cession». Et d’ajouter : «Il ne s’agit pas de brader ces actifs. D’un côté, nous ne savons pas comment la demande mondiale du trafic aérien va reprendre et évoluer. De l’autre, le marché mondial des avions est saturé, dans la mesure où beaucoup de grandes compagnies, comme Lufthansa, ont cédé des centaines d’avions».
En outre, la RAM a également fermé 32 lignes «aussi bien en Afrique (Malabo, Luanda, Libreville…) que sur les autres continents (Doha, Boston, Sao Paulo, Miami, Rio de Janeiro, Pékin, Londres, Manchester…)».
Importante chute du chiffre d’affaires et intervention de l’État
Selon le rapport de la Direction des établissements et entreprises publics (DEPP), qui a accompagné le projet de la loi de finances 2021, suite à la baisse de 55% d’heures de vol et de 58% du trafic, la RAM doit s’attendre a une importante détérioration de ses prévisions. Son chiffre d’affaires devrait reculer de 56% de son chiffre d’affaires à 6,63 milliards de dirhams (MMDH), avec un résultat net déficitaire de 3,73 MMDH. Cependant, grâce au soutien de l’État, le transporteur national augmentera son capital de 3,4 MMDH, dans le cadre d’une souscription ouverte du 20 novembre au 20 décembre. De son côté, le Fonds Hassan II injectera, en tant qu’actionnaire de la RAM, 1,5 MMDH. Et 1,17 MMDH sera mobilisé par le gouvernement au profit de la compagnie au titre de la loi de finances 2021, qui s’ajoutera aux 700 millions de dirhams prévues par la loi de finances de 2020. La somme de ces nouveaux financements portera ainsi le capital de la RAM de 3,6 à 7,02 MMDH. Concrètement, l’État financera le plan de sauvetage à hauteur de 6 MMDH, dont 60% (3,6 MMDH) seront des injections d’argent public dans le capital, tandis que les 2,4 MMDH restants prendront la forme de crédits garantis par l’État.
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