Xénophobie en Afrique du Sud : la CEDEAO presse Pretoria

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PurgeDes immigrés en situation irrégulière attendent à Durban, en Afrique du Sud, d'être transférés dans un centre de transit près de la frontière avec le Zimbabwe, le 29 juin © MARCO LONGARI / AFP
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En Sierra Leone, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont haussé le ton face à la xénophobie en Afrique du Sud. Réunis le 19 juillet à Lungi pour leur 69e session ordinaire, ils ont condamné les attaques visant des ressortissants africains, notamment ouest-africains, et demandé à Pretoria de prendre des mesures immédiates pour rétablir la sécurité.

Cette prise de position intervient alors que de nouvelles violences contre des étrangers ravivent un contentieux ancien en Afrique du Sud. Le Ghana et le Nigeria, particulièrement concernés par la présence de leurs communautés sur place, ont plaidé en marge du sommet pour une réponse continentale plus ferme, faisant de ce dossier un enjeu diplomatique au-delà de l’Afrique australe.

La xénophobie relance les tensions entre Pretoria et ses partenaires africains

Dans son communiqué final, la CEDEAO dit sa « profonde préoccupation » face à ce qu’elle décrit comme un phénomène récurrent. L’organisation ouest-africaine demande aux autorités sud-africaines de maîtriser rapidement la situation et de mettre en œuvre des solutions durables pour protéger les ressortissants ouest-africains, mais aussi l’ensemble des citoyens africains installés dans le pays. Le message dépasse la seule sécurité consulaire : il touche à la libre circulation, à la dignité des migrants africains et à la solidarité entre Etats du continent.

Afrique du Sud : la mobilisation anti-immigration maintenue au 30 juin

Les épisodes de violences contre les étrangers ne sont pas nouveaux en Afrique du Sud. Depuis plus d’une décennie, plusieurs flambées ont visé des commerçants, travailleurs et familles venus d’autres pays africains, sur fond de chômage élevé, de fortes inégalités sociales et de tensions autour de l’accès aux services urbains. Ces crises ont régulièrement provoqué des morts, des déplacements de population et des dégâts matériels, tout en fragilisant l’image d’un pays qui reste l’une des principales économies du continent et un acteur diplomatique central au sein de l’Union africaine.

Au-delà de l’indignation, la réaction ouest-africaine pourrait accroître la pression politique sur Pretoria si les violences se poursuivent. La CEDEAO ne dispose pas d’un levier direct sur l’Afrique du Sud, qui appartient à une autre aire régionale, mais son intervention donne une dimension panafricaine au dossier. Elle rejoint les attentes d’autres institutions continentales, notamment l’Union africaine, souvent appelée à défendre plus clairement les droits des migrants africains à l’intérieur même du continent.

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