Notation : S&P relève la perspective du Maroc

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Chaque année à la même période, Standard & Poor’s actualise la notation du Maroc. Après sa dernière revue, le Maroc a gardé sa note BBB-/A-3. Ce qui change, c’est la perspective de la note qui a été rehaussée de négative à stable.
Sur le site du ministère des Finances, c’est l’un des derniers faits marquants, témoignant de l’importance accordée à la note des agences de notation financières. Puisque tous les investisseurs n’ont pas toujours la possibilité d’effectuer toutes les diligences nécessaires pour apprécier le risque lié à un émetteur, l’opinion des agences de notations financières joue un rôle important dans la prise de décision. La note reflète l’opinion des analystes sur la solvabilité d’un émetteur. Plus elle est élevée, plus le risque de défaut est faible. En plus de Standard&Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s sont les autres agences bien connues.
Des agences qui font la pluie et le beau temps
Le modèle de fonctionnement des agences de notation financières a souvent été décrié, surtout au moment de la crise financière de 2008. Pour aller emprunter sur les marchés, un émetteur, une entreprise ou un État, peut solliciter une notation auprès d’une agence et paye pour cela. Ce principe de l’émetteur-payeur soulève de nombreuses critiques dénonçant le conflit d’intérêts.
La grille de notation des agences est bien connue. Le triple A se trouve en haut de l’échelle et le D, comme défaut est la pire qu’un émetteur puisse obtenir. Ces différentes notes sont classées dans dix catégories. Le BBB-/A-3 du Maroc le place dans la catégorie « investment grade », la quatrième classe selon la classification des agences. La signature du Maroc est de qualité moyenne inférieure. Elle y est depuis 2010. Le Maroc bénéficie de l’investment grade chez Standard&Poor’s et chez Moody’s.
De bonnes perspectives
Le relèvement de la perspective de la note du Maroc chez Standard&Poor’s est soutenu par notamment les nouvelles orientations de la stratégie budgétaire globale telles que les opérations de privatisation, le recours aux financements innovants pour l’investissement public et les opérations de couverture contre la hausse des cours du gaz butane réalisées sur le marché international pour prémunir le budget de l’État d’une augmentation des charges de compensation.
S&P prévoit une stabilisation du déficit budgétaire cette année puis une baisse les années suivantes pour revenir à 3 % à l’horizon 2022. Sans être robuste, la croissance va légèrement accélérer à court terme avec des scores de 3,7 % en 2019 et 4 % en 2020. Pour le Maroc qui prépare une émission à l’international, l’amélioration de la perspective de la note sera un argument à faire valoir pour obtenir de meilleures conditions de financement.
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