La relation banque-client devient de plus en plus tendue

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

La relation banque-client devient de plus en plus tendue

A
A
A
A
A

Les plaintes des clients des banques auprès de Bank Al-Maghrib et du Centre de médiation bancaire ont pris l’ascenseur en 2018. Au total 1 641 dossiers ont été traités par les deux institutions contre 1 004 l’année précédente. À eux seuls, les dossiers instruits par le médiateur bancaire ont doublé et portent sur un montant de 210 millions de DH pour la partie médiation institutionnelle (litige dont le montant est inférieur à 1 million de DH). Dans 7 cas sur 10, l’arbitrage de la banque centrale est en faveur des clients. Le taux de dénouement en faveur des plaignants s’est établi en moyenne à 75 % sur les cinq dernières années.

La relation banque/client s’est beaucoup tendue en 2018 à en croire le nombre de litiges instruits par la banque centrale et le médiateur bancaire. Au total, 1 641 dossiers ont été traités par les deux institutions contre 1 004 l’année précédente. Ces cas sont bien insignifiants par rapport aux centaines de millions d’opérations que traitent les banques chaque année. Cependant, les requêtes qui sont traitées par les banques elles-mêmes sont bien plus importantes. Celles qui parviennent à la Banque centrale ou au médiateur sont celles pour lesquelles la banque et le client n’ont pas trouvé un accord.

En 2018, les dossiers qui sont parvenus au centre de médiation ont doublé à 836 (litiges dont le montant est inférieur à 1 million de DH) et portent sur un montant de 210 millions de DH. Les principaux sujets de discorde n’ont pas beaucoup évolué et concernent la clôture de compte, l’utilisation des moyens de paiement, les conditions de crédit et la contestation des écritures comptables. Malgré le dispositif sur la mobilité bancaire, la clôture de compte par exemple reste un grand sujet de conflit dans la relation. Le manque de communication autour du dispositif et la mauvaise qualité de l’information fournie à la clientèle sont parfois à l’origine de bien de litiges.

En même temps, la méconnaissance des usages bancaires, la portée d’un contrat… peuvent être la source de certains différends. Il n’empêche que dans la majorité des dossiers instruits par la banque centrale, celle-ci donne raison au client. Le taux de dénouement en faveur des plaignants s’est établi à 72 % en 2018 et a été de 75 % en moyenne sur les cinq dernières années. Le médiateur, lui, a permis aux banques et à leurs clients de trouver un terrain d’entente sur la moitié des dossiers examinés en 2018. En revanche, 192 dossiers n’ont pas abouti à un accord.

Le traitement des plaintesne doit pas dépasser quarante jours

Depuis 2016, il y a une procédure stricte à suivre en ce qui concerne le traitement des réclamations. Les banques ont dix jours pour se prononcer sur la non-recevabilité d’une réclamation et doivent motiver leur décision. L’examen d’une plainte ne doit pas dépasser quarante jours ouvrés. Lorsque la banque n’est pas en mesure de respecter ces délais, elle doit avertir le plaignant et lui communiquer le temps de traitement supplémentaire. Le client a le choix d’accepter la solution de la banque ou non.

En cas de rejet, il peut s’adresser au médiateur bancaire. Le recours au médiateur n’est possible qu’après avoir épuisé les procédures internes à la banque, c’est-à-dire qu’un client ne peut s’adresser en premier lieu au médiateur en cas de litige avec sa banque.Le médiateur a 10 jours pour se prononcer sur la recevabilité d’une plainte. En cas d’irrecevabilité, il doit motiver sa décision tout en informant sur les voies de recours possibles. Pour toute demande recevable, la durée de traitement est de 30 jours ouvrés maximum. Les changements imposés par la banque centrale permettent aussi d’identifier facilement le bon interlocuteur en cas de différend avec la banque. Ces dernières doivent créer une entité centrale chargée du traitement des réclamations.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Fils galvanisés : le Maroc impose des droits antidumping sur les importations d’Égypte et des Émirats

Le Maroc applique des droits antidumping pouvant atteindre 52,71% sur les fils galvanisés importés d’Égypte et des Émirats afin de protéger la production nationale.

Ilyasse Rhamir - 29 juillet 2026
La dette des ménages au plus haut depuis 2012

La dette des ménages marocains atteint 456 milliards de DH, un record depuis 2012, sous l'effet des crédits immobilier et consommation, selon un rapport de BAM, l’AMMC et l’ACAPS.

El Mehdi El Azhary - 29 juillet 2026
ONEE : un plan d’investissement de 248 milliards DH d’ici 2030

Plus de 248 milliards de DH seront mobilisés entre 2026 et 2030 pour renforcer les infrastructures électriques et hydriques

Ilyasse Rhamir - 29 juillet 2026
TAMWILCOM et la BERD concrétisent leur partenariat

TAMWILCOM garantit un financement de 250 millions d’euros de la BERD à l’ONEE. Une première au Maroc pour soutenir les investissements dans l’eau et la sécurité hydrique.

El Mehdi El Azhary - 28 juillet 2026
Aéroports du Maroc : les contrôles aux frontières plus rapides

Les voyageurs passent désormais plus rapidement les contrôles aux frontières dans les aéroports marocains, grâce à des délais réduits et une meilleure organisation.

Ilyasse Rhamir - 28 juillet 2026
Banque mondiale : le Maroc au sommet de sa croissance ?

Banque mondiale : le Maroc affiche une croissance record de 4,9% en 2025, mais doit accélérer la transformation numérique pour renforcer durablement sa productivité.

Mouna Aghlal - 28 juillet 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire