Gabon : le gouvernement suspend les nouvelles exonérations fiscales et douanières
Image d'illustration. © DR Le gouvernement gabonais a décidé de mettre un terme, jusqu’à nouvel ordre, à l’octroi de nouvelles exonérations fiscales et douanières. Cette mesure vise à préserver les équilibres budgétaires et à renforcer la transparence dans la gestion des régimes fiscaux dérogatoires.
Dans un communiqué, le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations indique que « toute nouvelle exonération fiscale ou douanière » est désormais interdite, quelle que soit sa forme.
La décision fait suite au constat d’un impact jugé important des exonérations sur les finances publiques au cours des premiers mois de 2026. Le gouvernement entend ainsi mieux évaluer le coût de ces dispositifs pour le budget de l’État.
Plus de 393 millions d’euros de manque à gagner
Selon les données communiquées par le ministère, le manque à gagner lié aux exonérations atteignait, à fin juillet, environ 319 millions d’euros, soit 209,239 milliards de FCFA, pour les services douaniers. Du côté des services fiscaux, le manque à gagner est estimé à 112,7 millions d’euros, correspondant à 74,038 milliards de FCFA.
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Ces montants ont conduit les autorités à engager un audit couvrant la période 2023-2026. Celui-ci doit notamment permettre d’évaluer les contreparties associées aux exonérations ainsi que leurs effets sur les finances publiques et l’activité économique.
La suspension ne concerne pas uniquement les nouvelles demandes. Le ministère précise que les avantages fiscaux et douaniers accordés antérieurement sur la base de décisions administratives sont eux aussi suspendus jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure restera en vigueur dans l’attente des conclusions de l’audit engagé par les autorités gabonaises.
Les opérateurs appelés à respecter leurs obligations
Face à cette nouvelle orientation, les opérateurs économiques sont invités à prendre les dispositions nécessaires afin de se conformer à leurs obligations fiscales et douanières. Ils devront ainsi continuer à effectuer leurs déclarations et à s’acquitter des impôts, droits et taxes auxquels ils sont soumis.
Les dispositifs d’incitation fiscale et douanière prévus par la législation feront, pour leur part, l’objet d’une révision dans le cadre de la prochaine loi de finances. Les nouvelles mesures seront ensuite soumises au Parlement, précise le ministère, dans le cadre du processus d’examen du prochain budget.