Yango Group va investir 150 millions $ dans 10 pays africains
La plateforme de transport avec chauffeur Yango Group a annoncé, jeudi 20 mai, un programme d’investissement d’au moins 150 millions de dollars pour s’implanter dans dix nouveaux pays africains d’ici la fin de 2026. Le groupe, déjà actif dans plus d’une douzaine d’Etats du continent, entend accélérer son déploiement en visant surtout des marchés urbains secondaires, en dehors des principaux pôles déjà très disputés comme le Nigeria, l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Kenya.
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Cette stratégie concerne plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, même si la liste précise des nouvelles destinations n’a pas encore été rendue publique. L’entreprise privilégie un modèle fondé sur des partenariats avec des opérateurs de transport et des gestionnaires de flottes locaux, plutôt que sur la possession de véhicules ou le recrutement direct de chauffeurs. Ce positionnement la distingue de plusieurs acteurs internationaux du VTC, souvent concentrés sur les grandes métropoles et sur des dépenses commerciales plus élevées.
Yango Group mise sur les villes secondaires pour accélérer sa présence
Le groupe est déjà présent dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal, le Cameroun, la Zambie ou encore l’Angola. Son expansion repose sur une plateforme numérique jouant un rôle d’intermédiaire technologique entre passagers et conducteurs affiliés à des opérateurs locaux. En réduisant les coûts liés à l’acquisition de véhicules, aux subventions aux chauffeurs et aux promotions massives aux clients, l’entreprise cherche à bâtir une croissance plus progressive et potentiellement plus durable.
Ce choix intervient dans un contexte d’urbanisation rapide du continent. Selon les projections régulièrement reprises par les institutions africaines et internationales, l’Afrique comptera une population urbaine en forte hausse au cours des prochaines décennies, avec une demande croissante pour des services de mobilité flexibles, accessibles et numérisés. Dans ce paysage, les capitales régionales et les villes intermédiaires attirent de plus en plus l’attention des investisseurs, car elles cumulent expansion démographique, congestion croissante et offre de transport encore insuffisamment structurée.
Cette orientation illustre aussi l’évolution du marché africain du VTC. Longtemps dominé par une logique de conquête des plus grandes économies, le secteur se tourne désormais vers des modèles adaptés aux réalités locales, avec une intégration plus forte d’acteurs nationaux. Cette approche peut favoriser l’émergence de chaînes de valeur locales, notamment dans la gestion de flottes, les services numériques et les solutions de paiement.