Dur réveil ce lundi matin après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations perdue à domicile. Le Maroc s’est réveillé sans trophée, mais pas sans parole. Celle qui a marqué les minutes suivant le coup de sifflet final n’est pas venue du vestiaire, ni des tribunes, mais du Palais. Le message adressé par le chef de l’Etat aux Lions de l’Atlas, finalistes de la CAN 2025, a donné une clé de lecture nette à ce tournoi : la défaite sportive n’efface ni le sens, ni la trajectoire.
En félicitant joueurs, entraîneur, staffs et responsables de la fédération pour cet « honorable exploit continental », le Souverain a volontairement déplacé le regard. Il n’a pas parlé d’échec, mais de parcours. Pas de résultat brut, mais de méthode : persévérance, sérieux, esprit d’équipe. Autant de termes qui dépassent le cadre sportif pour dessiner une grammaire politique et sociale, adressée en priorité à la jeunesse marocaine et, au-delà, africaine.
Infrastructures modernes, logistique maîtrisée, sécurité fluide, exposition médiatique massive : la CAN Maroc 2025 s’impose déjà comme l’une des éditions les mieux organisées de l’histoire, quoi qu’en disent les mauvaises langues. Cette réussite dépasse le cadre sportif. Elle relève d’une stratégie de visibilité assumée. Le football devient ici un instrument de narration politique. Et le message royal est venu donner sens à cette parole collective, en inscrivant la performance dans une vision stratégique plus large.
En soulignant l’importance de l’investissement dans le capital humain et de la modernisation des infrastructures, le Monarque a rappelé que cette CAN était aussi une démonstration de capacité. Tout était pensé dans la perspective de la Coupe du monde 2030 malgré les esprits chagrins. La défaite en finale n’annule rien de cette démonstration. Elle la rend même plus crédible, parce qu’elle dissocie la performance structurelle du simple triomphe sportif.
Le message royal a également assumé une portée africaine explicite. En qualifiant l’organisation de la CAN de « brillant exploit sportif » et en y voyant un message d’espoir et de confiance. Loin des lectures strictement nationales ou concurrentielles, il a insisté sur une idée centrale : le talent africain est capable d’exceller et d’innover dans tous les domaines, dès lors que les conditions sont réunies.
Ce discours tranche avec une lecture purement comptable du sport. Il refuse la tentation du tout-victoire. Il valorise le processus, la continuité, l’effort collectif. Même l’hommage rendu aux supporters marocains s’inscrit dans cette logique : reconnaître une ferveur qui ne s’est pas dissoute avec la défaite, et qui participe pleinement du récit national et continental porté par cette CAN.
En appelant enfin les membres de l’équipe nationale à poursuivre leurs efforts, le Roi a fermé la séquence sans la clore. La finale est passée, la Coupe est partie, mais le message demeure : le sport n’est pas une parenthèse, il est un langage. Et à travers cette CAN 2025, perdue sur le terrain mais pleinement assumée dans le discours, le Maroc a parlé clair à sa jeunesse, à son continent et au monde.
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