Présidentielle au Bénin : un scrutin sans suspense sous fond de faible participation
Le dépouillement des bulletins a débuté dimanche soir au Bénin, à l’issue d’une élection présidentielle marquée par une faible mobilisation et un rapport de forces largement favorable au candidat de la majorité, Romuald Wadagni. Les premiers résultats provisoires sont attendus ce début de semaine.
Organisé dans un climat globalement calme, le scrutin doit consacrer la succession de Patrice Talon, qui quitte le pouvoir après deux mandats. Le chef de l’État sortant laisse derrière lui un pays en croissance soutenue, mais confronté à plusieurs fragilités, dont la montée des violences terroristes dans le nord et des critiques persistantes sur le recul des libertés publiques.
Face à Romuald Wadagni, ancien ministre des Finances et dauphin adoubé par la majorité, un seul opposant était en lice : Paul Hounkpè, candidat peu visible durant la campagne et considéré par de nombreux observateurs comme un « outsider » sans réelle chance de victoire. L’opposition principale, les Démocrates, n’a pas pu présenter de candidat faute de parrainages suffisants.
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Une centaine d’alertes et des urnes préremplies
Dans les bureaux de vote visités à Cotonou et Porto-Novo, l’affluence est restée timide tout au long de la journée, rapporte l’AFP. À la fermeture des bureaux, à 16 heures, certains observateurs faisaient état d’une participation inférieure à 20% dans plusieurs centres de la capitale, signe d’un scrutin qui n’a guère suscité d’enthousiasme, selon la même source.
Le président de la commission électorale, Sacca Lafia, a salué un vote déroulé « dans le calme ». Mais la journée n’a pas été exempte de signalements : la plateforme de surveillance mise en place par des organisations de la société civile a remonté une centaine d’alertes, notamment sur des ouvertures anticipées de bureaux et sur des urnes qui auraient été déjà remplies avant le lancement du vote.
Au-delà de l’issue annoncée, les attentes portent désormais sur les priorités du futur président : poursuivre la dynamique économique, répondre à la pauvreté qui demeure élevée, et contenir l’insécurité croissante dans le nord du pays. La question des libertés publiques devrait également peser sur le prochain quinquennat, après dix années de crispation politique et de condamnations lourdes visant plusieurs opposants.