Mondial 2026 : jusqu’où les sélections africaines peuvent-elles aller ?
Le football africain n’a jamais semblé aussi proche d’un tournant historique. À quelques heures du Mondial 2026, élargie à 48 équipes, le continent avance avec des certitudes nouvelles. Le parcours du Maroc en 2022, première sélection africaine à atteindre les demi-finales, a changé les perceptions. Désormais, une question s’impose avec insistance : une équipe africaine peut-elle aller jusqu’au bout ?
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Une progression lente mais constante
L’histoire du football africain en Coupe du monde est celle d’une ascension progressive. Le Cameroun en 1990, puis le Sénégal en 2002 avaient atteint les quarts de finale, repoussant les limites du continent. Mais c’est le Maroc, au Qatar, qui a franchi un cap symbolique en se hissant dans le dernier carré, éliminant au passage des grosses nations comme l’Espagne et le Portugal.
Plusieurs sélections africaines occupent désormais des places honorables dans le classement de la FIFA. Le Maroc figure dans le top 10 mondial, tandis que le Sénégal se maintient dans le top 20. D’autres nations, comme la Côte d’Ivoire ou l’Égypte, confirment également leur montée en puissance.
Les performances récentes face à des équipes européennes renforcent cette impression. La victoire ivoirienne contre la France en match amical en est une illustration : l’écart entre les continents se réduit, et les exploits ne relèvent plus du miracle.
Des favoris africains clairement identifiés
Dans ce contexte, deux sélections se détachent comme les principales chances africaines pour 2026 : le Maroc et le Sénégal. Les Lions de l’Atlas, portés par une génération talentueuse, conservent une ossature solide malgré le changement de sélectionneur. Des joueurs comme Achraf Hakimi ou Yassine Bounou incarnent ce niveau d’excellence qui permet de rivaliser avec les meilleures nations.
Le Sénégal, de son côté, s’appuie sur une continuité remarquable. Depuis plusieurs années, les Lions de la Teranga enchaînent les performances solides en compétitions internationales. Leur régularité en phase finale de Coupe du monde témoignent d’une maturité collective précieuse. Solide, disciplinée et expérimentée, cette équipe est capable de poser de sérieux problèmes aux favoris.
Derrière ces deux locomotives, d’autres nations nourrissent des ambitions plus mesurées mais réelles. La Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo ou encore l’Égypte disposent d’effectifs compétitifs et pourraient créer la surprise.
Un Mondial plus ouvert que jamais
Le contexte international joue également en faveur des outsiders. Longtemps dominé par un cercle restreint de nations européennes et sud-américaines, le football mondial tend à se rééquilibrer. Aujourd’hui, plusieurs équipes peuvent prétendre au titre, ce qui ouvre des brèches pour des sélections émergentes.
Dans ce paysage plus incertain, les équipes africaines peuvent espérer tirer leur épingle du jeu. Leur puissance physique, leur intensité et leur capacité à surprendre en font des adversaires redoutables dans des matchs à élimination directe.
La nouvelle formule à 48 équipes constitue aussi une opportunité. Avec davantage de places qualificatives, le continent pourra envoyer un contingent plus important, augmentant mécaniquement ses chances de voir plusieurs représentants atteindre les phases finales.
Des obstacles structurels persistants
Malgré ces signaux encourageants, des limites importantes subsistent. La principale réside dans le manque de régularité au plus haut niveau. Les sélections africaines ont souvent brillé ponctuellement, sans parvenir à enchaîner les performances sur plusieurs éditions.
Le développement des championnats locaux constitue un autre défi. En dehors de quelques exceptions, les ligues africaines peinent à offrir un niveau de compétition suffisant pour former des joueurs prêts à rivaliser immédiatement sur la scène mondiale. Cette situation renforce la dépendance aux joueurs formés en Europe, notamment les binationaux.
Cette réalité limite l’autonomie du football africain et pose la question de la construction d’un écosystème durable, capable de soutenir ses ambitions internationales.
Rêve et réalité
Dans ce contexte, l’idée d’un sacre africain en 2026 divise les observateurs. Sur le papier, les progrès sont indéniables et certaines sélections possèdent les qualités nécessaires pour viser très haut. Mais dans les faits, le cap du titre reste extrêmement difficile à franchir.
Pour espérer y parvenir, les équipes africaines devront non seulement confirmer leur montée en puissance, mais aussi gagner en constance, en gestion des grands rendez-vous et en profondeur d’effectif.
Le Mondial 2026 pourrait ainsi constituer une étape charnière. Sans forcément offrir un premier titre au continent, il pourrait installer durablement plusieurs nations africaines parmi les prétendants crédibles.
Car si l’exploit ultime reste encore à conquérir, une chose semble désormais acquise : l’Afrique n’est plus un outsider marginal. Elle est devenue un acteur à part entière du football mondial, capable de rêver, et surtout, de faire douter les plus grands.
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