Bénin : Romuald Wadagni élu président avec 94,05% des voix
Au Bénin, Romuald Wadagni a été élu président de la République avec 94,05% des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 avril 2026 par la Commission électorale nationale indépendante. Le ministre de l’Économie et des Finances, candidat de la majorité, l’emporte face à l’opposant Paul Hounkpè, crédité de 5,95% des voix.
Le scrutin présidentiel s’est tenu dimanche 12 avril, avec un taux de participation de 58,75% sur la base de 90% des bulletins dépouillés. La défaite de Paul Hounkpè avait été reconnue avant même la proclamation officielle, tandis que les résultats définitifs doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. Romuald Wadagni succède ainsi à Patrice Talon, qui quitte le pouvoir après deux mandats, conformément à la Constitution béninoise.
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Romuald Wadagni hérite d’un pays en croissance mais sous tension
Cette élection marque une transition institutionnelle importante en Afrique de l’Ouest. Le Bénin, souvent présenté ces dernières années comme un pays à la croissance soutenue dans l’union économique et monétaire ouest-africaine, doit toutefois faire face à plusieurs défis sécuritaires et politiques. Sous la présidence de Patrice Talon, le pays a enregistré une dynamique économique remarquée, mais aussi une dégradation de la situation sécuritaire dans le nord, dans un contexte régional marqué par l’extension des violences jihadistes vers les pays côtiers du golfe de Guinée.
Les autorités électorales ont fait état d’un vote globalement calme et bien organisé sur l’ensemble du territoire. La mission d’observation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a salué un climat pacifique, un signal important pour une région confrontée à des transitions politiques parfois instables.
Dans le même temps, des organisations de la société civile ont signalé plusieurs irrégularités présumées, notamment l’ouverture anticipée de certains bureaux de vote et des soupçons autour du matériel électoral dans quelques centres urbains. Ces éléments n’ont toutefois pas remis en cause, à ce stade, la tendance générale du scrutin.
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Le nouveau président prend les rênes d’un pays dont l’économie a été portée par les réformes budgétaires, les investissements publics et l’amélioration du climat des affaires. En tant qu’ancien ministre des Finances, Romuald Wadagni s’est imposé comme l’un des visages de cette politique économique, dans un espace ouest-africain où la stabilité macroéconomique reste étroitement surveillée par les institutions régionales et les partenaires financiers.
Son arrivée à la tête de l’État sera observée de près, tant sur la poursuite des réformes que sur sa capacité à répondre aux attentes en matière de sécurité, de libertés publiques et d’inclusion politique. Au-delà du Bénin, cette succession s’inscrit dans un moment sensible pour l’Afrique de l’Ouest, entre consolidation institutionnelle dans certains pays et incertitudes persistantes dans d’autres.