Tunisie : le e-commerce peine à s’imposer

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Tunisie : le e-commerce peine à s'imposerImage d'illustration e-commerce en Tunisie © DR
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En Tunisie, le commerce en ligne peine encore à s’imposer dans les usages quotidiens. Seuls 8,7% des consommateurs tunisiens effectuent des achats sur internet, un niveau bien inférieur à la moyenne observée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, estimée à 15%, selon des chiffres présentés lundi 8 juin par un responsable du secteur à Tunis.

Ce décalage s’explique d’abord par la faible bancarisation de la population. D’après les données, seulement 38% des Tunisiens disposent d’un compte bancaire, ce qui réduit mécaniquement l’accès aux paiements électroniques et limite le développement d’un marché numérique structuré. Dans un pays où les transactions en espèces restent dominantes, l’essor des achats sur internet demeure donc étroitement lié à l’inclusion financière.

Pourquoi le commerce en ligne tunisien avance plus lentement

Le principal obstacle identifié par les professionnels est la prédominance du paiement à la livraison en espèces. Cette pratique rassure une partie des consommateurs, mais elle entretient aussi un circuit difficile à tracer, qui favorise l’activité informelle et fragilise les acteurs déclarés. Les entreprises locales opérant dans la vente sur internet se retrouvent ainsi en concurrence avec des vendeurs non structurés, souvent moins contraints sur le plan fiscal, logistique ou commercial.

En Tunisie, les centres numériques montent en puissance d’ici juin

Cette situation pose également une question de protection des acheteurs. L’expansion de réseaux de vente informels expose davantage les consommateurs aux fraudes, aux produits non conformes ou aux pratiques commerciales abusives. L’absence d’un cadre spécifique suffisamment robuste et de mécanismes de contrôle adaptés contribue à cette vulnérabilité. Pour les entreprises exportatrices, s’ajoutent des difficultés de financement et de logistique, qui limitent leur capacité à atteindre des marchés extérieurs alors même que l’économie numérique est appelée à jouer un rôle croissant dans la région.

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