Trois ans de prison pour la militante Saida El Alami
Saida El Alami © DR
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À Casablanca, le tribunal de première instance a prononcé une lourde peine contre la militante des droits humains Saida El Alami. Âgée d’une cinquantaine d’années, elle a écopé mardi soir de trois ans d’emprisonnement ferme ainsi que d’une amende de 20.000 dirhams (environ 1.880 euros).
Selon son avocat Me Ahmed Aït Bennacer, la sanction repose sur des accusations d’« outrage à magistrat », de « diffusion de fausses informations » et de « dénonciation mensongère ». Il qualifie ce verdict d’« injuste », estimant que les charges retenues manquent de fondement. Son confrère, Me Ali Reda Ziane, a ajouté que les griefs reprochés à sa cliente étaient « vagues et imprécis », précisant que la défense allait recommander un appel.
Lire aussi : Cour d’appel de Casablanca : 3 ans de prison ferme pour Saida El Alami
Un passé judiciaire déjà chargé
Arrêtée le 1er juillet 2025, Saida El Alami est connue pour ses prises de position critiques diffusées via Facebook, où elle commentait de façon régulière l’action des autorités et certaines politiques publiques. Ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve face à la justice.
En mars 2022, elle avait déjà été placée en détention préventive avant d’être condamnée en septembre de la même année à trois ans de prison pour « outrage envers un corps constitué ». L’année suivante, en octobre 2023, une nouvelle décision en appel lui avait infligé huit mois ferme pour des déclarations jugées offensantes à l’encontre du roi Mohammed VI et de l’appareil judiciaire.
Toutefois, en juillet 2024, Saida El Alami avait bénéficié d’une grâce royale, lui permettant de recouvrer la liberté. Sa récente condamnation relance donc le débat autour de la liberté d’expression et du traitement judiciaire des militants au Maroc.
Pour l’heure, le parquet n’a pas encore communiqué officiellement sur cette affaire, laissant la défense préparer une nouvelle bataille judiciaire.
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