Chaque été, on recommence. On ressort les campagnes, on frictionne les slogans, on aligne les promesses comme des coquillages bien rangés. Tout y est pour une saison estivale réussie.
Si seulement. Sur le terrain, ce n’est pas une montée en gamme qu’on observe, c’est une montée des prix. Et bien sûr, sans les prestations qui vont avec. Un café payé comme à Rome, servi à Rabat. Une chambre au tarif d’un riad. Un parasol devenu actif stratégique.
Pour les visages, c’est au petit bonheur la chance. Sourire, oui. Service, parfois. Sens de l’accueil, si l’envie est là. On est en haute saison, après tout, on doit faire du chiffre. On vend l’instant. Et on mise tout sur la caisse du jour, pas sur la confiance du lendemain.
C’est là que le business opportuniste prend le relais. Lui ne s’encombre pas de fidélité. Il n’investit ni dans la relation, ni dans l’image. Il capitalise sur l’affluence. Il exploite le passage. Et il espère que la mémoire collective aura un court délai de prescription.
Mais qu’est-ce qu’un touriste marocain, au fond ? Un client captif ? Un bouche-trou de saison ? Ou un citoyen qui s’attend à être accueilli comme ailleurs ? Le business opportuniste, lui, a déjà tranché. Il pense court. Il pense vite. Il pense marge. Et il oublie une chose essentielle : le client d’un été peut être la voix d’une décennie. Surtout le touriste marocain ! Rien ne l’empêche de revenir tout au long de l’année.
On peut surexploiter l’afflux, gonfler les additions et raccourcir les saisons, mais il faudra alors assumer ce qu’on vend vraiment : un souvenir à éviter !
Parallèlement, chacun garde son rôle. Le ministère communique, la commune encaisse, le commerçant capitalise… et le touriste, lui, ne revient plus.
A force de traiter l’été comme une exception rentable, on pourrait bien devenir, nous aussi, une exception à éviter.
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