Dette publique en Afrique : un reflux progressif mais des niveaux encore élevés

Temps de lecture :
La dette publique africaine recule légèrement (62,8 % du PIB en 2025) mais reste élevée, avec des pics au Sénégal et en Zambie. L’endettement privé demeure modéré comparé aux économies avancées. À l’échelle mondiale, la dette atteint un record de 348 000 milliards $, tirée surtout par les déficits publics des grandes puissancesImage d'illustration © DR
A A A A A

Rapportée au PIB, la dette publique des pays africains demeure à un niveau élevé, même si une décrue graduelle est observable depuis plusieurs exercices. Cette amélioration relative contraste avec la dynamique observée dans les économies avancées.

D’après le rapport Global debt monitor, publié le 25 février par l’Institut de la finance internationale (IFF), association regroupant de grandes banques et basée à Washington, le ratio moyen dette publique/PIB en Afrique s’est établi à 62,8% à fin 2025, contre 63,7% un an plus tôt. Cette évolution s’explique principalement par la poursuite des politiques d’assainissement budgétaire engagées dans plusieurs pays du continent.

À la fin de l’exercice 2025, les niveaux d’endettement public les plus élevés (en pourcentage du PIB) étaient enregistrés au Sénégal (122,9%), Zambie (107,2%), Mozambique (97,2%), République du Congo (93,1%), Tunisie (80,6%) et l’Afrique du Sud (79,4%). Ces ratios illustrent des situations budgétaires hétérogènes, avec des vulnérabilités marquées dans certains États fortement exposés aux chocs extérieurs et aux contraintes de financement.

Contrairement à la dette souveraine, l’endettement des ménages et des entreprises africaines demeure relativement contenu. Au quatrième trimestre 2025, la dette des ménages représentait 13,6% du PIB, celle des entreprises non financières 19,3% et celle des entreprises financières 9,5%.

Lire aussi : Country risk atlas 2026 : l’Afrique entre résilience conjoncturelle et fragilités structurelles

Ces proportions restent nettement inférieures aux moyennes observées dans les économies avancées, notamment aux États-Unis, dans la Zone euro, au Japon, au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Allemagne ou encore au Canada. Dans ces marchés matures, l’endettement des ménages atteint en moyenne 67,2% du PIB, celui des entreprises financières 96%, et celui des entreprises non financières 87,4%.

Dette mondiale : les États au cœur de la dynamique

À l’échelle planétaire, l’endettement global a atteint un sommet historique de 348.000 milliards de dollars à la fin de l’année écoulée, soit une progression annuelle de 29.000 milliards de dollars. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19, période marquée par des plans de soutien budgétaire massifs.

Les administrations publiques ont contribué à elles seules à plus de 10.000 milliards de dollars de cette hausse. Les États-Unis, la Chine et la Zone euro figurent parmi les principaux moteurs de l’expansion de la dette publique mondiale.

Le cycle actuel d’endettement est désormais largement impulsé par les déficits budgétaires persistants des grandes économies, davantage que par l’endettement des ménages ou des entreprises. Les marchés obligataires ont absorbé des volumes records d’émissions souveraines en début d’année.

Lire aussi : BEI Monde : plus de 3 milliards d’euros investis en Afrique en 2025

À fin 2025, la dette publique mondiale atteignait environ 106.700 milliards de dollars, la dette des entreprises non financières 100.600 milliards de dollars, celle des ménages 64.600 milliards de dollars et celle des entreprises financières 76.400 milliards de dollars.

En proportion du PIB mondial, la dette totale a légèrement reculé pour s’établir autour de 308%. En revanche, dans les marchés émergents, le ratio d’endettement a continué de progresser, dépassant le seuil record de 235% du PIB.

Dans les économies avancées, l’encours total de dette a atteint environ 231.700 milliards de dollars, un nouveau sommet. Les marchés émergents ont, quant à eux, enregistré un encours d’environ 116.600 milliards de dollars, également à un niveau inédit.

Cette configuration confirme que, malgré un léger reflux relatif en pourcentage du PIB, la trajectoire nominale de la dette mondiale reste orientée à la hausse, avec un rôle central joué par les finances publiques.

Recommandé pour vous

Country risk atlas 2026 : l’Afrique entre résilience conjoncturelle et fragilités structurelles

Economie - Selon Allianz Trade, l’Afrique progresse à court terme mais reste exposée à de fortes fragilités structurelles.

Djibouti renforce ses infrastructures et son adaptation climatique grâce à un appui financier majeur de la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement de Djibouti ont récemment signé quatre accords de financement d’un montant global de 80 millions de dollars, destinés à soutenir des projets structurants dans les domaines des infrastructures routières, du développement urbain et de l’agriculture résiliente au climat.

Côte d’Ivoire : la découverte du gisement Calao South renforce les ambitions pétrolières du pays

Economie - Une découverte en Côte d'Ivoire, réalisée par ENI et PETROCI, révèle un gisement estimé à 1,4 milliard de barils équivalent pétrole.

Hydrogène vert en Afrique : un réservoir d’emplois encore en construction

Présenté comme l’un des piliers de la transition énergétique mondiale, l’hydrogène vert suscite un intérêt croissant en Afrique.

Chine : suppression des droits de douane pour 53 pays africains à partir du 1er mai 2026

Economie - Pékin supprimera, à compter du 1er mai 2026, les droits de douane applicables aux importations en provenance de 53 pays africains entretenant des relations bilatérales avec la Chine.

Santé en Afrique : le Maroc plaide pour un financement durable et souverain à Addis-Abeba

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale a pris part, le 13 février 2026 à Addis-Abeba, aux travaux du dialogue de haut niveau sur les finances et la santé, organisé en marge de la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine.
pub